Vivre la pleine conscience

Quelle belle expérience j’ai vécue lors de ma retraite pleine conscience au Village des Pruniers. Ce fut très riche d’enseignements sur la vie, sur le monde et sur moi-même. Certain qu’on ne revient pas indemne de ce voyage. Pour ma part, j’ai trouvé en moi un espace de paix et je veux tout au long de l’année oeuvrer pour le faire perdurer.

      Levé de soleil le dernier matin de mon séjour

Qu’est-ce que le village des Pruniers ?

Je devrais dire les villages car il y en a 4 situés à 1h30 de Bordeaux et plusieurs dans le monde (Près de Paris, en Australie, en Thaïlande…). Ces villages sont des centres pour vivre la pleine conscience (pour tous) et des monastères où vivent des moines et des soeurs bouddhistes. Qu’on ne s’y trompe pas comme moi, j’ignorais qu’il y avait plusieurs bouddhismes, celui du Village des Pruniers est issu de la tradition du Zen. Celui que nous connaissons le plus en France est le bouddhisme Tibétain, largement diffusé par Dalaï Lama. La tradition du Zen honore Bouddha mais n’a pas de Dalaï Lama. 

Statut du Bouddha dans la salle du Bouddha

J’ai appris cela par une, comment dirais-je, légère bourde durant le séjour. Je m’adresse à des soeurs en demandant si je pouvais trouver des mandalas à colorier (pensant qu’il s’agissait d’une pratique de pleine conscience). Ce à quoi elles me répondent : « Qu’est-ce qu’un mandala ? ». J’étais persuadé que le mandala était d’origine bouddhique. Et l’une des soeurs réagit : « Il doit s’agir du bouddhisme tibétain ». « Ah, et ce n’est pas cela au Village des Pruniers ? » m’étonnais-je. La soeur n’a pas manqué de me rappeler : « Avez-vous lu sur nos pratiques avant de venir ? ». Gênée : « Heu… si… j’ai lu le site… mais je n’ai pas relevé ce point de différence religieuse ».

Je dois bien avouer que je ne suis pas enchantée par les religions. Je dirais même qu’en rebelle, j’ai tendance à rejeter toute forme de dogme. Au début de la création d’une religion, il y a toujours une intention bienveillante : réunir, créer un lien d’appartenance, rassurer, donner un cadre sécurisant, une hygiène de vie et trouver la paix. Et puis, les différences religieuses créent tout à coup des tensions et mènent à des guerres. Cependant, comme le disait Montaigne au 16ème siècle déjà, (je le paraphrase), se battre au nom de son dieu est une jolie justification pour faire la guerre. L’humain doit aussi aimer faire la guerre, hélas, du moins se battre pour son territoire.

Thich Nhât Hanh, le fondateur des Villages

 

Ces villages n’auraient certainement pas vu le jour sans cet homme incroyable qu’est Thich Nhât Hanh. Il est moine bouddhiste issu de la tradition du Zen, né au Viet Nam en 1926. Très jeune à 16 ans, il a voulu se dédier à la vie monastique. C’était pendant cette guerre si cruelle du Viet Nam contre les Etats-Unis. Thich Nhât Hanh, nommé aussi Thây, méditait dans son temple avec les autres moines et entendait les bombes tuant ses frères et soeurs sur les champs de bataille. Il s’est alors demandé quel sens cela avait de méditer quand résonne les bombes ? Il a vu la mort, il a lui même été proche d’elle. C’est alors que tout le reste de sa vie, il a oeuvré pour trouver la paix. Il est allé aux Etats-Unis pour tenter de négocier avec les dirigeants. Et il s’est aperçu qu’au fond personne ne voulait la paix.

Vous trouverez sur le net beaucoup de ses enseignements, conférences et audio-livres. Il a écrit plus de 60 livres.

La paix se trouve d’abord en soi

Pour créer un monde plus en paix, il a compris qu’il fallait d’abord trouver la paix en soi. Ainsi naîssent les Villages de Pruniers pour apprendre à chacun à vivre la pleine conscience, menant à la sérénité du corps et de l’esprit.

Cet extraordinaire destin de Thich Nhât Hanh m’a profondément touché. Il m’a parlé de moi. En fondant ce que j’ai appelé l’Ecole du soi, je ressens moi-aussi que la paix se trouve d’abord en soi. Quand je regarde ma vie passée, combien de colères, de souffrances j’ai pu avoir contre mes proches, parce que, moi, je souffrais. Sommes-nous bon ou mauvais au fond de nous-même ? Je le pense de moins en moins voire même plus du tout. Au fond, nous avons tous cette même racine d’humanité et les circonstances de vie, l’enfance particulièrement, l’environnement nous « sculptent », notre corps et notre esprit créent des protections, des limites, des peurs qui vont nous faire adopter un certain chemin, nous limiter dans nos choix et adopter des comportements plus ou moins doux pour les autres et pour soi. Mon ennemi est comme moi. 

La reconnexion à soi

Bouddha a dit : « Quand tu marches, marches, quand tu manges, manges »

Cela paraît simple ! Et pourtant… Nous sommes si peu éduqué-es à juste manger, juste marcher. Et avec les technologies, internet, nous sommes tous devenu-es multitâches. Nos cerveaux sont en sur-chauffe ! Alors tout à coup faire silence, se pencher sur soi : oups ! ça fait du bruit partout la-dedans. A ces voix multiples qui parlent, causent, crient sans cesse. Je les ai bien entendu. 

 

« J’inspire, je sais que j’inspire. J’expire, je sais que j’expire »

Heureusement, au Village des Pruniers, tout est organisé pour retrouver qui je suis :

  • la nature : au milieu des arbres, des jardins, du calme, l’énergie du lieu déjà fait tomber le stress dès l’arrivée.
  • les soeurs : elles sont si calmes, si joyeuses, si ouvertes, elles dégagent une sérénité contagieuse. Pratiquant la pleine conscience chaque jour de l’année, « elles vibrent pleine conscience », elles vivent l’instant présent à chaque instant. Cela m’a fait voir vraiment nos basiques instincts de survie : « Où est ma chambre ? » « A quelle heure est le petit déjeuner ? » « Vite, il faut ranger nos affaires » « Vite… ». Dès le lendemain, nous comprenons que rien n’a d’urgence, que tout est bien et la « passivité active » (je l’ai appelé ainsi) sera mon programme durant les jours à venir. Oh que cela fait du bien…
  • la respiration : la phrase clé : « J’inspire, je sais que j’inspire. J’expire, je sais que j’expire ». Des méditations guidées ou non vont dans ce sens. Toujours se souvenir que le souffle, c’est la vie. De nombreux guides spirituels en parlent (Ehhart Tollé, Louise Hay etc.). Le souffle, c’est ce que nous avons de plus important. Se le rappeler toujours et encore est une véritable source de bien-être. D’ailleurs, je commence souvent les séance par vous faire respirer et vous avez pu remarquer comment cela calme déjà l’esprit. 
  • le silence : il est appelé le « NOBLE SILENCE ». J’aime beaucoup cette expression. Je travaille beaucoup sur la Présence, l’Ecoute et tente de transmettre dans les séances ces nobles lois. Au village, j’ai tellement aimé le noble silence. Manger en silence, marcher en silence, méditer en silence (sans musique ou guidance), regarder la nature en silence. J’ai vraiment ressenti la profondeur du silence. Et non, il n’est pas silencieux ce silence ! Il parle tellement. Il est puissant. Et je pense n’en avoir entendu qu’une toute petite partie.
  • Les repas en groupe en silence : quelle belle expérience. Regarder mon plat, demeurer dans la gratitude de me nourrir, puis mâcher lentement, sentir les goûts, la textures des aliments, sentir que mon corps se nourrit sainement. Quelle profonde joie.
  • La cloche : à chaque son de cloche, peu importe ce que nous faisons, nous nous arrêtons. Nous fermons les yeux et nous respirons. Cette simple action modifie la journée entière ! Mon cerveau s’échauffe, je parle trop, vite, je me sens mal etc. DING DONG ! Je me calme. Et c’est incroyable, j’ai même observé que lorsque je parlais avec une personne, interrompu par un gong, la discussion prenait une autre tournure ensuite. Souvent plus profonde et authentique.
  • Les marches méditatives : ce fut ma plus grande passion. Marcher en pensant à chaque pas. Comme a dit une soeur : « Tes pieds deviennent ton cerveau ». La marche en pleine conscience est ce qui m’a le plus aidé à calmer mon cerveau et ses milles voix. Voici la phrase de Thây dont j’ai largement abusé à chaque pas :

« Je suis arrivé-e, je suis à la maison, dans l’ici et le maintenant »

Des effets exponentiels

Toutes ses actions ont des conséquences inégalées à de nombreux niveaux. 

La santé physique et psychique : très vite, un regain d’énergie (malgré le levée à 5h30 sur matin :). Une meilleure digestion évidemment, prendre ses repas doucement, tranquillement améliore considérablement le métabolisme du système digestif. Et qui dit meilleure santé, meilleur esprit plus positif. C’est fou en deux jours comment les visages se sont illuminés. Le mot stress avait disparu du vocabulaire.

Les problèmes : si  en arrivant les problèmes paraissaient des montagnes infranchissables, tout à coup, ils deviennent d’étroites rivières et des solutions s’offrent.
Quand notre cerveau marche à vive allure, et à tendance à voir les impossibilités plutôt que les possibilités, il est difficile de trouver des issues favorables à des situations complexes. C’est lorsque le corps, le cerveau sont au repos que l’intuition fait son apparition. Et pour atteindre cet état de calme intérieur : fermer les robinets du mental ! 

Les addictions : la pleine conscience est aussi un moyen de mieux comprendre pour quelle raison une addiction a été mise en place. Attention, pour les addictions sévères (drogue, troubles alimentaires, alcoolisme etc.), je ne conseille pas le village des Pruniers car il n’y pas d’accompagnement adéquat. Mais il existe des centres spécifiques pour cela.
En revanche, pour les petites addictions comme le téléphone, internet, la fumée, l’alcoolisme mondain, la sexualité etc., un séjour en pleine conscience aux Pruniers est un excellent moyen de décrocher. Il n’y pas d’alcool, interdiction de sexualité, la fumée est aussi proscrite. Les téléphones acceptés. Personnellement, j’ai coupé mon téléphone et ça fait beaucoup de bien. Certaines fumeuses m’ont confié avoir fumer en pleine conscience, c’est-à-dire en ressentant chaque bouffée de fumée et elles ont beaucoup moins fumer naturellement. 

Les émotions : dans le calme, c’est un bon moment pour entendre ses émotions et même faire ressortir celles qui sont cachées, enfouies. On voit beaucoup de personnes pleurer au village. La bienveillance  qui règne aide à trouver facilement une épaule ou des bras pour trouver du réconfort. La libération émotionnelle dans les pleurs, que, vous le savez j’encourage pleinement, est un formidable soin thérapeutique.

Les autres : des liens avec les autres se créent aisément et intimement. Il n’y pas de jugement. En plus, les tenues vestimentaires sont loin d’être celle de la fashion week ! La simplicité est de rigueur. J’ai pu constater comment les habits, les apparences sont déjà un appel au jugement et donc à marquer la différence entre les individus. Et quand ces curseurs sautent, nous reprenons notre habit originel qui est un soi nu, sans fioriture. C’est un peu offrir au monde avec générosité qui je suis vraiment. 

Les « repas pique-nique » comme l’appelle les soeurs, assises au sol ou sur des bancs

Un nouveau sens à la vie

Ce retour à la simplicité est puissant : aimer être,  aimer respirer, aimer les actions du quotidien comme faire son lit, faire la vaisselle, manger etc. Il y avait même dans les toilettes des Pruniers des écrits « Prenez le temps de déféquer » 🙂 !
Et puis aussi, demeurer dans la gratitude pour les dons du soleil, du vent, de la pluie et de tout ce que Mère Nature nous offre, m’a questionné sur le sens de la vie. Toutes ses actions que nous faisons chaque jour sans même y penser. Sur lesquelles nous mettons des « Je dois » « Il faut ». « Il faut aller chercher les enfants à l’école, il faut faire les courses, il faut aller travailler etc. Il faut, il faut, il faut. Nous passons les trois quart de notre vie à faire des choses par obligations. Nous faisons tout en pensant à l’étape suivante qui on l’espère nous apportera la satisfaction, « le susucre » récompense. C’est triste quand on y pense. Passer sa vie à vouloir la gagner, en la perdant finalement.

Alors pourquoi ne pas ré-apprendre à aimer faire ce que JE est en train de faire ici et maintenant ?

Comme ici, présentement, pour moi, écrire. J’écris. Je ne sais pas si je serai lue. Et alors ? J’écris parce que j’aime écrire. Parce que j’aime transmettre. Je suis tranquillement dans ma maison, mon chat dort étalé sur le sofa, je vois le Doubs qui coule dans son lit. Et mes doigts filent sur le clavier. Simplement.

 

 

 

De nombreuses phrases rappellent l’Essentiel

Comment faire ?

Débuter seul-e l’apprentissage de pleine conscience, j’avoue n’est pas simple. Même les soeurs le disent, c’est plus facile ensemble. J’y travaillais depuis de nombreux mois avec quelques victoires mais aussi beaucoup de difficultés. Désormais après le séjour au village des pruniers, j’ai des outils simples et efficaces. Et j’ai gardé l’énergie du lieu en moi. Et ma vie est organisée pour que le calme et la sérénité y règne déjà.

Pour les personnes très actives, les parents, les personnes qui « courent » toujours, là, il peut y avoir des petits pas d’évolution sans forcément faire un séjour, je propose ici juste de vous reconnecter à vous en repensant à l’Essentiel, avec un E majuscule.

**Conscientiser ses tâches quotidiennes
Et en pensant à toutes ses tâches que vous faites quotidiennement. Juste les faire en connaissance de cause : « Je le fais car je veux le faire » « J’ai la chance de pouvoir le faire ». Que ce soit faire les courses, c’est pour me nourrir, me nourrir est indispensable. Aller chercher les enfants, j’ai choisi d’avoir des enfants. C’est joyeux d’avoir des enfants, difficile, instructif et joyeux. Aller au travail : retrouver l’idée que je travaille et j’ai un travail quel qu’il soit. Trouver du sens à ce travail.

**Respirer tranquillement plusieurs fois par jour

**Se détendre vraiment : regarder un film, boire un thé ou un café avec joie, juste un instant, apprécier ce moment

** Prenez le temps de contempler votre vie, ce que vous avez accompli et vous satisfaire de cela.

Enfin…

Vous l’aurez compris, ce séjour vaut le détour. Il est une mine d’or pour un retour à soi et la voie au bien-être. Je crois que les humains en ont besoin, je crois que le monde en a besoin. J’ai vécu de nombreuses expériences : chamanique, libération émotionnelle, rebirth, médiumnité etc. J’avoue que celle du Village des Pruniers a été très belle, riche et douce. J’avais vraiment envie de la partager en ce début d’année avec vous.
Voir le lien : 
Le site du village des pruniers

Je veux aussi rendre hommage à Tich Nhât Hanh. Il a eu un AVC il y a 5 ans (je crois), il est affaibli, ne peut plus parler, mais il est toujours là avec une énergie et une force incroyable. La Présence à soi donne une puissance incommensurable.

Comme les soeurs du Village des Pruniers signent : Un lotus pour vous

 

Par |2020-01-04T15:49:21+00:00janvier 4th, 2020|Blog|Commentaires fermés sur Vivre la pleine conscience