Comment déjouer la peur ?

Dans la continuité du dossier « Vivez-vous Peur ou Amour ? » (Article Les deux courants d’énergie : Peur et Amour), je propose ici des éléments de compréhension pour aller vers l’Amour, ici Amour s’entend comme un ressenti universel embrassant la confiance en soi, en la vie, une acceptation de la nouveauté et une capacité d’adaptation. Cette énergie « Amour » est en chacun de nous, elle est parfois comme le soleil caché derrière de gros nuages gris, il s’agit de la retrouver.

Je propose de comprendre comment se construit l’énergie dominante de Peur. Comment elle s’insinue en soi de façon subtile jusqu’à ne plus la conscientiser et comment elle crée nos vies entières. Il s’agit ici de PRENDRE CONSCIENCE de ses fonctionnements, étape indispensable pour ensuite les transformer. Après cette compréhension, il y a de forte chance pour que vous ayez envie de vous débarrasser de cette énergie de Peur pour créer celle d’Amour.

Un monde en mouvement

« Il n’y a qu’une chose qui ne change pas, c’est le changement ».

C’est un fait rien ne demeure jamais, la vie est IMPERMANENCE. C’est dans ce monde que nous devons tenter de trouver notre équilibre et nous épanouir. Ce n’est pas un challenge facile : nous ne savons ni d’où nous venons, encore moins où nous allons, ni quand. Nous ignorons de surcroît le sens et le but ultime. La maladie, la mort peuvent survenir à chaque instant. Dans ce contexte fluctuant, il est donc logique que l’humain cherche à se sécuriser dans un lieu, dans des habitudes d’actions et de pensées. Comme un socle, nous définissons notre territoire environnemental (maison, famille, amis, loisirs, travail, croyances religieuses etc.) pour créer des repères, sur lesquels s’appuyer pour réaliser ses projets. Cette création de repères est un réflexe naturel de survie.

Comment survivre dans ce monde en mouvement continu ?

Mère Nature est toujours protectrice. Elle a inventé un système de navigation très élaboré : nos émotions. Ici, il s’agit de la peur. 
La peur est un système physiologique indispensable à la survie permettant de prévenir et s’adapter au danger : augmentation du rythme cardiaque, oxygénation des muscles, sens en éveil, fabrication d’adrénaline, cortisol pour donner de la force. Le but est la production de comportements adaptatifs face au danger : attaque/défense, fuite ou immobilisation. La peur a une visée éphémère, une fois le danger passé, elle disparaît. Elle est donc très utile pour informer des RÉELS dangers liés à la survie.

Cependant, notre société a évolué et apporte une sécurité. Quand nous nous levons le matin, nous avons de bonne chance de nous coucher le soir. Nos besoins de base sont largement pourvus (voire même trop parfois). Nous avons des systèmes de maladie, des hôpitaux, des médias qui nous mettent en lien. Nous sommes bien loin de la zone « survie ». La mort s’éloigne de plus en plus. Et pourtant, nous avons peur. Nous avons peur de tout. 

Notre cerveau d’Homme moderne demeure encore archaïque en cette matière. Il croit encore que le mammouth va surgir au coin de la maison pour me manger et il fonctionne encore comme le « système d’alarme instinctif » de nos ancêtres des cavernes qui, eux, courraient de vrais dangers de mort permanents (Animaux, maladie, éléments naturels comme le froid, l’orage etc.), comme si notre cerveau avait encore besoin de « fabriquer » du danger.

Les dangers ne mettent pas en jeu la survie, ils prennent aujourd’hui une autre forme, et cependant éveille l’état de vigilance du cerveau reptilien tout aussi puissamment que celui de nos ancêtres. 

Je les appelle les « dangers fantasmés sociétaux ». Ils sont nés avec la soi-disant modernité de notre société, de la peur des autres, de la pression interne que nous nous mettons.

Voici une courte liste :
peur du regard des autres
peur de vivre seul-e
peur de partir, de voyager, de déménager
peur de se tromper, de ne pas réussir ou de réussir
peur du conflit, que l’autre ne soit pas d’accord avec moi
peur de ne pas y arriver, de ne pas être capable de…
peur du changement, de l’inconnu, de la nouveauté
Etc.
Et la liste est aussi longue qu’il existe d’humains.

NB : il semble que plus la société est sécurisée (pays d’Europe par exemple), plus la liste est longue. (Voir article sur « La métaphore du couteau »). Possible que notre corps ne se soit pas encore suffisamment adapté aux changements sociétaux ? Possible que notre société ne soit pas adaptée non plus à la confiance et préfère fabriquer de la peur ?

Il nous est donc nécessaire de prendre conscience de façon individuelle de notre rapport à la peur, de nos fantasmes personnels afin de les transformer.

L’éducation : une base de l’apprentissage de la peur

Voici deux scénarios vécus par deux enfants différents dans deux familles :

Scénario 1 Les parents lui ont appris et répété : « La vie est expériences, découvertes et apprentissages. Profite de chaque instant, tu as toutes les ressources en toi pour vivre cette formidable opportunité de mieux te connaître, faire de magnifiques rencontres nourrissantes, découvrir le monde ».

 

Scénario 2 Les parents lui ont appris et répété : « Ne touche pas les ciseaux, c’est dangereux. Rentre avant la nuit. Fait attention de ne pas parler aux gens dans la rue. Attention ! Tu vas tomber ! Les politiciens sont des menteurs. C’est la crise. Jamais on arrivera à finir le mois. La vie est dure. C’est injuste, j’ai perdu mon emploi. Sois poli, reste tranquille. Les patrons sont des voleurs. Ne fais confiance à personne. »

Selon vous, quel enfant apprécie le mieux la vie ? Nul besoin d’explication plus détaillée. L’environnement dans lequel nous baignons enfant et adolescent conditionne notre perception interne de nous-même, notre rapport aux autres et au monde. En ai-je peur ou ai-je envie de le conquérir ? Peur ou Amour ?

Quels messages dominants avez-vous reçu ? Si la peur est dominante, en prendre conscience est le premier pas pour le transformer.

La bonne nouvelle est que si vous avez été conditionné « peur », vous pouvez vous déconditionner. Soit, c’est de l’entraînement, de l’engagement et de l’énergie, cela en vaut l’enjeu : votre bien-être. (Un autre article donnera des outils).

Le langage non-verbal : un puissant inducteur

Plus que le langage des mots, le langage des émotions (non-verbal) est sur-puissant. Les émotions sont aussi vibratoires et sont ressentis par l’enfant, qui n’ayant pas de possibilité de filtrer l’information, reçoit et intègre l’émotion du parent. Un parent qui a peur de la vie, qui est critique sur les autres et le monde, transmet ses pensées et ressentis et donc ses peurs à l’enfant.

Donc, la richesse de l’éducation parentale ne réside pas seulement dans une présence permanente, une maison et des biens matériels sécurisants, elle réside dans la transmission d’une confiance en la vie et donc en soi. La confiance est le socle pour réaliser ses projets, s’adapter aux aléas, faire des choix avisés, vivre sa vie en congruence avec ses désirs.

Si au sein de la famille, la peur est dominante, l’enfant apprend la peur. Elle devient alors un frein quand elle est ancrée en permanence inconsciemment devenant un système de guidage de choix de vie. Je vais alors agir non pas pour découvrir, apprendre, m’ouvrir au monde, oser me challenger, prendre des risques mais au contraire pour me protéger, éviter les écueils, économiser l’argent, trouver un emploi dit « stable » etc. Deux types de comportements différents.

Quel est votre paradigme de vie dominant ?
l
a vie est-elle danger ? OU la vie est-elle un fabuleux voyage d’apprentissage et d’expérimentations ?

Ecoutez bien en vous avec authenticité.

Comment repérer la réalité du paradigme interne qui vous dirige ?
En analysant vos comportements courants, vous pourrez le déterminer. Voici des repères.

Quand la peur n’est plus conscientisée et devient une habitude

Une fois ancré, le paradigme « Peur » s’insinue à notre insu dans nos pensées, ressentis, paroles et actes de façon très subtile.
Monica, une coachée très véloce, célibataire depuis de nombreux mois : « Je ne ressens pas vraiment le besoin de rencontrer un amoureux. Mais comment je fais la différence entre mon désir et ma peur ? Au fond, j’ai peut-être peur de rencontrer un homme ».
Monica pose une question judicieuse et juste. Sa relation précédente a été douloureuse. Sa mémoire a enregistré : « Homme = danger ». Et le mental va donc mettre en place des techniques d’évitement (de protection utiles aussi)  : « Moi, je suis indépendante, j’aime vivre seule, je n’ai besoin de personne ». Alors qu’en fait, elle a peur d’une nouvelle rencontre qui peut la décevoir.

Oui, la différence entre notre réalité consciente et celle inconsciente est ténue. La peur est capable de modifier NOS BESOINS et NOS DÉSIRS pour éviter d’avoir à se confronter à une réalité qui effraie. Il s’agit alors d’en prendre conscience et d’être vigilant.

Se reconnecter à son besoin et désir de base est un outil riche pour trouver la confiance.

Repérer ses comportements d’évitement et les déjouer

Nous sommes très très créatifs pour nous inventer des histoires et des excuses ! Qui est donc le roi/la reine de l’excuse ?

Mon travail me plaît  même si je n’ai pas beaucoup de reconnaissance = en fait, j’ai très peur d’en changer.
Mon couple va bien = je ne suis pas si épanoui-e en fait, mon/ma conjoint-e parle peu et j’ai besoin de partager, je n’ose pas engagé une conversation avec lui/elle.
Je n’ai pas besoin de beaucoup d’argent, je sais vivre simplement = j’en voudrais plus mais bon je ne le mérite pas ou je ne sais pas comment en obtenir plus.
Etc. 

Le plus difficile est de repérer que derrière ce que je PENSE un choix se cache en réalité ma peur fantasmée sociétale. Une fois repérée, je peux faire face à la réalité : y-t’il des raisons d’avoir peur ? A quoi me sert cette peur ? Cache t-elle des désirs enfouis non avoués ?
J’ai peur de changer de travail. Me sens-je capable de refaire un CV  et de passer un entretien ?  Si c’est le frein que je me mets pour changer de travail, alors une fois mis en exergue, je peux trouver des solutions (Faire appel à une aide externe, ORP, coach etc. pour me préparer à l’entretien par ex.)

Donner la responsabilité à l’autre : un évitement très subtil

Un comportement d’évitement très répandu : je vais m’intéresser davantage à l’autre qu’à moi-même. Ainsi, je me décharge de ma responsabilité.

Eric est chef d’entreprise dans le bâtiment. Il se plaint des clients qui ne savent pas ce qu’ils veulent, qui hésitent, changent d’avis. « Les clients m’épuisent, je pense à changer de métier. J’ai pensé à être dans la gendarmerie. Mais en même temps, je ne veux pas arrêter tout ce que j’ai construit ».
Eric remet la responsabilité de son problème sur les clients. Alors qu’un client a le droit d’hésiter, d’avoir (lui aussi) peur du résultat, manquer de confiance. Il va jusqu’à penser changer de métier. Qu’est-ce que cette situation lui demande de faire ? C’est à Eric de rassurer le client, de modifier sa façon de faire pour s’adapter, de trouver de la patience, de créer un nouveau mode de fonctionnement, d’affronter les changements possibles ou autres solutions. Il s’agit alors de voir plus profondément ce qui l’ennuie dans un nouveau fonctionnement, ses résistances personnelles.

Christian vit un enfer en couple mais ne songe même pas à quitter sa conjointe. « J’espère encore que ça va s’arranger, qu’elle va changer et je veux l’aider ».
Au fond, les peurs peuvent être nombreuses dans ce cas : changer de vie, vivre seul, le jugement etc. Il est clair que Christian voile sa réalité. L’amour en couple a vocation de bien-être et non pas de disputes et violences régulières. Et il oublie totalement ses désirs à lui pour focuser son attention sur celle de l’autre. Quel est l’avantage à ce système ? Cela cache de grandes peurs profondes.

Sophie est opératrice. Elle est agacée : « Les chefs prennent des décisions, sans tenir compte de ce que vivent les employé-es. C’est n’importe quoi ».
Sophie remet la responsabilité de son travail et ses actions sur les autres. Elle vit un complexe d’infériorité hiérarchique. Elle n’ose pas donner son avis auprès de la direction, discuter d’adulte à adulte, d’humain à humain.

Il y a pleins d’autres coupables en vogue : la société, les politiciens, les médecins, les patrons, le CAC40, les voisins, le temps lui-même ! Oui, nous sommes les rois de l’excuse. « C’est la faute de… » sauf de la mienne.

Avant de critiquer l’autre, je me demande : qu’est-ce que cette situation me demande de faire ? Comment je peux m’adapter ? Quelles ressources puis-je utiliser ? Et aussi IMPORTANT : quelles ressources puis-je DÉVELOPPER ? Notre peur vient souvent du fait que nous pensons NE PAS ÊTRE CAPABLE. Et en fait, je suis capable : cela me demande aussi du temps, de la patience pour apprendre ! Tout simplement.

La lecture de pensée : une tentative d’évitement (qui fonctionne bien !)

La lecture de pensée, c’est anticiper la réaction de l’autre ou de soi dans une situation future.

Si je dis à mon chef que je veux postuler pour le poste de responsable, il va penser que je veux prendre sa place.
Si je dis à ma mère que je suis en colère contre elle, elle ne va jamais s’en remettre.
Si je dis à mon copain que je ne suis pas épanouie sexuellement, il va être frustré.
Et si et si et si….

La lecture de pensée, c’est comme aller voir dans la maison du voisin ce qui s’y passe et lui dire ce qu’il doit faire. Cela évite de regarder ce qui se passe dans la sienne.

Ceux et celles qui pratique la lecture de pensée sont des scénaristes en puissance. J’en connais tellement qui inventent des tonnes de scénarios. Ils pourraient travailler pour le festival de Cannes et créer de bons films (d’horreur souvent 🙂

En fait la lecture de pensée, c’est « Je ne veux pas faire ce que je voudrais faire, je pète de trouille ». Alors j’imagine que c’est l’autre qui ne saura pas réagir en face. J’enlève à l’autre le pouvoir que je ne me donne pas à moi.

Enlever votre « Et si… alors ». Et voyez ce que ça vous demande de faire ?
Je vais demander une augmentation. Point.
Je parle à ma mère de mes préoccupations à son égard. Point.
Je parle à mon copain de son problème d’éjaculation précoce. Point.

Et je laisse l’autre libre de sa réaction. Pourquoi j’interviendrais dans les actes de l’autre ? Quelle légitimité j’ai à savoir et choisir comment l’autre va réagir ? En fait, je fais de l’ingérence. D’autant plus qu’il y autant de type de réactions que d’êtres humains soit des milliards de possibilités, alors à moins que je ne sois un dieu-merlin-l’enchanteur-fée-carra-bosse, j’ai peu de probabilité d’anticiper la bonne réaction.

Idem pour les situations de moi à moi : je ne peux pas forcément connaitre MA réaction.

Je ne vais pas arriver à déclarer ma flamme à Julie = Ah bon ? Tu ne sais plus faire de phrase ?
Je ne vais pas trouver un travail = 
Ah bon ? Tu vas donc rester sans rien faire jusqu’à la fin de ta vie ?

Observez-vous : chaque fois que vous avez anticipé un scénario catastrophe, a t-il eu lieu ? La plupart du temps, vous avez- surpris-e de la réalité en bien. Validez-le !

En résumé

Repérez votre paradigme interne : la vie est dangers ou la vie est opportunités ? Et soyez honnête avec vous-même. Et ajustez-le, modifiez-le. Chaque jour, répétez-vous que la vie est expériences et opportunités. Chaque jour est un apprentissage. Personne n’attend rien de vous de plus que ce que vous avez décidé vous.

Cessez les évitements et affrontez votre réalité, trouvez l’audace de créer un monde d’Amour autour de vous.

Un accompagnement permet aussi de poser un autre regard sur soi, de découvrir dans l’inconscient plus aisément les peurs qui se nichent et donc de mieux les déjouer.
Concernant les pensées de conditionnement, elles ne sont pas une fatalité. Si le conditionnement a pu se faire, c’est qu’il peut aussi se défaire. Ce sera l’objet d’un prochain article. Peur ou Amour, to be continued… 🙂

Et plus de connaissance de soi pour vivre libre !
bienvenue(a)ecoledusoi.com

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Par |2019-07-17T17:05:04+00:00septembre 17th, 2018|Blog|1 Comment

Un commentaire

  1. Comment déjouer la peur ? – l'École du Soi 24 septembre 2018 à 15 h 54 min

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