Les effets du courant New Age

Nous vivons une époque formidable et certainement exceptionnelle dans l’histoire humaine : l’alliance de la science et de la spiritualité. J’entends ici par « spirituel », « la nature de toute chose ». Pourquoi cette réflexion à l’école du soi ? Car les croyances, la foi ont une influence sur notre bien-être et parfois pour le mieux. J’évoque des courants de croyances spirituels qui agissent sur le plan du développement psychologique et invite l’individu à des comportements d’évitements.

Cet article n’est en aucun cas un jugement, chacun est libre de ses croyances, il met en évidence les états où les croyances (ou autrement dit les paradigmes de vie) nuisent à la personne. Si vous connaissez des personnes dans ce cas, n’hésitez pas à partager l’article, même si l’article seul, ne permet pas une prise de conscience. C’est souvent suite à un événement douloureux que le déclic se fait.

Un peu d’histoire : le divin et le matérialisme

NB : Les constats qui suivent sont simplifiés et réducteurs, ils ne servent que le propos énoncé.
Depuis 150 ans, l’humain s’est adonné à une quête scientifique, technologique sans précédent. Ce qui nous a mené de la charrue à la voiture puis à l’avion et à la conquête de notre astre lunaire. Les changements sont si immenses qu’ils se mesurent à l’échelle d’une vie humaine. C’est à peine croyable. Si un humain mort en 1900 revenait en 2019 en plein coeur de New York, il se demanderait : « Sur quelle planète suis-je ? » ! Les changements sont si rapides que l’humain se doit une adaptation permanente dont il peine à mesurer les conséquences à long terme.


Un matérialisme exacerbé

La clé de cette période : « Je ne crois que ce que je vois ». La science veut prouver par des protocoles complexes et inéluctables et toutes les expériences soustraites à ces règles n’ont aucune valeur pour le monde scientifique.

Avant cette période dite « matérialiste », l’humain vit dans un monde de croyances. Qu’il y ait plusieurs dieux ou un seul selon les pays, les cultures, la croyance s’insère dans toutes les sphères sociales qu’elles soient politiques, scientifiques, philosophiques, éducatives, dieu est partout. Il guide selon les lois des diverses obédiences jusque dans l’intimité de la famille et le quotidien des écoles et du travail.

Cette société n’est pas tout à fait morte aujourd’hui, les fondements d’une société prennent des siècles à s’évanouir ou à évoluer. Ce qui fait qu’il existe toujours des partis politiques chrétiens, que le président américain jure sur la bible lors de son investiture et qu’il termine ses discours par « God bless you ». La Suisse et la France ne sont pas exsangues, il y a bien ici et là des institutions éducatives qui portent un titre religieux.
En revanche, en science qu’elle soit médicale, mathématique, astrophysique etc., la religion a fait ses valises depuis longtemps, idem pour le monde des affaires capitalistiques où le matérialisme est à son apogée. Jusqu’à la réussite sociale qui se mesure en terme d’étiquette « directeur de… », de nombre de clics sur les réseaux sociaux et de chiffre d’affaires. L’humain se résume à un chiffre. Quelles déshonorantes conséquences.

De nouveaux courants de croyances

En réaction à ce matérialisme omniprésent accompagnant un manque d’humanisme ambiant, et le recul des repères religieux dits classiques (Musulman, catholique, juif, hindouiste etc.), dans les années 60, des courants de croyances naissent. Le new age par exemple, et encore la croyance en les anges, les maîtres ascensionnés et autres divinités… à la recherche d’un amour universel, cherchant à éveiller en chacun la part de puissance d’amour, à ouvrir la conscience à quelque chose de plus grand. A la part invisible du soi et du monde. Non, le monde ne se résume pas à ce que je vois mais est bien plus vaste et la partie invisible plus grande encore que la partie visible. Et l’humain fait parti d’un tout Universel et Infini. Ainsi, le courant new age se propage rapidement dans le monde entier.

Pour quelles raisons croire ?

Dans cet inconnu qu’est notre monde, l’humain a de tout temps fantasmé des croyances qui donnent des vérités et ainsi rassurent. Rappelons que la foi a une belle utilité, entre autre, celles de :
– relier les humains (nourrir le besoin d’appartenance nourrissant la reconnaissance et, par là légitime sa propre existence),
– donner des fondements sociétales rassurantes (Un cadre, des coutumes, des rituels etc.)
– apporter une réponse à l’angoisse de la vie qui offre un « joli tableau anxiogène » dans lequel la mort guette à chaque coin de rue, le temps se veut linéaire et inéluctable, colorés de peurs existentielles comme celles du rejet, de l’abandon, de l’humiliation etc. De belles réjouissances !
– apaiser les expériences douloureuses et traumatiques en leur donnant du sens.
L’humain a de quoi avoir besoin de se créer un monde plus doux.

La foi new age et sa recherche d’amour universel à travers méditations, groupements, prières, croyances en des êtres de lumières qui protègent, guident etc. a ses bénéfices : nourrir son besoin d’appartenance, trouver des réponses à un environnement compétitif et combatif, maintenir sa santé (la méditation est excellente pour le bien être), pacifier le lien aux autres, accueillir la douleur, trouver du sens à sa vie.

Oui mais voilà…

Il arrive pour certaine personne que ces croyances ont une utilité inconsciemment délétère. Lorsque je me nourris de bienveillance, de gratitude pour moi, pour le monde, lorsque je suis en recherche permanente d’un sentiment d’amour inconditionnel, lorsque je côtoie ce merveilleux ressenti de paix et de sérénité, est-ce que je ne chercherais pas à fuir une réalité que je ne veux pas voir ou qui m’est insoutenable ? Est-ce que je ne refoulerais pas des peines, souffrances, traumas passés, qui, enfouis, ne seront jamais guéris ?

Je « décolle » et je n’atterris plus

Quand la croyance et la recherche d’absolu deviennent une nécessité indispensable, elle devient comme une drogue (moins délétère pour le corps cependant) dans le sens où elle me coupe d’une partie de moi, de mon histoire, de mes ressentis et de la réalité matérialiste du monde. En d’autres termes, elle devient un échappatoire, une zone d’évitement.
Cela peut aussi arriver quand un individu découvre ses ressentis et dons extra-sensoriels ou autres découvertes du genre.

Les effets corporels de l’état de béatitude

Ce serait faire un grand raccourci que de parler de manque « d’ancrage terrestre » et cela n’expliquerait pas ce que vivent les personnes qui se réfugient dans leurs croyances et oublient ou renient leur réalité intime et celle du monde. Plus concrètement parlant, le corps qui a connu l’état de béatitude, sait qu’elle existe et veut toujours demeurer dans cet état. Il pense que c’est la vérité et le chemin à suivre. Ainsi, il va chercher sans cesse à vivre cet état.
Le cerveau fabrique alors un certain type de chimie (sérotonine notamment) qui crée une réalité transformée et qui permet de ne plus avoir à ressentir les émotions dites « désagréables » comme la peur, la tristesse, la culpabilité, la honte, la colère etc., et refoule les traumas passés.


Je me cache la vérité ?

Les conséquences sur la vie de l’individu

Elles sont multiples et dépendent de chaque individu et de comment il vit son « échappatoire ». Pour généraliser :
– difficultés à gérer ses relations à autrui (Sentiment de frustration, de déception),
– difficultés à gérer l’organisation, le quotidien,
– pertes de repères temporelles,
– phobie administrative,
– rapport conflictuelle avec l’autorité,
– instabilité professionnelle ou difficultés dans la réalisation de ses projets,
– gestion financière complexe, rapport douloureux avec le matériel,
– relations de couple et affectives insatisfaisantes (sentiment d’incompréhension, ennui ou conflit dans le quotidien, phénomène « d’amplitudes émotionnelles » : pics sentimentaux faisant place à un vide anxiogène, etc.).
De façon générale, tout ce qui touche au domaine du pragmatique est mal vécu ou vécu parfois comme une agression, une incohérence ou un poids lourd à porter (créant une perte de repères).

Que faire alors ?

La situation demande plusieurs réflexions. Car, il ne s’agit pas de supprimer la croyance, car, après tout, elle est aussi nourrissante, source de sécurité. Elle rassure sur les peurs existentielles de mort, d’abandon, donne du sens à l’existence.

Un point important : souvent la personne a lu de nombreux livres sur le bien-être, la méditation, a suivi de nombreuses cures ou stages de développement personnel par les outils dits « spirituels » (Connexion avec ses guides, états méditatifs en conscience, rebirth, chamanisme etc.), elle pense qu’elle a déjà beaucoup oeuvré sur elle-même. Mais souvent, elle n’était pas en connexion avec son corps, ses émotions et le psyché. La guérison des souffrances de l’enfance et adultes ne sont pas comprises et guéries. 

Le déclic

C’est souvent un événement douloureux qui permet le déclic que l’humain est un être vaste et qu’il est plus qu’une croyance comme une séparation, un décès, un licenciement etc. Cela peut être aussi un mal-être profond qui refait surface, comme une situation à laquelle la personne ne voulait pas faire face. Tout à coup, la personne se doit de se confronter à une réalité concrète et pragmatique à gérer. Cela peut être un  choc.

Ce sont souvent des personnes hyper-sensibles qui ont vécu des traumas douloureux dans l’enfance qui choisissent ces croyances et s’en nourrissent comme un moyen de survie. C’est un comportement psychologique d’évitement. Il v alors falloir remettre son cadre de croyances en cause ce qui est déstabilisant. 

Les croyances les plus courantes :
« Je suis amour » : certes mais aussi ombre (sadique, égocentrique, violent-e etc.). Le Vivant n’est pas binaire (bien/mal), il est plus complexe.
« Il faut pardonner » : certes mais avant de pardonner au bourreau, il est important de reconnaître sa propre souffrance et d’en comprendre les effets.
« L’autre et moi et moi je suis l’autre » : certes, cependant je suis aussi un être unique, « individué », dont j’ai besoin de marquer les frontières intimes.
« Tout est juste » : certes, mais parfois non, un vol, un viol, un licenciement, une insulte, la maltraitance font mal et refouler les blessures c’est ne pas se permettre d’en guérir.
« Il n’y a pas de hasard » dans le sens ou j’ai un destin écrit et des êtres éthériques me guident. Le hasard devient plus étroit quand je confie ma vie à mes désirs et mes actions. 
Et d’autres encore.

Ces pensées en soi sont aidantes sur le plan métaphysique. Mais il est important de vivre aussi sur le plan de la conscience physique et psychologique. Freud et ses pairs n’ont pas eu autant de succès par hasard, leurs visions de l’humain est aussi nécessaire pour la compréhension de soi et du monde humain. 


Attention : atterrissage imminent !

Enfin….

Pour suivre ce cheminement de se reconnecter à son corps, au pragmatisme, guérir des traumas, tout en continuant à croire ce qui est bon pour soi, est plus aisé accompagné-e. Il est difficile d’avoir soi-même un recul sur ses propres croyances, un peu lorsque nous regardons un tableau trop près, nous n’en voyons pas le dessin général.

De plus, la science avançant sur la compréhension du monde, nous pourrons saisir davantage l’énergie qui traverse le Vivant, les fonctionnements du cerveau, des rêves, des extra-sens comme la télépathie, la médiumnité (L’institut des noétiques à Genève étudie les expériences de décorporation). Les neurosciences expliquent déjà très clairement les raisons pour lesquelles la méditation grâce aux réactions chimiques inter corporelles apporte beaucoup de bien-être au corps et à l’esprit. La science explique aussi grâce à la physique quantique que tout est énergie et ondes vibratoires. Ce sont alors de nouvelles perspectives et paradigmes qui s’offrent à nous. Sachons faire preuve d’adaptation pour modifier nos regards sur le monde.

 

 

L’école du soi, se connaître pour vivre libre !

 

 

Par |2019-07-17T12:13:48+00:00mars 10th, 2019|Blog|Commentaires fermés sur Les effets du courant New Age