L’entreprise, c’est pourri ?

« Il n’y a que le profit qui les intéresse », « Productivité ! C’est tout ce que j’entends ! Et l’humain dans tout ça ? », « Il y a des vagues de licenciements, j’ai peur d’être dans le lot ». L’entreprise serait-elle un lieu de peurs, de frustrations, d’angoisses ? L’humains est-il équipé pour vivre dans ces univers de tensions ?

Je rencontre dans mon cabinet de nombreuses personnes souffrants de l’atmosphère stressante de leur entreprise, qu’importe le domaine (Banque, usines, soins à la personne, bâtiment etc.). On peut se demander pour quelles raisons certaines personnes jouissent de leur poste de travail et d’autres peinent, se sentent frustrées, malheureuses les conduisant parfois à la dépression. Pour ces dernières, comment trouver des solutions pour vivre mieux leur poste de travail, voici l’ouverture d’un nouveau dossier.


Maître profit ?

Qu’est-ce qu’une entreprise ?

Revenons à la source : l’humain est un mammifère social. Seul, il ne peut se reproduire et donc perpétuer l’espèce. Il a donc un besoin vital des autres. Les premiers humains se sont unis dans ce but et par là se sont aperçus qu’ils étaient plus forts et donc plus aptes à survivre face aux aléas météorologiques, à la maladie, aux autres groupes d’humains belligérants. Plus forts aussi pour trouver des solutions, inventer et créer les objets de leurs idées rendant la vie plus sécurisante et aisée.

Les tribus ont très vite saisi l’utilité de l’union

En sociologie, ne dit-on pas « Le groupe sera toujours plus fort que le plus fort du groupe ». L’intelligence de groupe est évidente. Même si Albert Einstein a mis au point seul sa théorie de la relativité, il a eu maintes discussions avec des confrères scientifiques et lus maints ouvrages.

Il est nécessaire de se rendre à l’évidence, un individu, seul, n’ira jamais sur la lune. Donc déjà une dose d’humilité, l’entreprise, cette communauté d’action est utile à tous et toutes. Et même si vous détestez votre entreprise, vos chefs et leur condescendance ou vos employé-es et leur « je-m’en-foutisme », la production même de l’entreprise et les objectifs de profits démesurés, ils sont là, vous y œuvrez chaque jour et donc vous y trouver quelque chose. Reconnaissons que nous avons tous besoin des autres et de l’entreprise.

Les inventeurs, les hommes d’affaires et les opérateurs

L’histoire de l’entreprise s’écrirait comme un monde où il y aurait les « meneurs » et les « suiveurs ». Plus spécifiquement, les « inventeurs » (Concepteurs, ingénieurs etc.), ceux qui ont les idées (Chemin de fer, téléphone, voitures, machine à laver, internet etc.),  et les « hommes d’affaires », ceux qui réunissent les fonds, le matériel et la main d’œuvre pour créer l’idée et la vendre. Et les « opérateurs » sont ceux qui œuvrent pour réaliser les idées des premiers en échange de quelques deniers.

Parfois « l’inventeur » est la même personne que « l’homme d’affaire » parfois non. Thomas Edison, pionner dans la distribution électrique, inventeur et homme d’affaire, a largement tiré profit du génie de Nicolas Testla qui voulait apporter à tous les foyers l’électricité gratuitement, le naïf. Le premier l’en a bien dissuadé. Le second est mort dans le dénuement.
Les frères Macdonald ont inventé un système de restauration rapide que l’on connait bien et qui leur a été largement subtilisé par Ray Kroc. Bill Gates sans Paul Allen serait-il Bill Gates aujourd’hui ?

L’histoire des idées et de leur réalisation est toujours une question d’unions qu’elles soient loyales ou non. Il est à remarquer que plus que l’inventeur qui a le génie de l’inventivité, c’est l’homme d’affaire, le génie de la réalisation, qui récolte le plus le pouvoir et les fruits financiers, particulièrement dans ce monde organisé en zone capitaliste c’est-à-dire soufflant l’initiative et le profit individuel.

Une question de croyances

« Opérateur » est-il un positionnement de dominé ? « Homme d’affaire est-il un positionnement de dominateur ? Chacun se sera créé son point de vue – sa CROYANCE – en fonction de son éducation, ses expériences.
L’entreprise est devenue une nécessité. C’est peut-être la « gestion » de ce besoin qui fait une différence entre les « heureux » et les « malheureux » au travail.
Les premiers accueillent l’entreprise comme un échange : « J’apporte mon savoir-faire = j’obtiens une rémunération. Je suis libre de quitter et « d’être quitté » aussi » = Les « libres ».  Le « libre » « utilise » l’entreprise comme un lieu d’expériences, d’expression de connaissances, de reconnaissance sociale, de création d’un cercle social (appartenance) ou encore d’objectifs à atteindre etc.

Les seconds s’engluent dans ce besoin comme une dépendance et parfois une aliénation. Ils donnent leur pouvoir aux dirigeants, se sentent dirigés par eux et soumis au cadre en place. Ils voient binaires : supérieur/inférieur (Haut/bas), dominant/dominé. Sans pouvoir, ils sont sous le joug des autres = les « victimaires ». Cette vision est plus que limitantes, elle mène droit au burn-out.

 

Il paraît extrêmement utile de revoir sa vision globale de l’entrepreneuriat, de casser quelques « casiers » de pensées que chacun a façonné dans son esprit au gré de son éducation, de ses expériences et faire un examen de conscience et de savoir la modifier : « Me positionnais-je en victime ? ». L’honnêteté envers soi en répondant à cette question est grandement utile.

La « victimite aigüe » comme je l’appelle est aisée à repérer :
– critiques incessantes et non-constructives du modèle de l’entreprise en place, de la direction, de la nouveauté, de tout,
– peur de ne pas réussir, de faire une erreur, d’être « disputé-e comme une enfant »,
– difficutlé à prendre des initiatives « Quand je prends des initiatives, on me barre toujours la route bouh !!!! »,
– c’est toujours les autres qui sont mieux,
– « De toute façon, ça ne s’arrangera jamais et je n’y arriverai jamais, ce système est pourri » pourrait s’alarmer une personne atteinte de victimite aigüe,
– fatigue physique, nerveuse, boule au ventre du dimanche soir, conflit ou sentiment d’inutilité, et le pire d’impuissance.

Vite, réagir vite avant l’explosion que dis-je l’implosion ! Changer de croyance devient une question de survie.

La croyance est un système de pensées que nous prenons pour vrai. « Les hommes sont tous infidèles », « Les riches sont toujours malhonnêtes » etc. Ces pensées se sont forgées sur nos expériences et les informations que l’on reçoit. Autant être clair : notre prisme au regard du monde et des milliards d’humains est TOUT PETIT ! Faites votre deuil, vous ne saurez jamais la vérité.

Pour changer de croyance, selon que le conditionnement est plus ou moins ancré, cela demande d’avoir envie dans un premier temps de la changer et dans un deuxième de faire l’effort de la changer. Constatant que cette croyance vous limite dans votre vie au travail, autant le faire. Penser que les chefs sont tous des « … », que vos collaborateurs sont moins bons que vous = ce n’est que le fruit de votre petit cerveau.
C’est extra-ordinaire de changer de croyance. Vous n’imaginez pas à quel point cela change la vie. Et si nous avons bien un pouvoir, c’est bien celui-là.
Chantal, 40 ans, m’a partagé cette belle métaphore que je garde précieusement (ici paraphrasée): « J’ai le sentiment d’avoir une bibliothèque en moi et, en suivant des séances de développement personnel, de faire le tri des livres. J’en garde, j’en jette, j’en écrit d’autres ».

Oui, nous avons le pouvoir de modifier notre bibliothèque interne et heureusement ! Alors abusez-en.
J’ai consacré un dida sur les croyances « Je suis ce que je crois ».  Donc commencez doucettement à modifier votre regard sur votre environnement professionnel. Qu’y a-t-il d’agréable ? De constructif ? De bon ?

Le monde capitaliste

Rendons-nous à l’évidence, l’époque capitaliste, largement promulguée par les Etats-Unis depuis 150 ans a donné le pouvoir à l’argent. L’argent guide, prend des décisions, cadrent les communautés entrepreneuriales. Il est le maître absolu. Sans lui, rien. Et plus encore, il est le maître … incontesté, c’est-à-dire jamais remis en question. Imaginez un décisionnaire de société, hésite-t-il dans ces choix de ligne de conduite de l’entreprise et d’investissements ? (exemple) « Mes conseillers financiers m’incitent à délocaliser une production en Hongrie, j’aurai des gains de productivité, mais je fais perdre des emplois en Suisse. Tout bien réfléchi, je ne vais pas délocaliser ». On traiterait presque ce dirigeant d’altruiste !
Même la santé et la mort sont guidées par le dieu Finance, ce qui semble bien incompatible, cela induit que la vie, notre vie, a un prix. Et, l’humain en est arrivé là. Les directeurs d’hôpitaux, de home médicalisés cherchent le profit et parfois pour maintenir à flot le « bateau » ou sont-ils guidés par d’autres projets personnels ? Et observons le domaine de l’art. Jeff Koons et ses millions avec ça…

Un chien ballon ou un ballon chien comme on veut

Selon le point de vue que l’on prend, ça devient ridicule quand on sait la famine, les personnes sans pays, la maladie… Et je ne vais pas citer les joueurs de football, non, c’est inutile.
Sans oublier les paradis fiscaux (le plus inique des droits), le nombre de milliardaires qui sont de pays à eux-seuls dont les décisions peuvent naître dans l’esprit d’un seul humain et qui en fera dépendre des milliers ( !), les bourses mondiales qui sont une économie virtuelle, dirigée par … oh personne (attente du prochain krach imminent), oui notre monde est étrange pour ainsi dire … légèrement fou ?

Qui aura le plus gros cette année ?

Cessons de crier au loup et de faire les surpris, le constat est clair, le monde fonctionne ainsi et la venue d’internet qui ouvre des perspectives nous permet d’en constater davantage encore la (triste) réalité. Quand on sait, que fait-on de l’information ? On s’en rend malade ou on s’en rend malade ? Peut-être pas… finalement, qu’en pensez-vous ?

Des enfants du capitalisme

Si chacun fait son auto-analyse : n’agissez-vous pas aussi comme tel parfois ? Choisir le gain plutôt que le confort, le respect, l’altruisme ? Sans que nous en ayons conscience, ce maître financer s’est glissé dans nos vies professionnelles (dont c’est un des buts) et aussi dans nos vies privées. Comme le chiendent courant le long de la tige de la fleur, il entoure nos choix : éducation des enfants, avoir des enfants ou pas, le lieu de vie, le confort de vie, la santé, même les ami-es sont inconsciemment choisi-es selon leur portefeuille etc. Maître finance s’est même glissé sous la couette : « J’aime beaucoup Raphael, mais il n’est pas autonome financièrement. A la longue, ça risque de poser problème » me confiait Pierre à propos de son nouvel amoureux.

Certes, nous sommes des enfants du capitalisme. Que disaient nos parents ? « Quel métier feras-tu plus tard ? ». Oui, il faut un métier, pour avoir de l’argent, à manger et une maison. Il faut. Ensuite, nous avons choisi un métier en fonction (ce mot me fait sourire) des débouchés. La question n’est pas de savoir ce qui me plaît, mais de savoir si la filière est, comme un siphon d’évier, bouchée ou non. « J’aimerais être professeure des écoles » me disait une jeune étudiante en faculté « Les gens me disent que je vais gâcher mes capacités et que ça ne gagne pas beaucoup ».

Qui ne s’identifie pas à son statut social ? Quelle question pose-t-on dans un dîner où les personnes ne se connaissent pas : « Que faites-vous dans la vie ? ». Quand on me pose cette question, j’ai envie de répondre : « je rêve, je dessine des mandalas, je fais pipi ». C’est tellement ancré que notre profession nous définit qu’il n’est nul besoin de préciser « quel métier » ! Et lorsque la personne vous a annoncé son métier, prenez le temps d’observer pensées et images de votre cerveau : vous allez étiqueter la personne, la mettre dans une case selon vos critères à vous (Riche, intelligente, douée, bête, manuelle, intellectuelle etc.). Et ensuite, vous allez choisir un positionnement spécifique (volontaire ou non) : admiration, curieux, dénigrement, infantilisation, dominateur etc.
Nos cerveaux sont conditionnés à gagner de l’argent, et aussi que d’en manquer c’est dangereux, et à exister socialement par l’activité qui fait gagner de l’argent.

Chacun est emprunt-e dans sa construction psychologique et neuronale d’une quantité plus ou moins élevée de capitalisme soit d' »enrichissement personnel ». Chacun peut le constater chaque jour, nous vivons dans le monde du « dieu finance ».
Imaginez un frère ou une soeur qui manque de finance. Que fait la famille ? Au mieux, elle lui consent un prêt qu’il/elle devra rendre (et risque de conflit s’il/elle ne le fait pas), au pire ne fait rien. « Donner de l’argent ? Heu… ça se fait ça ? »  C’est presque bizarre.
C’est assez étonnant, quand on prend du recul sur la situation, cet égoïsme monétaire à laquelle nous sommes conditionné-es. Si le don pour nos familles, nos voisins, nos ami-es est un acte qui ne va pas de soi, ne parlons pas alors d’accueillir sur notre territoire des personnes d’autres pays  décimé par la guerre…

Que faire quand rien ne semble possible ?

Le pouvoir est entre les mains de ceux qui en ont (de l’argent). Inutile de vouloir se battre à armes égales avec ses deux petits bras contre cet argentinosaurus (Si si argent-inosaurus, c’est le plus gros dinosaure connu, voyez sa trombine ;), ce combat inégal est voué à l’échec. Certains faits dans le mouvement des gilets jaunes l’ont montré. Quand la connaissance, la pensée, le dialogue sont absents, la violence lance les dés d’un jeu perdu d’avance. Noam Chomsky, expert es langage, disait : « La violence, c’est quand il n’y a plus de mot ». La terreur que vit une personne qui se bat en entreprise contre son système, c’est à elle qu’elle fait violence. 

Les mots de Marc Aurèle, empereur et philosophe romain sont d’actualité :
«Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.»

Face aux difficultés au travail, les réflexes sont souvent ceux de la peur : le combat (colère), la défense (critiques, ruses), la fuite, l’immobilisation. Ré-action : j’agis parce que j’y suis contraint-e, par instinct, non pas par intention mesurée et délibérée.

Libérez son esprit, faire du ménage dans ses croyances

Sortir déjà du réflexe basique de ré-action permet un premier pas vers la libération et l’autonomie :

cessez de se battre CONTRE l’Histoire, contre ce système capitaliste inique, injuste, totalitaire (tout ce que vous voulez), ce n’est pas vous qui l’avez créé mais des milliers d’humains combinés à des milliers de circonstances. Si vous trouviez les ressources pour « jouer » AVEC ce qui est ?

– taisez-vous, la plainte génère un stress oxydatif qui apporte maladie et fait vieillir prématurément ! Cessez de rabâcher que Monsieur Capital est tragique, horrible, monstrueux (tout ce que vous voulez), ce n’est pas vous seul-e qui le changerez, le paquebot capitalisme est un monstre mondial qui, certes, semble s’essouffler. Mais il est comme l’hydre de Lerne quand on lui tranche la tête, elle repousse. Capital va encore lutter et certainement combattre encore plus démesurément car se sentant sur le déclin et attaqué, il est même capable d’accoucher de phénomènes insolites auquel même Sydney Pollack (Réalisateur de la « La firme »)  n’aurait songé : un Donald Trump,

cessez de lutter contre et vous opposez (verbalement ou dans votre for intérieur) à votre entreprise, vos dirigeant et aux personnes qui, elles, apprécient ce système et s’y fondent soit par inconscience, soit avec délectation, (le capitalisme accouche partout), c’est vous qui vous rendez malade,

garder votre identité propre et ne vous remettez pas en cause au regard de ces personnes-là,

offrez-vous de la liberté de créer : cette entreprise n’est pas la seule à pourvoir votre pain. Et du courage par là même de développer vos capacités pour faire autre chose si besoin.

Il s’agit de quitter le positionnement victimaire et d’utiliser vos compétences à bon escient.

Les valeurs

Dans l’univers caractéristique de l’entreprise, les valeurs ont une place prépondérante. Or, peu de personnes connaissent leur système de valeur qui est comme un guide, un garde-fou, un GPS. Je vois des personnes malades dans leur poste juste parce qu’elles n’identifient pas leur valeur et se heurtent aux valeur de profit de l’entreprise. (Pour cela voir le dida « Les valeurs ».)

Ce qui me semble important, c’est de ne pas s’identifier à l’entreprise et aux valeurs qu’elles divulguent. Je ne parle pas des valeurs que l’entreprise exhibent sur son site internet : elles sont toutes altruistes, respectueuses de l’environnement, bienveillantes du confort des collaborateurs, confiantes. Oh ! Que de beaux mots marketing. Comme l’heure est à remettre l’humain au cœur de l’entreprise (vaste changement), elles tentent de se racheter une image. Restons lucide, c’est une vitrine. Un peu comme si l’étiquette du coca cola serait verte pour signifier écolo », cette boisson dont la composition chimique est un secret (alors que c’est interdit de ne pas divulguer la composition).

Quand vous voulez vous renseigner sur une entreprise et son fonctionnement et les valeurs qu’elle promulgue réellement, fouillez. Les médias, les réseaux sociaux etc. donnent pas mal d’informations. Le nombre de licenciements, le turn-over, l’organisation des bureaux (open-space qui est une atteinte à la liberté individuelle sous couvert d’une communication plus fluide), les vacances, l’organisation des ateliers (verticale ou horizontale) etc., ce sont des indicateurs intéressants du respect de l’individu.

Et surtout, écrivez vos valeurs à vous : honnêteté, fiabilité, bienveillance etc. ET adaptez-vous à oeuvrer dans un univers qui ne correspond pas à vos valeurs à vous. Vous vivez bien avec un-e partenaire dont vous ne partagez pas toujours les points de vue, n’est-ce-pas ? Cela demande une souplesse d’esprit ou une ouverture. Parfois, vous devrez aussi passer sur une de vos valeur pour vivre mieux (ce n’est pas renié vos valeurs, c’est la souplesse de l’adaptation).

Et défendez vos valeurs avec diplomatie, c’est possible !

Comment vivre dans un univers impitoyable sans renier son identité ?

Pour les cinquantenaires qui se souviennent de Dallas, j’étais horrifiée devant le méchant et froid JR et empathique devant le crédule et gentil Boby. Mais comment ce JR pouvait-il être aussi impavide et cruel ? Une seule réponse : sa religion. Sa religion : le pétrole. Il récitait chaque matin :

« Notre pétrole qui es aux cieux (et sous la terre),
que ton nom soit sanctifié (on peut pas mieux à tel point qu’on peine à trouver un remplaçant)
que ton règne vienne (il est bien là), que ta volonté soit faite (c’est fait) sur la terre comme au ciel (au ciel je sais pas, sur terre c’est certain),
donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ( mais pas à tout le monde surtout).

 Ici c’est JR personnage fictif, mais le Sultan de Brunei est bien réel.

L’humour est un bon détonateur aussi pour prendre du recul et désamorcer les difficultés. Et puis, ici en Occident, nous sommes de loin pas les moins bien lotis et soyons-en heureux.

Dans un univers mobilisé par les valeurs de profit, de rentabilité et d’essorage humain, il paraît important de :

faire la différence entre ces enjeux personnels et ceux de l’entreprise. Certaine personne fonctionne comme si l’entreprise était à elle. Se limiter à sa charge de travail et sa responsabilité est indispensable. En faire plus ou trop est contre-productif et source de frustration si on attend en retour de la reconnaissance.

– noter sur un papier ce que je trouve bien dans l’entreprise et ce que je viens chercher moi, égocentriquement,

l’assentiment des autres est inutile, se faire son propre avis sur son travail « J’estime que je donne le meilleur de moi ». S’il y a un doute sur son travail, demandez un retour, des conseils à une personne fiable,

ne pas attendre de l’entreprise qu’elle comble votre besoin de reconnaissance (comme un enfant). En y regardant de près, l’entreprise est organisée comme une l’école : hiérarchie (Directeurs), sous chefs (professeurs), salaire (notations), contrôle du travail fait (Interrogation), pauses (récréations), blâme (punition), renvoi (punition ultime). La personne qui manque de maturité peut très vite se comporter comme un élève qui a peur de ses professeurs. Attention à ne pas tomber dans ce piège, en adoptant un comportement d’adulte dans un échange donnant-donnant.

– apprendre à me faire respecter et souvent cela commence par « Est-ce que je me respecte moi-même » ? Si je respecte mes besoins, si j’exprime clairement mes idées et besoins, si je reconnais mes difficultés et tente de m’améliorer, alors j’ai de forte chance pour que l’autre se comporte respectueusement avec moi.

Nous induisons à l’autre comment se comporter avec nous

–  toujours penser que derrière une étiquette ou une cravate, il y a un humain ce qui implique un coeur, des désirs, des ambitions, des frustrations, des peurs, de la vulnérabilité. même le plus monstrueux d’entre eux. Imaginez bien qu’il fait aussi caca. (passez l’image délicate). C’est vrai, remettez les choses dans leur contexte même la grande brune froide et implacable des RH ou le petit chauve imperturbable du service comptable sont des humains.

Plus de conscience

Pensez toujours que si vous êtes contraint-e de suivre un cadre, dans votre esprit, vous serez toujours libre ! Personne ne peut prendre vos désirs, vos pensées et encore moins vos émotions. C’est votre pouvoir. Et bien souvent quand le burn-out arrive, c’est que la personne a simplement oublié son propre libre-arbitre pour le confier aux autres. Le patron pense : « plus vite », moi, je pense : »Respire, prend le temps, tu feras mieux ton travail ».

Et, plus largement, si ce monde capitaliste, inégal, inhumain en plein bouleversement, avait aussi pour effet de permettre de faire attention à soi, de s’ouvrir à des capacités inconnues, de rechercher une autre façon d’œuvrer ensemble et in fine d’ouvrir notre conscience ? Nous constatons tous que l’entreprise ne survivra pas indéfiniment dans ces conditions. La planète s’épuise, s’essouffle, ce n’est plus un débat, c’est un constat. Pour l’instant, le changement se fait petit pas par petit pas. Et peut-être que vous aussi à l’intérieur de ce système établi, vous tentiez d’y trouver une liberté ? Nul besoin de tout révolutionner, juste des petites graines, pour vous.

J’élargis ma conscience

En cas de mal-être profond au travail, forte fatigue, tristesse profonde, n’attendez pas, prenez contact avec votre médecin traitant qui vous aiguillera vers une thérapie.

Vos questions et retours sur Facebook

A bientôt !

Par |2019-08-28T12:50:05+00:00août 26th, 2019|Blog|Commentaires fermés sur L’entreprise, c’est pourri ?