La vie a t-elle un sens ? Frédéric Lenoir répond

Je partage la conférence de Frédéric Lenoir, philosophe formidable et éveilleur de conscience (ça c’est moi qui le dit). Ici en conférence à Morges en décembre 2019 (lien en bas de l’article). Je dis formidable philosophe parce qu’accessible, sensible et fin psychologue. Son langage glisse simplement dans les neurones et peut faire un beau voyage de transformation de nos pensées, crée de nouveaux chemins d’évolution. (Me voici poétisant 🙂
Bon, je suis secrètement amoureuse de Frédéric Lenoir, alors il m’inspire beaucoup 🙂 Ah ben voilà, ce n’est plus un secret ! (Au cas où, je précise que c’est du second degré). Ce qui m’interpelle dans sa pratique de la philosophie, c’est qu’il la met au service du mieux-être humain. Et j’ai toujours vu la philosophie ainsi, comme un outil de réflexion pour mieux saisir ce monde étrange, burlesque parfois et y trouver une place.

Quel sens donner à sa vie ?

J’ai eu envie de partager car j’étais surprise des réponses de Frédéric Lenoir à la question du sens de la vie. J’imaginais des citations de philosophes, des réflexions métaphysiques etc. En fait, Frédéric Lenoir parle de développement personnel, de conscience de soi tout simplement. Il résume parfaitement les points qui me meuvent dans les accompagnements de l’école du soi. « Quel sens donner à sa vie ? » Frédéric Lenoir répond :

« Notre chemin est de devenir libre et de vivre l’amour (Aimé et être aimé-e). »

  • Nous naissons inconscient et notre chemin est de devenir conscient.
  • Nous naissons dépendant-e et notre chemin est de devenir autonome : des parents, de la famille, du cercle social, de la société. « L’en grammage » est bien réel et il s’agit de s’en départir. Une prise de conscience de nos conditionnements internes et de nos propres fonctionnements enfermant est une vraie source de liberté. Mettre la faute sur autrui, l’environnement n’est pas constructif.

Tels sont les enseignements de Frédéric Lenoir.

Alors comment devenir conscient, libre et aimé-e ?

Faire un cheminement thérapeutique

Alors ce n’est pas moi qui le dit, j’aurais l’air de prêcher pour ma paroisse 🙂 C’est Frédéric Lenoir qui le dit : suivre une thérapie est indispensable pour devenir LIBRE dans sa tête comme disait Johnny (enfin, comme criait Johnny :).
Mais alors le constat est effrayant : il y a encore trop de personnes qui ont peur d’entrer dans un cabinet de thérapie. En 2020, c’est assez incroyable ! Les consciences s’éveillent si lentement. Je parle plus pour la France que la Suisse qui me semble plus ouverte sur la question du développement personnel.

L’état dépressif de mon père durant de longues années, nous a conduit, ses enfants, a lui répété de se faire aider d’un psycho-thérapeute ce à quoi il disait : « Je suis pas fou ». La fameuse phrase.
Voir mon père si mal, subir son mal-être et ne rien pouvoir faire… chères apprenties, chers apprentis, on comprend les raisons qui m’on amené à ce métier 🙂  Né en 1940 dans son petit village du Doubs, mon père avait reçu peu d’instruction, cela pouvait expliquer sa peur de la thérapie, mais aujourd’hui ? Avec la connaissance à bout de téléphone ?

Le film  « Deux moi » de Cédric Klapisch est un bon curseur pour constater certains secteurs désertés par la conscience de soi. J’habitais près de la maison de production de Cédric Klapisch à Paris. Audacieuse, je l’avais interpellé, dans la rue pour lui donner mon CV de comédienne et aussi lui donner une nouvelle idée pour la suite de « L’auberge espagnole » . Aucun scrupule j’avais en ce temps-là. Bon, inutile de garder le suspens, il n’a jamais tenu compte de mon scénario. En revanche, j’ai fait des figurations dans ses productions et j’ai passé quelques soirées sympas en sa présence, comme quoi l’audace ça paye.
Dans le film « Deux moi », deux jeunes gens vivent un mal-être et consultent un-e psychologue. Ils guérissent de leurs souffrances, trouvent des réponses et un mieux-être. Le jeune homme au début des séances à son psychologue : « Heu… Je vais parler et j’irai mieux ? ».  Cela fait des décades que nous savons l’importance du dialogue, de l’écoute, des émotions. Faut-il un film pour le démontrer ? J’ai eu peur en voyant cela. Mais c’est certainement une triste réalité. J’ai eu aussi très peur quand le psychologue (très très bien joué par François Berléand) à la veille de sa retraite se demande fataliste et triste : « A quoi cela aura-t-il servi ? ». Est-ce que Cédric Klaphisch voulait montrer l’importance de la thérapie ? Peut-être puisqu’en fin, les deux jeunes gens vont mieux, beaucoup mieux.

Beaucoup de personnes ne perçoivent pas l’importance de cheminer et d’être aidé-e. Bien entendu, chacun peut cheminer seul-e et c’est nécessaire aussi. Mais avoir un vrai regard sur soi avec un immense recul = il est nécessaire de se rendre à l’évidence, c’est très difficile, voire impossible.
Il y a plusieurs années, une personne en accompagnement à l’école du soi m’écrit un long mail pour me dire qu’elle n’allait pas bien et les raisons de son malaise et… qu’elle arrêtait les séances. Ah, mais ce n’est pas justement à ce moment-là où tu en aurais besoin ? Ecole du soi ou autre, peu importe. Mais être soutenu-e, entendu-e, mettre des mots, permettre de se VOIR vraiment surtout dans les périodes douloureuses est largement aidant.

Attention aux esprits mal lunés, je ne suis pas en train de prôner la thérapie, ce qui m’anime ici c’est que nous sommes des êtres dont l’origine est inconnue, la destination encore davantage et le sens aussi. Nous sommes actuellement dans une période, intense étape de changement, où la science est en train de se réconcilier avec la conscience (ou le spirituel = mystérieux). Le soi, la conscience sont au coeur de nos vies. Et nous connaitre est alors logique, au risque de demeurer dans un brouillard jusqu’à la fin de sa vie. Et au moment du Grand Départ de se demander : suis-je satisfait ? Ai-je des regrets ?

En fait, la thérapie, le développement personnel ont pour conséquence de changer notre futur. Pas moins. Ce n’est pas « mon ami Frédéric », c’est moi qui le dit. Et largement soutenu par mes expériences personnelles et mon expérience d’accompagnante. Je vois la vie des personnes chaque jour changer .
La réalité n’est pas autour de soi mais à l’intérieur de soi. La réalité est le fruit de notre création interne. Donc chaque fois que nous changeons notre réalité interne c’est-à-dire quand nous changeons de croyances,  quand nous guérissons d’un trauma, quand nous nous séparons d’une systémique redondante, quand nous modifions nos actions du quotidien, nous ré-écrivons un nouveau futur plus en adéquation avec nos désirs profonds.

Ainsi, nous devenons libre, acteur-trice de notre vie.

Je pense fortement qu’un des sens de notre vie ici sur cette Terre est d’apprendre à se connaître, se libérer de ses peurs, de ses pensées sclérosantes et de vivre libre en créant notre propre réalité. Tel que le dit Monsieur Lenoir.

Mieux se connaître

Frédéric Lenoir évoque l’importance de la connaissance. Evidemment, cela m’a interpellé puisque le slogan de l’école du soi est « se connaître pour vivre libre ». Lire, entendre, découvrir, être curieux-se. Nous naissons curieux-se, les enfants sont curieux-se. L’éducation a tendance à les priver de cet instinct naturel d’apprendre, de découvrir. Cependant, nous pouvons le faire revenir à tout instant.
Il m’apparaît essentiel de s’ouvrir au savoir. Une personne m’a dit une fois : « Ne t’attends pas à avoir de grandes discussions sur les auteurs, le savoir, ça ne m’intéresse pas, je marche à l’instinct ». Très bien, écouter son intuition,  c’est magnifique. ET, aussi, découvrir la pensée des autres permet d’ouvrir des perspectives nouvelles qui permettent ensuite de créer d’autres idées en soi, pour soi.

Ouvrir son esprit au monde, agrandir ses perspectives

L’autre me permet d’apprendre sur moi

« L’autre est un miroir » dit Frédéric Lenoir. Quand je n’aime pas quelqu’un, c’est une part de moi que j’ai ou n’aime pas en moi. Miroir signifie que « je » et « autre » sont identiques,. Je dis plus précisément que l’autre entre en résonance avec moi.
« Ma cheffe m’agresse et me parle mal, elle m’énerve, elle ne me respecte pas ! » me confie Evelyne. Et de lui répondre : « Est-ce que vous, vous vous respectez ? ». Se respecter soi signifie écouter ses propres besoins, se sentir digne d’exister, s’aimer inconditionnellement. Evelyne alors fond en pleur. « Non, me dit-elle, ma mère m’a toujours dit que je n’arriverais à rien dans la vie ». Ainsi, la cheffe met en lumière la blessure interne d’Evelyne qu’elle peut alors guérir.

Pour résumer, en fait, l’autre est une grande source d’information sur soi. Nos « ennemi-es » sont donc de très grands apports. Avec les personnes que nous aimons, nous pouvons aussi nous demander : « En quoi cette personne me fait me sentir bien ? » « Qu’est-ce qu’elle m’apprend sur moi ? » « Qu’est-ce qu’elle réveille en moi dont je peux prendre conscience ? ».

Quand nous comprenons et utilisons la résonance avec les autres, les relations s’améliorent considérablement.

 

Qu’est-ce que l’amour ?

Et Frédéric Lenoir de citer Spinoza « L’amour, c’est la joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure ». « La haine, c’est une tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieure ». « L’idée » dit-il : ce n’est pas l’autre qui m’apporte concrètement l’amour, c’est moi qui en présence de l’autre génère de l’amour. Tout est dit.

Merci Spinoza, merci Frédéric Lenoir !

Et voici la conférence d’une heure. Très belle écoute et bon traitement de l’information 🙂

Cliquez ici : conférence de Frédéric Lenoir « La vie a t-elle un sens ? »

 

Et pour commencer à mieux vous connaître 
bienvenue@ecolesdusoi.com

Par |2020-08-21T15:43:06+00:00février 11th, 2020|Blog|Commentaires fermés sur La vie a t-elle un sens ? Frédéric Lenoir répond