Je continue l’exploration de chaque émotion de base (Joie, peur, colère, tristesse), ici la tristesse. Mère Nature n’est pas un éden paisible et merveilleux. Loin de là, ainsi tout humain aura à vivre des tourments, des afflictions et des douleurs durant son passage. Prévenante et bonne , Mère Nature a prévu un outil formidable pour vivre ces moments : la TRISTESSE et les LARMES.
Le but ici est de percevoir la tristesse, non comme une faiblesse ou une fragilité mais bien comme une alliée indispensable, salvatrice et curative. Pleurons chères apprenties, chers apprentis, pleurons ensemble 🙂

La tristesse, des heures sombres ? Pas forcément…

Les manifestations de la tristesse

Comme chaque émotion, elle s’invite suite à des situations, prend son essor dans le corps, fabrique ses pensées, émet ses vibrations.
Dans le corps, la tristesse s’exprime par un rythme cardiaque plus lent, j’ai même envie de dire plus « lourd », comme si chaque battement de cœur était important. La production d’hormones d’excitation (Dopamine, adrénaline etc.) cesse (d’où la sensation de fatigue). Les muscles sont relâchés, la respiration lente,  l’acuité des sens s’affaiblit, cet état conduit à une introspection intérieure, à s’écouter, à prendre soin de soi (a contrario de la joie qui pousse à partager, à s’ouvrir à autrui).

Les pensées qui s’accompagnent sont moroses. Si elles avaient une couleur, elles seraient grises ou foncées. D’ailleurs, des expériences ont mis en évidence que l’état de tristesse diminue l’intensité visuelle des couleurs (Du bleu et du jaune notamment). Dans un film, pour accentuer l’effet de tristesse, les réalisateurs fabriquent des nuages gris, de la pluie et une musique mélancolique. Cela fonctionne bien car nos sens, notre coeur reçoivent ces vibrations qui, par résonance, nous amènent à notre propre tristesse et à pleurer.

La vibration de la tristesse est une fréquence, que j’appelle lente et grave (à la différence d’aiguë). Je travaille à l’élaboration d’un vocable d’expression des fréquences vibratoires émotionnelles (il n’existe pas de mots), en attendant, je choisis des termes empruntés à la musique.

La tristesse invite donc à une retraite intime, à un retour sur soi.

Les larmes

La tristesse peut s’accompagner de larmes. Passant par le canal lacrymal des yeux, ces dernières transportent des protéines et des hormones comme l’adrénaline ou le cortisol (dites hormones du stress). « Les larmes entraînent également la production d’antalgiques naturels. » (Wikipédia). Ainsi la tristesse et ses larmes permettent d’évacuer d’autres émotions et des états vécus douloureux ou intenses (Peur, colère, culpabilité, douleurs physiques ou psychiques, traumas etc.). Elle est donc indispensable à notre équilibre physique et psychique, agissant comme un régulateur hormonal donc corporel et mental. Elle apaise, calme, adoucit, recentre sur soi. Après les pleurs, souvent, je perçois les situations autrement.

Les larmes : une libération qui régénère le corps et l’esprit.

Zoé, 33 ans parle de la tristesse : « Je pleure rarement mais je me surprends à pleurer devant un film. ça me fait du bien ».
L’art génère de l’émotion, c’est entre autre une de ses fonctions. Ici, elle est émue par le film. Cependant, le film réveille aussi ses souffrances personnelles qui n’ont pas été exprimées et libérées. Ce qui est une fonction saine. Cependant, il est préférable pour régénérer son corps et son esprit de pleurer aussi les raisons réelles de la souffrance.

L’utilité de la tristesse

Elle est indispensable dans la vie d’un humain. Fuir sa tristesse et les larmes, ce serait comme boire et ne pas aller uriner. De même que le corps garderait en lui les toxines (Urée) avec les conséquences néfastes que l’on peut imaginer, un corps qui ne pleure pas garde les tensions et souvenirs douloureux associés agissant comme une fatalité dans le quotidien. J’ose le dire, percevoir la tristesse comme une fragilité est une incohérence. Cette société qui vante la joie de vivre permanente, la puissance, la réussite sociale pousse les individus à « faire semblant », à s’inventer un caméléon (Lire Le syndrôme du caméléon), un « faux-moi » et à souffrir davantage.
Découvrez les multiples bienfaits de la tristesse.

<> Un moyen de communication
Pour avertir de ses différents états, bébé utilise les pleurs pour avertir papa et maman et les informer « J’ai besoin de vous » (Faim, inconfort physique, douleurs etc.). Adulte, nous communiquons encore par ce moyen lorsque nous ne parvenons plus à faire entendre nos ressentis par des mots, les pleurs surgissent et disent « Voilà ce que je vis intérieurement » « Peux-tu entendre que je souffre ? »ou encore « J’ai besoin que tu comprennes que j’ai mal ».

<> Après l’incompréhension, elle permet l’écoute
La tristesse surgit souvent au milieu d’un désaccord ou d’une dispute entre une ou plusieurs personnes. Lorsque je vis une situation d’injustice qui provoque une colère, donc une grande énergie, les larmes coulent et expulsent mes tensions (Voir article sur La colère). Lorsque je me sens impuissant-e face à une situation, les larmes coulent et libèrent mes peurs.

Les larmes véhiculent des hormones spécifiques ressenties/reçues (inconsciemment) par autrui et éveillent l’empathie. Les pleurs invitent à la compassion, la douceur et l’écoute. Ainsi, face à la tristesse ou les pleurs de l’autre, mon comportement change aussi, mes tensions s’apaisent également. La tristesse de l’autre éveille instantanément en moi plus de douceur, l’envie de prendre soin de l’autre, d’écouter ses ressentis. Elle invite à la compassion.

<> Accueillir la douleur
Quelle soit psychique ou physique, pleurer est un réflexe qui permet de supporter la souffrance. Il est important ici de tenir compte de l’existence propre de la douleur psychologique. Elle ne se voit pas concrètement comme sur la radiographie d’un os cassé, cependant elle existe vraiment. elle a une réalité propre pour celle/celui qui la ressent. Le corps a mal, l’esprit souffre. Si je me suis coupé-e le doigt et que je ne soigne pas cette blessure, elle risque de s’infecter. La douleur psychique a tout autant besoin de soin, tout comme on met du mercurochrome sur une plaie. Lorsque je vis une agression verbale, une humiliation, une déception amoureuse, une tromperie, une trahison etc., (la liste est longue), je souffre. Et il est important de tenir compte de ce mal-être. Comment guérir d’une blessure si je l’ignore ? Le premier soin est de l’écouter, la vivre, la ressentir, se dire « oui, j’ai mal », en somme être triste et, enfin, la pleurer est encore le meilleur calmant. Et bonne nouvelle, l’émotion a vocation éphémère, plus j’ai écouté ma douleur, à un moment donné, elle cesse. Si elle demeure c’est que colère, sentiment d’injustice, incompréhensions demeurent. C’est alors utile ici d’être accompagné-e pour s’en libérer.

<> La tristesse : un remède
Notre corps, comme un disque dur, contient les mémoires de nos expériences de vie qui sont classées pour être utilisées dans le présent. Bien souvent, ce qui n’a pas été vécu en tristesse, pleuré, demeure encore dans ces mémoires (corporelles et mentales) et perturbe le quotidien, les liens, les choix de vie, comme un ennemi invisible. Un travail thérapeutique sur soi permet entre autre de ré ouvrir les mémoires des périodes de vie difficiles ou douloureuses afin de les comprendre, les « digérer » et les voir autrement. C’est là que l’accompagnement est indispensable pour une libération de la parole.
Les pleurs sont un soin indispensable et certainement le meilleur pour guérir de douleurs du passé qui ne l’ont pas été sur le moment.

Un an après son divorce, Hélène, 39 ans, avait peine de retrouver sa joie de vivre. Elle était maussade et n’avait plus envie de sortir. Elle pensait qu’elle n’arrivait pas à faire le deuil de la séparation. En ouvrant ses mémoires en état modifié de conscience, Hélène m’explique que sa mère biologique l’avait confié à sa grand-mère quand elle avait 3 ans et qu’elle ne l’a plus revue. Hélène a noué des liens très fort avec sa grand-mère et disait avoir eu une belle enfance. Lors d’une séance en état modifié de conscience, le mémoire de sa mère a fait émerger la tristesse enfouie. Hélène s’est alors abandonnée à un profond chagrin curateur.
Elle a ensuite compris qu’elle avait été profondément attristée par le départ de sa mère sans en avoir conscience à l’époque puisqu’elle avait trois ans. Le divorce a ravivé cette blessure, c’est ainsi qu’elle a pu la guérir.

Les larmes : un des plus puissant remède

<> Vivre la perte
La tristesse agit comme un passeur qui permet de naviguer d’une rive à l’autre. Elle « structure » le changement. Je dis « structure » dans le sens où elle le permet, l’organise et y contribue. Je pourrais même dire qu’en quelque sorte elle « fabrique » de la nouveauté. Elle a une valeur temporelle.

Je vis une situation S puis une situation Z.
S = je vis avec un conjoint-e, une maison, un travail ,un chien etc.
Z = je le/la perds.

Ma vie ne sera plus jamais la même sans cet « objet ». Plus l’objet prenait de place dans ma vie, dans mon coeur, plus le temps d’adaptation sera grand. Le choc provoqué par l’absence, le manque ou le changement se doit d’être entendu, reçu et vécu.
Tristesse entre alors en piste pour me permettre de passer l’étape d’habituation et passer de S à Z. Elle m’amène à rester davantage seul-e, à prendre plus de temps pour moi, à me replier sur moi-même, à évacuer les émotions (Peur, colère, déception etc.) ressenties lors de cette perte. C’est ainsi que je vais pouvoir prendre le temps de considérer le manque, l’accueillir, le pleurer et in fine l’accepter. Elle me permet petit à petit, de trouver des idées pour construire une vie nouvelle, un sens nouveau.

La tristesse est comme ce champ en jachère, elle met un temps au repos pour permettre une reconstitution interne.

La tristesse négative ?

On le voit la tristesse est présente pour nous permettre de passer des étapes de vie, elle n’est donc ni négative, ni positive, elle est, c’est tout. Je le dis et le répète, il n’y a pas d’émotion négative et positive. Même les spécialistes qui parlent encore de cette façon des émotions font fausse route. L’émotion est un système adaptatif. Ce n’est pas l’émotion en elle-même qui est bonne ou mauvaise, c’est la façon dont je l’utilise. En dépend ensuite mon bien ou mon mal-être. Certes, il y a des émotions plus ou moins agréables à ressentir. Les états de tristesse ne sont pas ceux dont nous nous souvenons avec plaisir. Il se peut même que nous les oublions. Pourtant, ce sont souvent ceux qui nous ont construit le plus.

Un rappel important : une émotion est éphémère. Souvent, si je la garde en moi, c’est mon mental qui bloque, à cause de nombreuses croyances. (voir alinéa suivant les croyances). La tristesse est donc un passage. A un moment donné, elle cesse, comme la pluie fait place au soleil.

Les intensités de la tristesse sont multiples : entre la déception, la mélancolie, la nostalgie, l’affliction, le désarroi, la tragédie, chacun vit sa tristesse selon sa sensibilité. Les hyper-sensibles sont plus réceptifs à ces états-là et un événement anodin pour l’un peut devenir pour l’autre une grande source de chagrins. La tristesse de chacun se respecte.

Les conséquences du refoulement de la tristesse

Hélas, la tristesse porte de nombreuses étiquettes désastreuses : « Pleure pas, tu es un garçon », « Pleurer, c’est être fragile », « Ce sont les faibles qui pleurent », « Si tu pleures, tu vas rendre maman malheureuse » etc. Il semble que notre société n’ait pas saisi la tristesse comme un bienfait. Je ne développerai pas ici l’idée que, pour moi, l’élévation de la conscience passe par la compréhension et l’accueil des émotions et particulièrement de la tristesse. Je suis persuadée que la tristesse fait grandir l’âme.

Je l’affirme haut et fort, ces croyances collectives ont des conséquences désastreuses sur le développement de l’enfant et donc de l’adulte et par là de la société toute entière. Je dis que le refoulement systématique des états de tristesse, à travers les âges et donc dans l’histoire, est à l’origine d’un mal-être sociétal, de conflits et aussi de guerres. Oui, jusque-là.

Que se passe t-il concrètement en cas de refoulement de la tristesse ?

On l’a vu, la tristesse est indispensable à l’équilibre. Si je vis un événement douloureux qui m’a fait vivre de nombreuses émotions et sentiments et que je ne vis pas la tristesse conséquente, je la garde en moi. Elle demeure alors à plusieurs niveaux :
le corps : physiologiquement parlant, les hormones fabriquées, les tensions créés suite à l’événement douloureux ne sont pas évacuées. Les fascias, ces membranes fines qui sont sur chaque organe restent en tension. Ainsi, c’est comme si la douleur « se nichait » dans les organes d’où la création de maladies. La plupart des maladies ont une origine émotionnelle. (Il est consternant de constater comme la médecine occidentale est encore très naïve en la matière).
le psyché : cela dépend de l’événement. Cependant, les cas de maltraitances, conflits, violence altèrent la perception que j’ai de moi et baisse l’estime et la confiance en moi, et m’empêche de me réaliser, me fasse faire de mauvais choix, créer des peurs (voire des phobies),
au niveau énergétique : les centres (Coeur, matrice notamment) sont « endommagés », l’énergie « stagne » en lieu et place de circuler librement en spirale, me coupant d’une harmonie intérieure et de ma créativité.

L’effet « démon »

Lorsque la souffrance n’est pas vécue et refoulée, elle produit l’effet « démon ». Si je ne veux pas la ressentir, je vais par réflexe la rejeter.
De nombreux comportements sont alors possibles.

<> Mal-être inconscient
Je me lève, je travaille, je joue au tennis, je vois des ami-es, je vis. Sauf qu’une partie de moi que j’ai logé dans mes mémoires et se trouvant à l’état d’inconscience, brouille parfois mon quotidien sans que j’en comprenne les raisons. J’ai mis en place des éléments qui me font penser que je vais bien, que ma vie va bien, que tout va bien. Et puis, un détonateur (Licenciement, divorce, déception amoureuse etc.) et c’est le drame. Tout s’écroule. Madame souffrance que je n’ai pas pleurée dans le passé, fait surface. En somme, je vivais avec une bombe à retardement et je l’ignorais.

<> La vengeance
– Elle a pour but de redonner à l’autre la douleur qu’il m’a infligé, lui faire subir ce que j’ai subi pour qu’il comprenne combien son acte a des conséquences tragiques sur moi. En somme, la douleur de l’autre calmerait et apaiserait la mienne. Ce n’est malheureusement que rarement le cas. Les lois permettent aux criminels d’aller en prison, mais cela n’apaise que partiellement la douleur. Il est préférable de petit à petit y faire face de toute façon. De plus, je maintiens en moi la colère générant de la frustration. Ces comportements sont très énergivores.

<> La manipulation ou la prise d’otage
Je ne ferai ici qu’une parenthèse sur la thématique qui demande un long développement. Selon mes recherches et observations, le comportement du/de la manipulateur/trice prend sa source au coeur des émotions et notamment dans le fait qu’il/elle n’a pas su accueillir ses souffrances et s’est « fermé-e » à toutes formes d’émotions et de sentiments. Elle a fait le pacte avec lui/elle-même de ne plus rien ressentir et reste uniquement guidé-e par son mental. Comme les ressources mentales sont limitées, elle va alors puiser chez autrui les ressources émotionnelles et énergétiques. Elle a un besoin irrépressible d’une autre personne autour de lui/d’elle dont il/elle va s’accaparer la vie.
Ainsi naissent les manipulateurs/trices et autres comportements narcissiques, menant jusqu’à la perversion. Les psychanalystes écrivent de longues théories sur le sujet. Cependant, je ne pense pas que le manipulateur/trice soit si complexe que cela : il a souffert comme tout un chacun. Il ne parvient pas à ressentir sa tristesse, ni à l’exprimer encore moins à la pleurer. Il se ferme alors à ses ressources émotionnelles.
Nous pouvons constater l’importance des émotions dans l’équilibre et le développement d’un individu : lorsqu’il est « coupé » de son système émotionnel, il adopte des comportements déviants.
De plus en plus de sujets traitent de la manipulation et pour cause, il est fort probable que notre société accouche de ces formes de comportements et une des causes est, selon moi, l’indifférence et le mauvais traitement infligé aux émotions.

<> Quand l’état de tristesse est profonde et dure dans le temps : la dépression
On pourrait dire que l’état dépressif  est une tristesse profonde qui dure (De plusieurs mois à plusieurs années). Je parle volontairement « d’état » dépressif afin d’éviter une identification à la dépression. On peut entendre parfois « Quand j’ai fait MA dépression… ». Non, ce n’est pas une chose qui m’appartient et encore moins qui me définit. C’est un état passager.
La psychologie tente de donner des noms aux maladies psychiques, ce qui est utile pour créer des référentiels, pour les études et les échanges inter-professionnels etc. Cependant, chaque mal-être est singulier et il s’avère important de traiter chaque humain dans son UNICITÉ. Ainsi, l’état dépressif a autant de visages que d’êtres humains dits dépressifs.
L’origine a souvent pour cause les émotions restées en « suspens » en soi depuis de nombreuses années parfois. Des couches de situations douloureuses s’entassent comme la lie au fond de la bouteille. Il suffit d’un événement, anodin en apparence, pour « secouer la bouteille » et réveiller le trop plein de souffrances accumulées. Le corps et le mental ne peuvent pas traiter toutes les informations qui s’invitent par flot à la conscience, c’est alors que le corps et l’esprit sont sans force, sans énergie et s’abandonnent au « rien ».

Sandrine, 46 ans (Ici c’est moi :=) Ayant moi-même vécu un état dépressionnaire, comme je me plais à l’appeler, pas la petite déprime d’automne, (je fais souvent les choses en grand en hyperesthésique que je suis), plutôt le gros cataclysme d’hiver. Je dis souvent : « Je ne recevais plus de son, plus d’image. Cerveau sur off ».  Je me suis permise alors de m’abandonner à ma fatigue nerveuse et physique pour laisser mon corps au repos. Ensuite, j’ai ressorti les « dossiers » douleurs les uns après les autres pour les pleurer. Et j’en pleure encore aujourd’hui. Mais je les accueille paisiblement désormais, car je sais que je vais me libérer et retrouver de nouvelles ressources. Et « Here i’m » ! 

La tristesse a de très belles vertus thérapeutiques.

<> Les comportements d’évitement : addictions
Toutes les formes d’addictions ont pour but de ne pas ressentir ses états émotionnels et sentimentaux internes, de ne pas faire face à la réalité. Alcool, cigarette, drogue, jeux vidéo, jeux d’argent, désordres alimentaires, excès sexuels etc. sont des évitements.
Je les appelle « les maîtres invisibles » car la conduite addictive a pris le contrôle sur moi.  Ce « maître invisible » apaise sur l’instant une souffrance voire l’annihile. Mais il aveugle et ne permet plus de voir en moi la source de mes tourments. C’est le cercle vicieux qui commence car, alors, le cerveau prend le relais et s’accoutume au « maître invisible » et ne peut plus s’en passer.
Le chemin est long pour se débarrasser de ce maître toxique. Le but est de ne plus le laisser prendre le contrôle sur soi et de reprendre contact avec son corps, ses émotions et faire face à son vécu.
L’école du soi n’est pas spécialisée dans les conduites addictives. Il existe des soins appropriés pour cela (Addictologues par exemple). Je peux cependant amener à aider doucement à entendre ses émotions et soigner des douleurs enfouies, ce qui est un grand pas. Reste ensuite à se départir de la gestuelle relative à l’addiction et au sentiment de vide que son manque procure. L’hypnose est aussi une aide efficace dans les cas d’addiction.

 

J’apprends à accueillir la tristesse de l’autre

Frédéric, directeur d’usine : « Quand j’ai annoncé à Nathalie que je devais réduire son temps de travail pour des raisons de budget, elle a fondu en larmes. J’étais mal à l’aise. Je ne savais plus quoi faire. j’ai bafouillé « ça va aller ». J’ai dit que j’avais une réunion et que je la verrais plus tard. Je ne me suis pas senti à la hauteur ».
Le comportement d’évitement de Frédéric a des conséquences graves. D’une part, il n’a pas pris en compte les émotions de Nathalie qui, en conséquence, a pu se sentir rejetée et maltraitée. D’autre part, Frédéric n’était pas fier de son comportement d’évitement, son estime diminue ainsi que sa confiance en ses capacités à gérer son entreprise . Et enfin, le lien entre eux est terni. En travaillant à accueillir la tristesse d’autrui, Frédéric a appris à accueillir la sienne.

La peine d’autrui TOUCHE EN RÉSONANCE la sienne propre. 

Etre enlacé-e apaise, l’énergie de compassion adoucit la souffrance

C’est la raison pour laquelle les personnes tristes sont rejetées, mises de côté. Elles m’envahissent de « mauvaises ondes ». En réalité, c’est surtout que le mal-être de l’autre réveille le mien que je ne veux pas voir.

Dans le cas évoqué, Frédéric a eu le recul nécessaire pour s’avouer que sa difficulté à vivre ses ressentis avait un impact sur la gestion de son entreprise et a mis en place des actions pour évoluer et notamment suivre un accompagnement à l’école du soi. Mais, dans toutes les sphères de vie, combien de personnes laissent ces situations se produire sans rien faire ? Quelles en sont alors les conséquences ?

La plupart des conflits ne trouvent pas d’issus que ce soit en famille, en couple, au travail, car les personnes peinent à accueillir la tristesse des autres et les leurs aussi. Un conflit naît parce que deux personnes souffrent d’une situation donnée. Si les personnes parvenaient à se dire : « Là, quand je vis cette situation, je me sens blessée, j’ai peur et je me sens impuissante ».

Elodie, 38 ans, se dispute souvent avec son frère. A chaque fois, elle se met très en colère, elle se sent mal ensuite car elle culpabilise de s’être fâchée. Elodie reproche à son frère de ne pas  prendre de ses nouvelles et d’organiser des repas de famille sans lui demander son avis. En accueillant sa tristesse liée à son lien avec son frère, Elodie a ressenti qu’elle souffrait de ne pas se sentir aimée par son frère et que cela ternissait l’image qu’elle avait d’elle. Elle a pu ensuite exprimer à son frère ces vrais ressentis (et non pas des reproches qui fusent), le lien est beaucoup plus sain. D’ailleurs, son frère lui a exprimé la même chose ! Ils se sont juste dit qu’ils s’aimaient et quel bienfait.

Evidemment, la tristesse vient souvent d’un manque d’amour, d’une peur de ne pas être aimé-e. La quête permanente, le Graal  : l’amour.

J’apprends à accueillir ma propre tristesse

Cela fait partie d’un des plus grands cadeaux qu’un humain peut se faire à lui-même. Imaginez qu’un enfant pleure et sa maman passe à côté sans le voir ou pire encore minimise sa douleur « C’est pas grave », la souffrance de l’enfant s’accroît. C’est la même expérience que JE vis lorsque je ne prends pas soin de mes blessures.

« Quand nous touchons avec pleine conscience à notre souffrance, nous commençons à la transformer » Thich Nhat Hanh 

Comme me l’a fait remarquer Pierre lors d’une séance de relaxation profonde, où il a pris contact avec ses propres blessures : « C’est étonnant, j’éprouve de la sympathie pour moi. Je me suis vu me prendre dans les bras. »

Les blessures profondes

Parfois, les blessures sont très intenses et insupportables. (Peu importe l’expérience à laquelle elles sont rattachées, chacun vit l’intensité à sa façon / Lire Faire la paix en soi : soigner ses blessures profondes). Le temps est un facteur nécessaire dans la guérison et l’accueil de sa propre tristesse. J’ai besoin d’acquérir une maturité émotionnelle et mentale pour pouvoir revivre ma souffrance. J’ai besoin aussi parfois d’en arriver à un point de ne plus supporter mon mal-être pour enfin aller le visiter. J’ai besoin aussi de me sentir fort-e pour accuser la douleur intense de la blessure et de la tristesse. Cela demande un certain courage.

La tristesse est comme l’arc-en-ciel qui illumine la pluie, elle illumine mon coeur abîmé

Lorsqu’avec courage, j’ose franchir la porte de mes blessures, je fais l’expérience de la rencontre avec MOI. Je me rends compte de mon HUMANITE, de ma grandeur d’âme, je fais le connaissance de l’Etre vaste que je suis. Là, dans cet espace, je me sens moi. Je me sens réunifié.

Vivre sa tristesse élargit la conscience et fait vibrer l’énergie du coeur.

J’espère vous avoir réconcilier avec l’émotion si riche de la tristesse, celle-là même qui fait couler l’encre des poètes, des chanteurs, des scénaristes. Celle-là même qui m’ouvre les portes de mon âme. Alors « bonjour tristesse » !

Pour visiter et accompagner vos souffrances sereinement, je suis là.
bienvenue@ecoledusoi.com

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