La honte sociale

Parfois, pour soigner un patient, les médecins vont inventer des médicaments très complexes avec des machines tout aussi compliquées. Les psychologues vont chercher dans les écrits de Freud et son hypothétique œdipe des effets de l’inconscient filandreux. Alors qu’il peut s’agir d’un simple sentiment, d’une simple émotion qui sévit depuis plus ou moins longtemps dans son corps et son esprit.
Ici, repérons le sentiment de honte et plus particulièrement celle que j’ai nommé « honte sociale ».
Pour rappel, la honte est d’une grande utilité pour l’équilibre du groupe car elle est un garde-fou à l’intimité, à la dignité et l’amour propre de l’individu. Elle empêche les atteintes corporelles, verbales touchant à l’intime.  (Lire l’article L’utilité de la honte et sa déviance, l’humiliation).

Cependant, nous pouvons ressentir un sentiment de honte dans des circonstances pour des faits inappropriés tels que :
– honte de son corps
– honte d’une autre personne (Parent, ami(e)s, frère, soeur etc.),
– honte d’avoir fait une action qui n’a pas besoin d’être étiquetée comme telle : prendre la parole en public, parler de soi, avoir fait une faute d’orthographe dans un dossier, chuter etc.
– honte de ses comportements : sa façon de manger, de s’habiller, de ne pas savoir telle ou telle chose etc.

Ce sont des hontes dites « sociales » car elles sont crées par un phénomène de jugement de soi relatif à des critères sociétaux.
J’ai honte de ma taille, je ne mesure pas 1,75 m comme je le « devrais » selon les critères de la mode.
J’ai honte du statut d’ouvrier de mon père.
J’ai honte de ne pas gagner CHF 10000/mois.
J’ai honte d’avoir raté mon diplôme d’avocat.
J’ai honte de ne pas posséder le dernier sac à la mode.

Cette honte prend sa source dans l’interprétation du regard que les autres posent sur moi. Ceci est lié à des réflexes malencontreux du cerveau : la COMPARAISON et le JUGEMENT. 

Le jugement et la comparaison sont naturels. Ils permettent de jauger une situation pour se protéger et adapter ses comportements. Cependant, ces outils sont déviés de leur utilité premières.

Dès que je compare, je mesure « Moi » et « Autre ». « Moi » utilise une échelle subjective hasardeuse selon des mesures rudimentaires polarisées « supérieur/inférieur » « beau/laid » « bon/mauvais » « bien/mal » « chic/kitsch ».

Si « Moi » mesure « Autre » comme supérieur, beau, bon, mieux que lui/elle, alors il se dévalorise.
La confiance et l’estime de « Moi » sont altérées.
« Moi » se « dés-aime ».

De plus, dans sa comparaison,  « Moi » constate qu’il/elle est différent de « Autre ». « Moi » ressent la différence comme une exclusion.

Les conséquences de la honte
Le honteux/la honteuse aura de la difficulté à :
– créer du lien,
– faire des activités, des loisirs particulièrement en groupe, ou lié au corps, à la nudité (Piscine, danse, théâtre etc.)
– à recevoir des compliments,
– peur de prendre la parole en public ou d’être regardé(e) (Joues qui rougissent, transpiration, mains moites),
– séduire, avoir des relations amoureuses,
– à parler de soi, de sa vie, de ses émotions,
– à réaliser ses projets car il/elle a une aversion de l’échec dont il/elle se sentirait encore plus honteux(se).

= Ce sont aussi les « symptômes » qui permettent de repérer si une honte sociale se cache en vous.

Un autre repère infaillible du sentiment de honte :
le honteux/la honteuse juge une personne qui parlent d’elle, égocentrique et qui a confiance en elle, orgueilleuse. L’autre étant miroir de soi, le honteux/la honteuse ne s’aime pas. Rencontrer une personne qui s’estime, a confiance en elle, va directement faire écho à son « désamour » pour soi.
Comment se libérer de la honte sociale ?

Une étape indispensable : la repérer
Comment guérir d’une maladie dont on ignore l’existence ? Le premier pas est évidemment de se rendre compte du venin qui sévit à l’intérieur de soi. C’est là où je peux allègrement intervenir. Mes dons pour ressentir sentiments et émotions et les identifier me permettent de « flairer » de loin celui de la honte. C’est pourquoi j’en parle car je la repère très très souvent et j’en connais les forfaits tortueux dans le parcours des personnes qui viennent me voir.

Un outil simple : voir la réalité telle qu’elle est.
En reconsidérant l’humanité et le monde dans son ensemble, le honte sociale n’a aucune légitimité d »exister.

Ses grains de café ont tous une forme identique ovale, scindés par une tranchée centrale, plat d’un côté et arrondi de l’autre. Ces grains traduisent tous le même concept de forme. En y regardant de plus près, il n’ont pas la même couleur, et d’encore plus près, leur taille diffère, les formes ovoïdes présentes toute une singularité, leur tranchés centrale est plus ou moins sinueuse.
Chaque grain s’appelle grain parce qu’il possède dans son concept général les caractéristiques grossières du grain. Intrinsèquement, il est unique.
Le grain de café blanc se sent-il supérieur au grain de café noir ? Le plus petit d’entre eux a t-il moins l’air d’un grain de café du fait de sa taille ? La tranchée centrale en S plutôt qu’un trait droit lui confère t-il une légitimité supplémentaire d’être ? Ils sont tous grains de café peu importe la couleur, la taille, le goût et la texture.
Chaque humain est un grain de café. Pourquoi vouloir ressembler à l’autre ? Rentrer dans le rang ?

Le vivant sous toutes ses formes est d’une telle richesse que chercher à ressembler, à se comparer est un acte nihiliste de la réalité. La honte sociale disparaît instantanément lorsque nous intégrons l’idée du grain de café.  Certes, cela peut prendre du temps car les carcans idéologiques sont ancrés souvent depuis l’enfance. Tout changement a besoin de temps quoiqu’il en soit.

Établir ou ré-établir une relation d’amour avec soi
Le honteux/la honteuse par essence s’estime peu et se compare aux autres. Il/elle n’existe qu’à travers le prisme du regard d’autrui, des modes, des idéologies sociales etc. tout sauf de son avis à lui/elle.
Ré-entendre sa voix propre, son libre arbitre, savoir faire ses propres CHOIX sont le chemin pour retrouver confiance et estime.

Se départir de la honte est un pas fabuleux pour retrouver le bien-être.

J’invite vraiment chaque lecteur/lectrice à ne pas hésiter à franchir le pas de la libération ou à partager l’article si vous voyez qu’une personne autour de vous peut souffrir de la honte. Il suffit parfois d’un petit peu de courage pour aller chercher son bonheur !

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Se connaître pour vivre libre !

Par |2017-10-03T21:28:26+00:00octobre 3rd, 2017|Blog|Commentaires fermés sur La honte sociale