Il me paraît indispensable d’informer sur le sentiment de honte et plus encore sa déviance l’humiliation. Elle est partout dans notre société. Elle est presque, et c’est là son caractère grave, tolérée. Les médias, les politiques, les écoles, les universités (bizutage)  et les réseaux sociaux sont le théâtre de nombreuses humiliations. Il est important de la détecter, de savoir ce qu’elle est pour s’en détacher ou en guérir. Guérir oui, car elle peut faire très mal et provoquer des désordres psychiques et physiques (ou encore des traumas).

Après la culpabilité, la caméra ici se porte sur sa soeur : la honte. J’avais déjà soulevé le fait que la culpabilité (voir article Est-ce que vous culpabilisez ?) se glisse en nous de façon si subtile que nous l’ignorons et vivons avec sans nous en apercevoir, la honte, elle, est encore plus perfide. Elle s’entend à peine. Et pourtant, elle est bien présente, parfois, durant des années, sans que nous sachions la décoder. Elle impacte aussi notre bien-être de façon importante. Mais voyons tout d’abord, à quoi sert-elle ?

La honte : un garde à notre intimité
Si mère Nature a crée la honte, gageons qu’elle a son utilité. Comme la culpabilité, elle sert aussi à maintenir des frontières de respect entre individu. La honte apparaît lorsqu’une personne porte atteinte à l’intimité d’autrui : nudité, sexualité, émotions et sentiments. Elle est là pour sauvegarder l’intégrité des individus. Elle touche au domaine profond de l’essence même des êtres.
Elle est aussi le corollaire de la culpabilité car après le sentiment de honte apparaît bien souvent le sentiment de culpabilité.

Les sensations
Elle est un sentiment qui vibre d’une façon très discrète. Elle génère dans le corps une sensation désagréable de malaise par la contraction interne de certains membres (Plexus, viscères, coeur). Le souffle se fait légèrement plus rapide et saccadé. Comme chaque sentiment ou émotion, elle dirige le corps vers une action, et c’est toute la particularité de la honte, elle pousse à se cacher, à se faire petit, à vouloir disparaître aux yeux des autres. La honte baisse fortement l’estime de soi, elle a pour conséquence de se sentir misérable, peu recommandable, dégoûtant. 

Tout ce que les individus n’ont pas envie de vivre : opprobre, déshonneur et exclusion du groupe. La honte permet donc d’éviter les moqueries, les violences physiques, les abus sexuels, les jeux de manipulation, les atteintes à la pudeur et tout action portant atteinte à la dignité d’autrui.

Ainsi la honte, tout comme la culpabilité, agit comme une loi naturelle.

Elle n’y réussit pas toujours et c’est le propre de l’humain que de braver les interdits ou de ne pas connaître les limites. C’et aussi le propre des sociétés de tenter, avec les lois non naturelles celles-ci mais juridiques, de poser aussi des limites lorsque la frontière respect est dépassée.

Les déviances de la honte : l’humiliation
L’humiliation a lieu lorsqu’un individu ou un groupe d’individus font « porter la honte » sur une personne par des actes physiques touchant au corps, aux zones sexuelles, à la nudité ou par des paroles portant atteinte à l’intimité (Révélation d’un secret, photos de nudité etc.) et la dignité de la personne.

L’école est le témoins de nombreuses humiliations (Moquerie du professeur devant toute la classe, étalage des sous-vêtements, soulèvement de jupe etc.). L’université et leur « bizutage » sont souvent basés sur l’humiliation et les étudiants font montre d’une grande créativité dans le domaine (Forcer à se mettre nu, à se mettre à genou, asservir une personne à son service dans des positions équivoques etc.).
Les réseaux sociaux ajoutent encore au phénomène, car les photos et vidéos peuvent être prises à l’insu de la personne et, sans son consentement, étalées dans le domaine public.
L’entreprise a son lot d’humiliations, plus subtiles celles-ci et moins voyantes ou pas (Faire une remarque sur un travail mal fait devant autrui, dégrader le statut, refuser un dossier âprement préparé, faire remarquer un manque etc.).

Un jugement sur autrui peut être aussi un acte d’humiliation « Tu es incapable d’écrire sans faute d’orthographe à ton âge ». Il porte atteinte au capacité de la personne et par là agit sur l’estime qu’elle a d’elle-même.

L’humiliation : l’acte sadique
Les humiliations (non exhaustives) citées ici n’ont rien d’un garde-fou, tel que décrit plus haut, dans le sentiment de honte utile. Ici, c’est la sadisme, présent en tout un chacun, qui est exprimé dans ses actes-là. Le sadisme a cette particularité qu’il révèle des sensations corporelles agréable et psychiquement, il confère une sensation de sur-puissance. Et c’est ce qui guide le sadique : avilir autrui pour se penser supérieur à autrui.
En créant de la frustration, la société de consommation invite l’humain au sadisme. (Cela fera l’objet d’un autre article).

Les conséquences de l’humiliation
Concrètement parlant, le corps est certainement fortement perturbé. Il serait intéressant avec l’imagerie médicale (cependant difficile) de constater quelles sont les conséquences d’une humiliation sur le cerveau et quelles hormones sont fabriquées à ce moment-là. Il y a certainement des changements chimiques influents.
Psychiquement parlant, c’est le « MOI » qui est atteint. L’amour propre, l’estime qu’on a pour soi sont fortement affaiblis voire sérieusement altérés. Or, amour propre et estime de soi sont des socles pour construire sa vie, se mettre en action pour ses projets, créer des liens sains avec les autres. Tout comme la honte utile, l’humiliation amène la victime à se cacher, ne pas apparaître en public, à se taire, à ne plus agir.

Or, et c’est là tout l’ambiguïté et l’injustice, la victime humiliée ressent le même sentiment que le bourreau honteux, le même état de mal être, de misérabilisme, d’avilissement du moi.

Et il va se passer un phénomène de « dés-appropriation du sentiment » :
ce n’est pas le bourreau qui va se sentir honteux et coupable mais il va faire peser la honte et la culpabilité sur la victime.

Ainsi, la victime non seulement, porte le poids de ce sentiment de honte destructeur (Elle le dit parfois « j’ai honte ») mais en plus un sentiment de culpabilité qui ne lui revient pas.

Les conséquences sont colossales et bien souvent minimisées. Selon les actes d’humiliations, ils peuvent être traumatisants. Ils peuvent mener (lentement) à un mal être puis à une dépression et même au fatal suicide.

Il est donc très important de savoir la détecter et la déjouer.

Déjouer le sentiment de honte
1. En parler avec un professionnel du soin est déjà en soi une première libération. L’école du soi est là aussi.
2. Revenir sur les faits et les revoir concrètement avec un regard détaché.
3. Détecter si le sentiment de honte est juste ou s’il s’agit d’une humiliation.
4. S’il s’agit d’un honte utile alors accueillir aussi le sadique en soi et demander pardon à l’autre (si possible) et se pardonner à soi, tirer les conséquences de cet acte.
5. S’il s’agit d’une humiliation faite par autrui, accueillir la souffrance et la reconnaître, redonner au « bourreau » sont acte malveillant afin de se départir de la culpabilité inutile dans ce cas, et retrouver son amour propre, son estime de soi par des actions simples pour reprendre confiance.
Il s’agit d’un chemin qui peut prendre du temps mais, à coup sûr, qui apporte beaucoup de bien-être.

Pour terminer, le sentiment de honte est subtile, complexe. Il va souvent de pair avec la culpabilité et aussi avec bien d’autres émotions. Dans l’accompagnement de l’école du soi, ses deux sentiments honte et culpabilité, sont souvent évoqués car causes de souffrances et blocages pour avancer dans ses projets. Les détecter et en parler sont indispensable.

Pour un accompagnement libérateur, je vous propose par skype ou en face à face,
l’espace du soi, votre espace pour vous exprimer et guérir de vos souffrances passées.

N’hésitez pas à me contacter : bienvenue@ecoledusoi.com

Rejoignez-moi sur facebook : https://www.facebook.com/sandrine.petithuguenin