L’épidémie a contraint de nombreuses personnes, du jour au lendemain, à faire de leur maison un bureau. Le changement fût abrupt et certainement déstabilisant pour beaucoup. (Lire article Je ne m’adapte pas au télétravail, pourquoi ?). Honnêtement, si vous êtes perturbé.e par ce changement, pas de culpabilité ou de sentiment de fragilité, le télétravail est un changement qui demande une grande adaptation de vie. Voyons lesquels et comment les transformer en apprentissages positifs.

Ken et barby ou l’apparat social 

Pas besoin de se transformer en top mannequin social, pas de stress au moment du levé pour revêtir ses fanfreluches de travail.

Adam : rasage tous les 3 jours, pas cravate qui sert le cou, Hugo Boss demeurant sur cintre.
Eve : maquillage succinct, soutien-gorge en vacances (pour certaines mais chuut !), beaucoup moins de temps pour savoir quelle tenue porter et … pas d’escarpins, ceux-là même qui rendent sûre de soi, affirmée, séduisante et aussi un drame pour la circulation sanguine 😉

Le costume est une salopette de travail, le stylo remplace le mètre 🙂

En restant à la maison,  un minimum de tenue est assurée (visage et buste) pour les réunions web. Mais dans l’ensemble, « l’apparat social » n’est pas endossé.
C’est un grand bouleversement plus impactant qu’il n’y parait. Je le sais en tant qu’ex comédienne, mettre un costume permet de se fondre dans le rôle. C’est identique avec le travail. Le costume cravate ou le maquillage et les cheveux attachés sont une transformation entre le privé et le professionnel, entre l’intime et le social qui modifie notre ressenti interne.

Sans l’apparat, on peut alors se sentir plus vulnérable, avoir le sentiment d’être moins efficace et même avoir un sentiment culpabilisant de ne pas travailler. Ce n’est pas hasardeux si la mode a autant d’importance dans notre société, elle modifie non seulement notre rapport à l’autre et aussi à nous-même.

L’apprentissage en télétravail : confort et simplicité dans la tenue  ne créeraient-ils pas des rapports humains plus authentiques ?

Transport 0 = 0 transition

En restant à la maison, le temps de transport est gagné ainsi que son lot de difficultés (Bouchons, retard de train etc.) et de stress.

Les bouchons, une joie quotidienne évitée en télétravail

Cependant, la « téléportation » de la maison au travail a un avantage, elle permet une transition mentale :
le matin, il dit « ma vie privée est derrière moi, ma vie professionnelle pour les 8 ou 9 heures à venir est devant moi ». Le corps modifie sa chimie interne et génère une énergie plus intense. Le cerveau commence à se projeter dans les dossiers et les tâches à remplir, les solutions à trouver, les réunions.
le soir, le trajet éloigne les dossiers du bureau, le cerveau commence à se demander ce qu’il va faire à dîner ou le film à regarder, soit un temps utile de décompression salutaire.

A la maison , les tâches privées et professionnelles peuvent être enchevêtrées : entre deux études de dossiers, une réunion, une lessive est lancée, un formulaire aux impôts envoyé et un rendez-vous chez l’orthophoniste pour Léo organisé. Inutile de préciser que ce fonctionnement concerne particulièrement la gente féminine qui gère encore 83 % des tâches « maison ».

Les apprentissages en télétravail : apprendre à organiser les priorités maison/travail, les mélanger pourquoi pas. Et revoir un partage plus équilibré des tâches dans le couple .
Le temps de transport gagné pourrait être un temps pour soi ? 15 minutes la matin et le soir où je fais ma petite transition « alone ». Je m’assieds, je respire, je me relaxe, je souris, je m’étire, je fais le vide, je contemple le ciel… Un temps qui ramène à l’Essentiel et opère le passage privé/travail.

Un temps pour soi, pour se recentrer, un temps pour du « rien ».

Les pauses à la machine à café

En entreprise, il y a un temps pour se saluer avec le « comment vas-tu ? », partager un café, les allers-retours en réunion, les rendez-vous clients, les pannes informatiques, les échanges informels en soirée… Tout un tas de moments « pause ».

Le lien social convivial autour du sacro-saint café : une institution

A la maison : nada. Mon collègue, c’est mon ordinateur. Il y a les connexions sociales en réunion zoom ok. Mais on ne peut pas chuchoter avec sa collègue, se jeter des regards complices et critiquer l’orateur.trice après la réunion. Total « je me parle à moi-même ».

Il a été démontré que les collaborateurs.trices travaillaient plus et plus longtemps à la maison. Pourquoi ? Ils/Elles prennent moins de pause et ne stoppent pas leur journée tant que le dossier n’est pas terminé.

A la cool… Et alors ? Je bosse moi !

Les apprentissages en télétravail : ici une grande révolution !
1. organiser son temps de travail, de pause en autonomie
2. savoir aussi ne rien faire sans culpabilité ! J’explique…
En entreprise, on est obligé d’être en action pour démontrer qu’on est payé pour quelque chose (comme si l’efficacité était liée à la quantité de travail fourni). A la maison, pas besoin de faire semblant !
Prendre une pause permet, non seulement de reposer le corps et le mental, et aussi de générer un lâcher-prise. Ce phénomène neurologique bien connu des scientifiques qui trouvent la solution lorsqu’ils ne cherchent plus. Lorsque le mental est déconnecté, c’est la part intuitive et créative de soi qui se met en route. Ainsi surgissent les idées.

 

Déconnecter : mettre le cerveau sur pause et le laisser en liberté

Organisation pratique

Notre environnement influence nos sens et donc notre santé. En télétravail, le bureau s’invite à la maison. Comment j’organise la chose ? Eh bien c’est peut-être le moment de faire un bilan de son lieu de vie : tri, rangement, mobilier à jeter ou rénover, réparations etc. et de vérifier comment cet espace interagit avec vous. Pas besoin d’avoir un diplôme es Feng shui. Du bon sens et surtout ressentez comment votre corps réagit à votre organisation pratique du mobilier, de la luminosité, des couleurs, de l’assise (important pour la posture du dos) etc.

Ranger, un double effet : faire du tri chez soi et dans sa tête

Point important : avec les réunions par internet, ce n’est plus vous qui allez vers vos collègues, ce sont vos collègues qui viennent dans votre intimité. Même si internet offre une image de fond protectrice de l’intimité, c’est un élément important à prendre en compte.

La chambre-bureau n’est pas recommandée. Elle est le lieu de l’intime et du repos par excellence. Une pièce dédiée au bureau est idéale. Si pas possible, trouver un coin, limiter avec des plantes, une étagère… Internet offre pléthores d’idées sur le sujet.

L’apprentissage télétravail : c’est l’occasion de repenser son lieu de vie, de faire preuve d’imagination pour sentir où votre espace de travail sera le plus approprié. Faites en sorte d’être content.e de vous installer à votre table  de travail !

Le responsabilité et l’autonomie

Travailler ensemble au bureau, avoir des interactions et une présence physique de ses collègues apportent pour certain.e une sécurité. L’entre-aide est aisée, la réponse aux questions problématiques plus facile. Chez soi, seul.e, le travail demande plus d’indépendance, ce à quoi les salarié.es ne sont pas tous habitué.es.

La motivation fluctue chaque jour. Au bureau, la synergie et la présence du groupe créé une émulation. Une discussion constructive, un trait d’humour et hop ! l’énergie repart.

A la maison, il est nécessaire d’apprendre à s’auto-motiver, ce qui n’est pas une ressource identique chez tout le monde.

L’apprentissage du télétravail : l’auto-motivation ou la faculté de trouver en soi, par soi l’énergie d’action, le but à atteindre, le sens à donner à son action, les raisons pour lesquelles je me lève chaque matin.

Immense bouleversement : l’isolement

L’isolement est certainement la cause la plus bouleversante du télétravail. Du jour au lendemain, travailler seul.e chez soi ou même en présence de son/sa conjoint.e ou colocataire, c’est une nouveauté que tout le monde n’est pas prêt à vivre sereinement.
Possiblement, si l’humain a créé l’entreprise, ce lieu de partage de savoir-faire et être dans un objectif final commun, c’est qu’il répondait à un besoin instinctuel de relations, d’entre-aide, d’échanges, de synergie et en premier lieu au besoin archaïque d’appartenance.

Le vivre ensemble, certainement une des plus belles richesses

Tout à coup, se retrouver face à son frigidaire en train de faire des rapports, peut être incohérent. Le sentiment de solitude, le manque d’interactions humaines peuvent alors générer des désagréments psychologiques et physiques plus ou moins sérieux : anxiété, humeur instable, pertes de repères et par là fatigue, trouble du sommeil et alimentaires etc.
Tel que décrit par Irvin Yalom, psychologue existentialiste, l’isolement est la conscience que nous, en tant qu’individu, sommes, quoiqu’il arrive, seul face à soi, face aux évènements, ce qui provoque un vide existentiel. C’est aussi un élément qui caractérise l’existence.

L’apprentissage en télétravail : et s’il permettait justement l’apprentissage d’un isolement nécessaire ? Nous sommes tous plus ou moins dépendants socialement : de son couple, ses enfants, son mobile, son sport, ses ami.es… Pourtant la solitude permet aussi de côtoyer la sagesse de connaître la personne avec qui nous passons le plus de temps et qui devrait être notre meilleur.e ami.e : SOI.

Seul.e, j’apprends à m’apprécier

Et si le télétravail était un pas vers la transformation de l’entreprise dans sa globalité ?

L’entreprise est un lieu de cadrage et de règles, nécessaires pour vivre en communauté et oeuvrer vers un projet commun. Mais elle uniformise et enferme. Ces règles sont parfois archaïques, basées sur le contrôle des travailleurs.euses « robotisés » qui agissent sous la crainte du bâton (Perte de salaire, disqualification etc.) et du licenciement. L’entreprise limite la liberté, la créativité et l’unicité individuelle.

Marcher tous dans le même sens ? 🙁

La hiérarchie pyramidale est un des vestiges de cette organisation. Le harcèlement moral est de plus en plus courant car il est facilité (permis) : « Parce que je suis le/la directeur.trice, je peux tout. Y compris vous soumettre à mon bon-vouloir »…
Turn-over, burn-out, mal-être au travail, harcèlement moral etc. sont autant de symptômes de l’entreprise malade.

Ainsi, en quittant l’apparat social, en adaptant son rythme, en personnifiant son organisation et son espace de travail, en déclivant le privé et le professionnel, le télétravail ouvre la voie à des actrices et des acteurs plus autonomes, conscient.es du choix de leur activité et du sens qu’ils/elles veulent lui donner et de l’importance accordée dans leur vie. Il est alors permis de travailler ou plutôt, préférons le terme « oeuvrer » dans le but d’un épanouissement personnel.

Le télétravail serait dans ce sens un tout premier pas à l’entreprise de demain. Les égos font place aux échanges plus horizontaux, communautaires, dans le respect et l’écoute de chacun. On peut rêver ?

Et vous, comment verriez-vous l’entreprise de demain ?

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