Vous n’aimez pas le télétravail ? Vous ne vous y adaptez pas ? Vous vous sentez isolé.e ? Cela vous a perturbé.e tout à coup de quitter le bureau et hop sur la table de la cuisine 9 heures par jour ? Ne culpabilisez pas, vous allez comprendre ici pourquoi…

Peu démocratisé avant l’épidémie, le travail à la maison est devenu pour beaucoup un mode organisationnel dans leur vie. Je crois que c’est un processus qui était en latence, inutilisé, et qui a trouvé une opportunité pour se glisser dans le quotidien. Hélas soudainement, trop soudainement. Et in fine brutalement.

Le télétravail et ses désagréments ne me semblent pas à lui seul le fautif, l’impréparation est un facteur majeur. Certes, l’épidémie n’était pas prévisible. Tout de même comment se fait-il que le télétravail ait été une option si peu utilisée avant elle ?

On peut se demander pour quelles raisons le télétravail est resté dans l’ombre ?

Parce qu’il est un enjeu humain

Je me souviens il y a deux ans avoir parlé avec un directeur d’entreprise qui fustigeait le home office : « Les personnes se sentent isolées ! Les cas de dépression s’en suivent ». Il ne voulait pas en entendre parler. Visiblement comme bon nombre de dirigeant.es. Ben, oui, ça cause d’émotions, de psychologie, d’humain ! Ce que n’aiment guère les boss, qui sont beaucoup plus à l’aise avec les tableaux, les graphiques, les chiffres. Je caricature à peine.

C’est étonnant, personne n’a nié internet, les réseaux sociaux. Pourtant c’est une grande révolution qui n’apporte pas que des joies : les réseaux sociaux et leur lot d’insultes, de harcèlement, de séditions etc.

Le télétravail me semblait pourtant une évidence. Pas forcément la norme, mais un outil qui ponctuellement pouvait être utile pour certaine personne ou dans certain cas :

– handicape ou problèmes physiques passagers (Membres cassés etc.) qui contraint le déplacement sans empêcher de travailler,
– contraintes familiales (Enfant malade…),
– réorganisation dans l’entreprise,
– diverses pannes dans les bâtiments de l’entreprise (informatique, électricité, rénovations, inondations…),
– pour celles et ceux que cela siérait,
– etc.

Il est investi beaucoup de temps et d’argent dans le matériel, l’organisation en elle-même, la productivité. Et l’humain dans tout ça ? Certaines personnes auraient pu, eu besoin de travailler chez eux. Or, le télétravail concerne l’humain et visiblement quand cet enjeu coûte plutôt qu’il ne rapporte à court terme, même s’il peut être aidant pour certaines personnes, ce moyen n’est pas envisagé.

J’incrimine les employeurs.ses qui auraient pu anticipé la chose et investir quelques deniers dans ce projet. Je suis un peu dure. Je parle surtout pour les entreprises mastodontes, pas les PME.
Je crois que les directeurs.trices qui privilégient les gains en négligeant le respect humain et écologique deviendront bientôt « ringards », pour reprendre le mot d’Aurélien Barrau, physicien, philosophe, défenseur de la planète, au sujet de tout ce qui est contre-humanisant et irrespectueux de l’environnement.

Nous avons pris conscience que la Terre est entre nos mains,
que voulons-nous en faire ? Chaque décision compte.

Parce que le contrôle est difficile, les échanges improductifs

On ne peut pas contrôler les employé.es qui travaillent depuis leur maison ? Balivernes ! L’informatique contrôle tout. On voit bien quand une personne a fourni un travail ou non.
Les échanges ? La plupart de la communication en entreprise se fait par mail ! Ce qui donnent d’ailleurs des scènes assez comiques : Jean traverse le long corridor : « David, as-tu reçu mon mail ? » « Oui, je le lis dès que je peux ». « Ok » Et Jean retraverse le corridor en sens inverse.

Peut-être en home office les personnes se contactent-elles davantage par visio ou téléphone qu’en présentiel dans les locaux ? A voir.

Parce que les conditionnements sont gravés

Il est intégré que l’entreprise, c’est ici, la maison, c’est là-bas. Point. Comme la famille, c’est un papa, un maman, un garçon et une fille. Point. (Les clichés médiatiques).  Pas deux papas, ou 2 mamans et 1 papa. Ouh ! On sort du cadre connu.

Intégrer le home office (j’aime bien l’appellation anglo-saxone dont la traduction est « E.T travail-maison » pointé du doigt 😉 dans l’organisation de l’entreprise (à petite ou haute dose, comme on veut), c’est effectivement modifier les normes et donc les conditionnements liés à la vision des sphères de vie clivées privées/professionnelles. Avec le télétravail, les deux (sphères) sont imbriquées, tel l’hélice de l’ADN. Un grand changement de paradigme a effectué pour tous et toutes.

Dans votre esprit, comment s’organisent privé et professionnel ?

Bon, ben, là, le petit virus a tout à coup bousculé les règles, paf ! Tout le monde à la maison ! Il est certains que c’est perturbant et que cela demande plusieurs axes d’adaptations  pour ceux et celles confronté.es à ce changement (Lire article Pour quelles raisons les changements nous perturbent-ils ?).

Donc si vous êtes fatigué.e, vous avez de vraies raisons !
En prendre conscience, en parler est important.

Je crois qu’on ne s’en rend pas encore compte, après quelques mois, ce changement maison/travail va en provoquer de nombreux autres : rapport à soi, aux autres, au travail et remettre en exergue ses propres désirs et valeurs. Mon idée est que ces processus sont en cours.

La mutation est en cours :
d »une structure figée à une structures 
en mouvement

Abruptement, un mode de travail qui était là sous nos yeux, a été renié et est devenu tout à coup imposé, sans préparation ni matériel et psychologique. Et oui, le coût peut être élevé. Et en fatigue et en difficultés diverses. L’humain a des capacités d’adaptation puissante, à condition de prendre soin des phases de changement.

On connaît les désavantages du télétravail :

  • isolement,
  • manque d’ergonomie du poste de travail,
  • peur d’être rejeté.e de certains projets,
  • sur-activité,
  • organisation familiale perturbée,
  • etc.

Je ne suis pas une défenseuse ni une détracteuse (c’est bizarre au féminin, je garde tout de même) du télétravail. Il existe. C’est une possibilité. Que peut-on en faire de positif pour l’humain ?
En tout cas, une préparation est nécessaire car c’est un grand changement. On forme le personnel a de nouveaux logiciels, à des structures organisationnelles, à une langue etc. Alors pourquoi pas une formation au télétravail ? Il est toujours tant de rectifier la donne.

Prévoir un accompagnement

  • matériel : tout comme l’entreprise contractuellement doit fournir aux collaborateurs.trices les moyens de leurs actions, elle le doit aussi lorsqu’ils/elles travaillent à la maison, tout comme les entreprises le font depuis des années avec les commerciaux, dirigeant.es, personnes en déplacement… (Fourniture de matériel, frais remboursés…).
  • psychologique : pour apprendre à faire face à l’isolement, savoir s’organiser,  à faire des pauses, mettre en place un cadre d’échange adapté, rendre son poste de travail ergonomique etc. Nous ne sommes pas tous éduqué.es à travailler en autonomie. L’indépendance peut faire peur.

Allez, au boulot, un service télétravail et de la réunionite pour le préparer plutôt que de le subir (Collaborateur.trice) ou d’y être contraint.e (entreprise).

Cela fait 10 ans que ma maison est mon lieu de travail et je m’y trouve bien ainsi. Je suggère cet article sur les avantages de cette organisation  Les avantages du télétravail. J’y ajouterai ma petite touche dans un autre volet.

A suivre, un article sur les possibilités d’évolution personnelle qu’o ffre le télétravail (Cliquez sur Voir dans le télétravail des possibilités d’évolution personnelle).

Vous peinez à vous adapter au télétravail ? 
N’hésitez pas à me contacter pour en parler et ensemble trouver des solutions
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