Faire la paix en soi : soigner ses blessures profondes

Nous, êtres vivants, n’avons pas la possibilité d’appuyer sur la touche « Delete » (« Effacer ») lorsque nous avons vécu une expérience douloureuse.  Dans nos mémoires courent des fragments de souffrances avec lesquelles nous vivons plus ou moins bien. Mais comment les blessures profondes apparaissent, survivent et meurent aussi ? Il m’apparaît important pour mieux s’en départir d’en comprendre d’abord le processus.

Nos blessures prennent des formes multiples : peur de l’abandon, de la mort, de la solitude, événements douloureux (Décès, divorce, déménagement, viol, maltraitance physique, verbale, catastrophes naturelles, guerres etc.) également les souffrances et manque de l’enfance. La vie fait preuve d’une grande créativité en la matière.

Typologie de la blessure
Une blessure profonde n’a pas de typologie propre. Elle est davantage fonction de chacun(e) et des capacités à la vivre, de l’environnement, des personnes présentes, du soin qui s’en suit que des faits en eux-mêmes. Ainsi, la perte du doudou pour un enfant et la perte d’un être cher pour un adulte peuvent être vécus avec autant d’intensité et laisser des marques tout aussi profondes sur le long terme. Quel que soit l’événement qui s’y rapporte, il est primordial de respecter sa propre douleur (et celle d’autrui), premier pas indispensable vers la reconstruction.

Quel est le processus de la souffrance ?
Cette réponse s’envisage en percevant l’individu dans sa globalité corps-esprit-énergie. Le corps est un extraordinaire moteur au sein duquel tout est organisé pour interagir et s’adapter à son environnement avec la nécessité de combler ses besoins, en quête permanente de survie et d’équilibre. Le cerveau est le maître qui coordonne l’ensemble. L’énergie est le souffle vital, la conscience reliée aux mémoires plus larges, au Tout. Certains la nomme âme. Peu importe le vocable, nous sommes aussi une énergie invisible, cependant bien réelle.

Lors d’une expérience agréable ou désagréable, ce trio oeuvre alors de concert et la musique est  jouée par les émotions et les sentiments.

Scénario 1 :  je reçois un tendre baiser de mon amoureux(se)
*Mon corps est le siège de réactions cardiaques, chimiques et neurobiologiques en chaîne : la joie et le plaisir apportent leur lot de bien-être : le rythme cardiaque s’apaise ainsi muscles, vaisseaux sanguins, poumons etc. se détendent faisant plus sereinement leur travail. Des hormones, telle que la sérotonine, sont fabriquées et divulguent apaisement.
* Mes pensées sont enjouées : « je l’aime », mes mots aussi, je lui dis « je t’aime ».
* Mon énergie est claire et fluide.
Ainsi « baiser de mon amoureux(se) » est associé dans ma mémoire à « souvenir agréable – à revivre le plus souvent possible ».

Scénario 2 : mon/ma conjoint(e) porte des mots violents à mon encontre (ou tout autre acte douloureux énoncé plus haut).
* La peur, la colère accélèrent le rythme cardiaque. Muscles et organes se crispent, freinant la circulation interne. Des hormones comme l’adrénaline augmentent la puissance musculaire, les sens sont en éveil.
* Mes pensées et actes peuvent être désordonnés : j’ai envie de répondre violemment, de me défendre ou au contraire de me taire, de m’immobiliser. Je peux aussi être tétanisé(e).
* Mon énergie est plus dense et comprimée. Je peux me sentir plus fatigué(e). Mon âme est « abîmée ».
Ainsi « paroles violentes de l’amoureux(se) » sont enregistrées dans la mémoire comme « douloureuses – à éviter ». 

Dans le scénario 2, en fait, si le dialogue est renoué dans le calme et l’écoute, la situation dénouée, le pardon énoncé, alors l’événement pourra être apaisé par le corps et l’esprit et rangé comme « dispute » et encore «  A éviter  mais rien d’alarmant ».

Dialogue, expression de ses ressentis et apaisement ne sont pas toujours au rendez-vous.

Les conséquences du traumatisme
S’il n’y pas de soin, le souvenir est présent en moi. Il est stocké dans ma mémoire comme un film dramatique. Je cherche à l’oublier. Or, la fonction d’oubli, lorsque l’événement a généré des émotions et sentiments puissants, n’est pas possible instantanément : mon corps, mon esprit et mon énergie sont marqués et ils en gardent les stigmates. Il s’agit d’un psycho-traumatisme. 
La peur entre en jeu dans le quotidien et joue alors un grand rôle. Même si elle n’est pas nommée, même si elle est à peine ressentie parfois, elle est bien présente.
En conséquence, je mets en place des comportements adaptatifs : évitement, réserve, auto-défense/protection, addictions, agressivité, sur-activité etc. Chacune, chacun trouve ses propres systèmes pour ne plus être en contact avec cette partie du « moi » qui a souffert.

Le trauma a d’autres conséquences plus insidieuses sur le développement de ma personnalité
Selon la force du trauma (qui ne dépend pas encore une fois de l’événement en lui-même mais de comment je le vis), un phénomène de dissociation du MOI a lieu, une « fracture » de mon égo.
Je n’écoute plus mes propres désirs.
Je me fabrique un faux-moi (ou des faux-moi). Je joue des rôles selon les sphères de vie.
L’estime et la confiance en soi s’en trouvent abîmées.
La santé psychique et physiologique sont dégradées.
Les conséquences sur soi, sur ses choix de vie, sur les liens avec autrui sont colossales.

Des blessures enfouies non guéries ont une influence sur toute ma vie.

Mental et traumatisme
Le temps n’arrangera rien car mon cerveau, imaginatif, transforme l’événement, en distordant la réalité, en créant des généralisations, des raccourcis de pensée. Ainsi se forme les phobies.

Aparté : le cercle vicieux de l’inconscience

Au cours d’une vie, chaque humain a vécu, vit et vivra des événements traumatisants. Constatons comme nous sommes si peu éduqués et informés sur ce phénomène alors qu’il fait partie de nos vies. Il est assez insensé, même inconscient de laisser l’humanité se développer dans l’ignorance de soi. Combien de souffrances non guéries ? Combien alors de personnes maintenues dans la peur (peur de soi, des autres, de la vie) qui développent un mal être, de l’agressivité, du jugement, des addictions, des comportements violents… ? C’est le cercle vicieux de l’inconscience.
En fait, la plupart des personnes que vous côtoyez dans votre quotidien, même celles avec qui vous vivez, ne sont pas authentiques. Peu de personnes s’expriment avec leurs réels désirs et leurs vrais sentiments et émotions. Les faux-moi se côtoient en permanence.
Quelle est donc ce monde qui fabriquent des comédiens/comédiennes qui ne savent même pas qu’ils/elles jouent ?
Je trouve que c’est la tragédie du monde moderne.
Personnellement, avec les dons qui me sont donnés, je peux ressentir la véritable Essence de chacun(e). Lorsque je rencontre une personne, je perçois très vite combien de couches de faux-moi (de protection) elle a endossé pour se cacher de ses propres souffrances et de sa propre vérité. C’est ainsi que je peux affirmer que peu de personnes sont elles-mêmes, expriment leur vrai MOI. Vivons-nous un mensonge ?

Alors que faire pour guérir de ses blessures ?
Le présent texte est déjà en soi un premier pas vers la guérison car il permet une compréhension, donc une prise de recul. 

SE RECONNAÎTRE – TRANSFORMER LE SCÉNARIO PASSé – SOIGNER SON CORPS

La reconnaissance de sa propre souffrance
Le premier pas vers la guérison est avant tout de se reconnaître dans sa souffrance et d’entendre autant la douleur physique que celle psychique. Nier la douleur serait comme laisser un enfant à l’abandon : il souffre encore davantage.
C’est une phase capitale et indispensable. Le temps joue un grand rôle dans cette phase de RECONNAISSANCE qui peut se produire des semaines, des mois voire des années après les expériences douloureuses. Il est nécessaire d’être déjà suffisamment conscient et apte à vivre son quotidien (travail, enfant, couple etc.) tout en ré-ouvrant des plaies qui peuvent être parfois très dures à revivre.
Faites l’amalgame avec une douleur physique : lorsque vous souffrez d’une rage de dent atroce : la fatigue est présente, le sommeil est altéré, il vous est difficile de penser à autre chose qu’à la douleur omni-présente et de vous concentrer sur vos actions à faire, votre humeur est morose. Votre lien avec les autres est plus difficile.
Eh bien , la douleur psychique a les mêmes effets. La seule différence est qu’elle ne se voit pas, est moins reconnues par l’entourage (jugement) et ne se soigne pas comme une rage de dent. Elle est bien présente cependant. Et il faut continuer à vivre.
Constatez comment la douleur physique est beaucoup plus respectée, entendue, reconnue que la douleur psychologique. C’est étonnant, n’est-ce pas ? En quoi pourtant n’est-elle pas tout aussi dure, complexe, difficile à vivre ? C’est étonnant cette omerta encore aujourd’hui après 120 ans de prise de conscience de l’importance de la psyché sur nos vies ? D’ailleurs, les corps malades ne sont-ils pas des esprits qui souffrent ?

Imaginez-vous que votre mari est allé chez le médecin et en rentrant vous annonce :
– « Chérie, j’ai un cancer.
– Ah. Reposes-toi. Tu veux regarder quel film ce soir ? ». Et vous retournez à vos occupations.

Cela ne vous viendrait pas à l’idée d’agir de la sorte. C’est pourtant la façon dont vous agissez souvent face à vos propres douleurs personnelles. Vous les ignorez. Vous êtes indifférent. Rendez-vous compte de la nouvelle blessure que la non-reconnaissance de vos blessures provoque ?

Et avec la blessure des autres, même scénario : écoutons-nous suffisamment autrui ? (Enfant, conjoint(e), ami(e)s etc.)

Et pourquoi pas cela : 
-« Chérie, j’ai mal au coeur, mon boss m’a pris à parti devant le staff. Je me suis senti humilié. 
– Oh, je suis triste d’entendre ça. Comment te sens-tu ? Tu veux en parler ? (Caresse sur le genou, bras autour du cou etc.).

Bah, oui, manque de temps, courir, faire milles occupations etc. et l’Essentiel, c’est-à-dire soi, passe sous l’escarcelle de milles excuses aussi diverses que variées pour ne pas s’en occuper. S’ajoute aussi une certaine « inhabitude » (pardonnez le néologisme), une pudeur de parler de soi. (voir article Exprimer ses émotions, pourquoi est-ce si difficile ?)

La reconnaissance de sa propre souffrance par soi et par autrui (ceux et celles que nous aimons particulièrement) est LE médicament de premier secours par excellence. Quand allez-vous vous entraîner à l’utiliser ?

La parole libératrice
La parole est libératrice et l’écoute encore davantage. Il est important de revenir sur les « faits » avec un regard lucide sur les situations. Sans victimisation ni culpabilité. Oui, cela demande du courage. Le but est de ré écrire son histoire, de la percevoir autrement, de « mettre à jour les données ». Ainsi, je peux aussi trouver du sens et « sublimer » les vécus douloureux.

Le passé ne peut pas être modifié mais l’idée que l’on s’en fait oui.

Guérir son corps
De la même façon que vous soigneriez votre rage de dent avec antibiotiques ou autres médicaments, le corps se soigne. Les soins corporels (énergétiques) aident à libérer les mémoires. Seuls, ils ne peuvent permettre une guérison totale. Car mettre des mots et trouver du sens à son vécu est nécessaire, il l’est d’autant plus que les actes ont été violents. Cependant la parole, seule, dans les cas de traumatismes violents, ne suffit pas non plus. Il existe pléthores aujourd’hui de soins (EMDR, soins énergétiques, acupuncture etc.).
L’idéal est le soin à la fois corporel, psychologique et énergétique car il touche à l’être dans son entier.

 

Soigner ses blessures est Essentiel pour recouvrer le bien-être
La libération des douleurs du passé permet une réelle expression de soi pour vivre sa vie telle que notre Essence nous y convie. Le jeu en vaut donc la chandelle.

La paix retrouver en soi implique une paix avec les autres.
L’école du soi préconise d’aller vers la connaissance et la compréhension de soi car nous sommes et demeurons notre meilleur médecin. Le/la thérapeute n’est qu’un vecteur pour vous aider à développer vos propres capacités pour vous soigner et retrouver la paix. Ce qui garantit le libre-arbitre.
Tous et toutes avons en nous des douleurs, celles et ceux qui y fond fassent sont les « chevaliers de la lumière » car soigner ses blessures profondes demande temps, investissement et témérité. Cependant, visiter et s’ouvrir aux tréfonds de son âme pour en découvrir toute la magnificence et l’infini ne serait-il pas un des buts de notre présence terrienne ?

Ecole du soi, se connaître pour vivre libre !

Vous qui souffrez, ne demeurez pas avec vos douleurs : bienvenue@ecoledusoi.com
Partagez si cet article vous a plus, il peut toucher des personnes qui en ont besoin.

Avec énergie et compassion 

Par |2017-12-28T17:56:10+00:00décembre 26th, 2017|Blog|1 Comment

Un commentaire

  1. […] à laquelle elles sont rattachées, chacun vit l’intensité à sa façon / Lire Faire la paix en soi : soigner ses blessures profondes). Le temps est un facteur nécessaire dans la guérison et l’accueil de sa propre tristesse. […]

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