Exprimer ses émotions et sentiments, pourquoi est-ce si difficile ?

Exprimer ses émotions et sentiments, demander de l’amour, de l’écoute, de la reconnaissance à sa famille, ses ami(es), son/sa collègue est en soi une action relativement simple : il suffit de coordonner ses pensées puis de respirer, d’ouvrir la bouche, de faire vibrer ses cordes vocales par des mots. En somme parler. Simple.

Et pourtant, s’il est aisé de raconter sa journée au travail ou ses vacances, exprimer ses désirs intimes, ses sentiments, ses mécontentements à autrui relève presque de l’exploit.

Pour les personnes comme moi, « hyperesthésiques » ou hyper sensibles (Lire l’article Etes-vous hypersensible ou hyperesthésique ?)il n’est pas possible de ne pas exprimer encore moins vivre ce que je ressens. Ce serait comme ne plus respirer, donc mourir un peu. Je constate aussi comment quand je dis ce que je ressens, l’autre peut se sentir mal à l’aise, décontenancé, perturbé, comme si je parlais un dialecte chinois. Il ne sait pas comment réagir, comme si tout à coup un afflux émotionnel qu’il soit joie, tristesse, colère ou peur, est un phénomène étranger, un extra-terrestre venu d’un autre monde.
Nombreuses sont les personnes qui tentent soit de cacher leurs ressentis, soit de les tenir enfermés et même pire de se les cacher à soi-même.
Je constate combien, dans mes séances, des personnes souffrent de ne pouvoir simplement dire ce qu’elles ressentent : « Je suis triste », « Je suis en colère », « Je vis un moment difficile » etc.
Ce manque d’authenticité dans l’expression de ses émotions a des conséquences considérables sur le bien-être physique et psychique. 

Les humains marchent sur la lune, communiquent à la vitesse de l’éclair dans le monde entier grâce à un mini support qui tient dans la poche et ils ignorent la richesse de leur monde émotionnel. (Lire l’article Comment extérioriser ses émotions ?)

 Pourtant plus que toute avancée technologique, les émotions (Joie, peur, colère, tristesse) et les sentiments (Amour, jalousie, honte, culpabilité, compassion, gratitude etc.) constituent notre vraie richesse, car elle sont notre MOI profond.
Comment donc les humains renient-ils à ce point leur Essence Propre ?

L’éducation
Je rêve d’un monde où la connaissance de ses émotions seraient enseignée dès l’enfance. A l’école par exemple. Tout comme lire, écrire, compter n’est pas inné, connaître le fonctionnement de son monde intérieur émotionnel et sentimental s’apprend. Le monde prendrait soudain un autre visage si chaque humain savait mettre des mots sur ses ressentis.

Si chaque enfant se familiarisait dès l’enfance à son univers intérieur, adultes, ils sauraient mieux s’exprimer et donc vivre.
A quand l’école du soi dans les écoles ? 🙂

Or, que se passe-t-il ? Au contraire les émotions sont fustigées. Bannies. « Pleure pas, tu es un garçon » (Quelle catastrophe). « Pleurer, c’est être fragile ». « Se mettre en colère, c’est mal ». « Tu ris trop fort ». Voici ce que l’on enseigne aux enfants !
Les conséquences sont claires : l’individu apprend à refouler ses émotions. Et les émotions sont, avant tout, des réactions corporelles donc elles ont un impact sur la santé psychique ET physique. Elles sont certainement énormément à l’origine de beaucoup de maladies.

La société fabrique des êtres handicapés des sentiments. En conséquence, la société est malade.

L’habitude
De fait, adulte, chacun, chacune sera habitué(e) à vivre en exprimant qu’une toute partie de soi. Les peurs, les colères sont au tréfonds des âmes. Et le moi tente de tourner autour, de faire « comme si ». Et rien ne change. Sauf, un événement douloureux qui peut justement réveiller ses émotions « endormies » et faire l’effet d’une bombe à retardement : en effet, une personne non préparée à une décharge d’émotions et de sentiments refoulés peut se sentir extrêmement perturbée. D’autant plus que les raisons qui ont provoquées ses émotions ne sont plus connues du mental. Tout se mélange, passé-présent-futur. (Les dépressions peuvent en être la conséquence).
A la mort de son père, Carole veut rester « forte » pour soutenir sa mère très triste. Carole n’écoute pas sa propre tristesse. Quelques mois après, son chien meurt. Et là, contre tout attente, elle s’écroule. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle pleure beaucoup, elle s’arrête même de travailler car elle se sent épuisée.
En fait, Carole pleure à la fois son chien et aussi son père qu’elle n’a pas assez pleuré. La peine est double. Inutile de prendre des anxiolytiques, Carole n’est pas malade. Son corps et son esprit ont besoin d’accepter ses deux événements très douloureux qui changent radicalement sa vie.

La peur de la réaction d’autrui
Dans ce monde « aseptisé » émotionnellement, exprimer ses ressentis à une autre personne, est mal perçu.
Exemple : « Je suis en colère contre toi parce que je ne me suis pas senti(e) soutenue par toi dans ce moment-là ». Ouhla ! Que n’ai-je pas dit là ? Aurais-je donc commis un crime de prononcer ses paroles ?!
Souvent nous ne sommes pas « formé » à accueillir ce type de paroles authentiques. Lorsque nous ne sommes pas formé(e)s à la connaissance de soi, ce type de parole fait l’effet d’une guillotine. En fait, il s’agit simplement de l’expression d’un ressenti à un moment donné.


Il est important de savoir que la caractéristique première d’une émotion, c’est qu’elle est ÉPHÉMÈRE. L’exprimer ne remet pas en cause la relation entre les deux personnes. Elle exprime un fait à un moment donné. Elle ne condamne pas l’autre, ne le juge pas.
C’est important d’apprendre cela : quand une personne m’exprime qu’elle est en colère contre moi. Je l’écoute. Je ressens ce que cela me fait. Je ne remets pas en cause toute ma personne. Je constate dans les faits si mes actes ont pu blessée la personne et au besoin, je m’en excuse. Des situations simples au départ peuvent être très vite dénouées en apprenant à prendre du recul sur celle-ci.
La deuxième caractéristique de l’émotion est que si elle est exprimée au bon moment, au bon endroit, à l’encontre de la bonne situation, elle s’évapore comme neige au soleil. (Et non gardée comme dans le cas plus haut de Carole).

L’acceptation, le pardon
L’inconscient collectif transporte un concept qui assombrit terriblement les liens : la polarisation de l’individu. Il est dit bon ou mauvais. La vision est très réductrice et on imagine pas à quelle point elle mène à la souffrance. Comment peut-on étiqueter un individu de bon ou de mauvais ? Sur quels critères ? Sur quels actes ? La vérité n’existe pas en cette matière puisqu’elle va se fonder sur un jugement subjectif.
La vision binaire de l’individu qui nous vient tout droit du judéo-christianisme soutenu fortement par la culture américaine, a pour conséquence de condamner chaque acte que nous faisons qui peut blesser autrui. Or, à chaque instant, tout un chacun porte atteinte au bien-être d’autrui et ce, sans même le savoir parfois. Une parole, un silence, un regard, un geste ou un non-geste et je blesse autrui. Dans la rue, dans mon foyer, dans mon entreprise, dans mon cercle d’ami.
Est-ce que cela fait de moi une personne mauvaise ? Non. Juste un humain imparfait. Comme les milliards d’humains qui peuplent cette planète.

Ainsi, si une personne blesse par des paroles ou des actes, est-il alors possible d’accepter et de pardonner ? C’est aussi dans ce pardon pouvoir s’accepter en tant qu’être imparfait et cesser la culpabilité et la honte de chacun de mes gestes.

Penser pour l’autre
C’est un réflexe que tout le monde peut avoir : « Je ne peux pas lui dire que je suis en colère contre lui, il ne le supportera pas »  ou encore « Elle est trop fragile en ce moment pour lui dire que je veux la quitter ».
= Des excuses. Des excuses. Des excuses.
Je pense à la place de l’autre. A moins d’être un devin extrêmement puissant, personne ne peut savoir ce qui se cache dans les méandres du coeur de l’autre. Ainsi, pour ne pas avoir à exprimer ses ressentis, je projette ma peur sur l’autre.
En plus, en faisant ainsi, j’enlève son propre pouvoir à l’autre. Je ne le pense pas capable de vivre tel évènement. Quel machiavélisme j’invente pour ne pas m’exprimer !

J’en parle à quelqu’un d’autre
Soyez sincère avec vous-même : combien de fois êtes-vous allé(e)s vous plaindre à une personne de ce qu’un autre vous a fait ?

Plutôt que de parler de mes sentiments, de mon vécu à la personne concernée, j’en parle à une tierce personne. Soit cela peut soulager, mais lorsqu’il s’agit de juger ou critiquer la personne et de s’en plaindre, ces actions n’ont absolument aucun effet thérapeutique et cela ne résoudra en aucun cas le lien.
Les entreprises ont la palme de ce type de comportement d’évitement. Peut-être parce qu’au sein de l’entreprise (certaines), l’émotion est encore davantage une omerta. L’organisation de l’entreprise est crée comme si les personnes étaient insensibles. Comme si les collaborateurs/trices étaient des robots qui doivent assurer chaque jour leur travail. (Ce ne sont pas le cas de toutes les entreprises, mais il demeure encore beaucoup à faire sur le sujet).
*Ainsi, sont niées les histoires d’amour qui peuvent se nouer. C’est garder secret. Alors qu’un grand pourcentage des couples se forment sur le lieu du travail. Logique, on y passe du temps.
*Avez-vous déjà remarqué ce phénomène étrange ? Lorsqu’une personne est recrutée, elle est choisit par une personne externe au service (RH ou directeur) non pas par les personnes avec qui elle va oeuvrer, alors qu’elles vont passer du temps ensemble. C’est oublier un fait capital : de la qualité du lien dépendra la qualité du travail accompli. Comment peut-on encore omettre ce fait indéniable ?!
*La personne qui vit une dépression est mal jugée. Elle va être étiquetée de « fragile » donc peu apte au travail.

Ces faits démontrent à quel point le monde est encore peu familiarisé avec les sentiments et les émotions. Comme le disait Einstein : « Peu voisent avec leur propre yeux et ressentent avec leur propre coeur ». 

Chacun exprime ses ressentis. Oui, ça peut « chauffer » à un moment donné. Mais en fin de compte, l’authenticité est gagnante.

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Imaginez si chaque fois que nous avons une difficulté, un problème, chaque personne parviennait à dialoguer avec les personnes en question. Ok, il peut y avoir dispute, incompréhension. Mais si en fin de compte, au lieu de juger, d’être jaloux, de se venger, elles apprennent à dialoguer, à s’écouter, se comprendre, accueillir leur souffrance, l’accepter et enfin pardonner, le monde ne cesserait pas ces guerres absurdes mais tout de même, je suis persuadée que cela pourrait rendre les personnes plus heureuses grâce à des rapports plus sains. C’est aussi moins de malades (ce qui ne va pas plaire aux groupes pharmaceutiques

 

 

Alors êtes-vous prêt(e) à apprendre la liberté de connaître, d’accueillir et d’exprimer vos ressentis intérieurs ? Etes-vous prêt(e) à vivre réellement votre vie ? Oui car vivre sans ses émotions, c’est passer à côté de soi. Pas moins que cela.
Pourquoi ? Parce que :

*Les émotions sont ce qui nous met en mouvement : ma joie, mon plaisir me guide vers ceux/celles que j’aime, vers ce que j’apprécie de faire. Elles m’invitent à la prudence (peur) du danger.  Elles m’annonce l’injustice (colère).
*Elles racontent chacune de mes expériences. Qu’est-ce que je garde d’un souvenir ? Les lieux, les personnes qui nous entourent certes mais, avant tout, mes ressentis. La nostalgie des souvenirs d’enfance, l’amour des parents. Mon mariage parce que j’ai ressenti une grande joie. La perte d’un être cher car j’ai beaucoup pleuré.
*Elles vibrent en nous et à l’extérieur de nous. Elle sont un langage qui part delà les mots nous met en lien les uns avec les autres.
Les émotions et nos sentiments sont aussi les portes de notre âme. Elles sont notre emprunte, ce que nous emmenons au-delà de notre mort.

L’école du soi veut vous permettre d’ouvrir les portes de votre âme.

Des webinaires vont être organisés sur la thématique des émotions,
renseignez-vous sur ecoledusoi.com et recevez la newsletter pour obtenir toutes les nouvelles fraîches.

Renseignements : bienvenue@ecoledusoi.com

 

Par |2018-01-12T14:06:13+00:00novembre 11th, 2017|Blog|2 Commentaires

2 Comments

  1. […] Précédent […]

  2. […] L’ennui, c’est que les ouailles qui pensent tout savoir, utilise mal l’outil ! (Voir article Exprimer ses émotions, pourquoi est-ce si difficile ?). […]

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