Comment se détacher du regard de l’autre ?

Nous vivons dans un « bocal humain » et nous avons tous besoin les uns des autres. Plus encore, nous dépendons les uns des autres. Alors forcément ce que pensent mon voisin, ma mère, ma/mon meilleur-e ami-e etc. de moi, de ce que je fais a une influence sur moi. Son avis m’intéresse et je le prends car il peut nourrir le mien.

Cependant quand l’avis et le regard des autres me déstabilisent, me mettent mal à l’aise, pire m’empêchent de réaliser mes projets, de faire des sorties et autres activités, dans ces cas, il est bien utile de revoir ce qu’il se joue en moi et de modifier des constructions internes.

L’autre, un être différent

A travers les informations que je reçois de façon extra-sensorielle en séance, en tant qu’accompagnante,  je peux vraiment me figurer que chaque être a ses constructions singulières. Cela me demande de ne pas tenir compte de MES propres constructions afin de recevoir des modes de pensées, fonctionnements qui me sont inconnues. En quelques sortes accompagner une personne, c’est pour moi me plonger vers l’inconnu !

Si nous pouvions mettre en lumière de façon pragmatique les différences et donc la singularité de chaque individu, nous pourrions voir comment chaque personne pense, ressent, exprime ses désirs d’une manière si unique. Nous comprendrions que vivre ensemble est un vrai challenge et accomplir des choses ensemble une magie !

Ces différences ne se voient pas au premier coup d’œil et se conscientisent encore moins car, en apparence, nous avons tous un corps qui a plus ou moins les mêmes membres, sens, (si diverses dans ses formes aussi). Nous naissons d’un père d’une mère et allons tous irrémédiablement vers la mort.
Ne nous y trompons pas, à l’intérieur de ce cadre, dans la part invisible de nous-même,  se nichent des histoires, des modes de pensées, d’expressions du désir toutes aussi riches que variées et infinies. La richesse du psyché humain est  immense et vertigineuse !

 

 

Accueillir le paradigme de la différence

Je remarque que peu de personne englobe le paradigme de la différence avec une conscience élargie. « Oui, je sais que mes deux enfants sont différents, je le vois bien », « Mon frère et moi n’avons pas du tout les mêmes goûts culturels ». Ces écarts entre moi et l’autre sont validés.

Même forme externe, unique à l’interne

Mais lorsque l’autre annonce sur mon compte une affirmation, une critique ou me fait une remarque sur ma coupe de cheveux, mes choix de vie, mon travail…, nous pouvons être déstabilisé-es et touché-es car nous oublions très vite que l’autre exprime un avis à travers son prisme personnel qui n’est qu’une vision intime et singulière !
Et, chacun a le libre-arbitre de s’exprimer. Et comme l’autre ne peut absolument pas savoir ce que je ressens, ce que je vis en mon for intérieur, alors je suis tout aussi libre de lui en faire part si ça me chante !

Elisabeth, 34 ans : « Ma mère dit que je devrais moins choyer mon fils, qu’il faut qu’il apprenne de lui-même à s’endurcir ». Et Elisabeth se sent en colère. Elle ne lui dit rien de peur de la vexer.

L’autre, un miroir de moi ?

Je ne dirais pas un miroir car littéralement un miroir me renvoie l’image de moi et, comme dit, l’autre n’est pas moi. En revanche, l’autre me donne de l’information sur moi, plus subtilement, il m’informe de ce qui n’est pas accessible à mon conscient et qui se situe dans l’espace inconscient de moi-même. Ce n’est pas la parole en elle-même qui est à prendre en compte, mais l’effet émotionnel et mental qu’elle a eu sur moi.

Reprenons le cas d’Elisabeth : ce qui l’a touché n’est pas ce que sa mère dit. Mais ce qu’elle a ressenti. Il s’avère qu’Elisabeth se demande toujours si, en tant que parent, elle prend les bonnes décisions, elle fait juste pour son fils. Elle doute d’elle en tant que mère. Il suffit donc de recevoir la parole d’une personne externe (qui est plus est un lien à haut potentiel affectif) pour être déstabilisée et se sentir blessée. En fait, l’affirmation de sa mère ne fait que réveiller un doute dont elle n’est pas consciente. Ainsi, Elisabeth peut mettre EN LUMIERE sa part de doute en tant que mère et l’améliorer en  s’auto-rassurant ou en en parlant en séance.

Lorsque je suis touché-e par les mots d’autrui (de façon agréable ou désagréable),
j’obtiens de l’information sur une personne très importante et géniale : MOI !

La colère (ou agacement) contre l’autre

La colère, dans ces cas-là, arrive souvent et il est aisé d’en vouloir à l’autre. Parfois elle est justifiée car les paroles, le ton peuvent blessés. La notion de respect reste de mise et si tel n’a pas été le cas, il s’agit de le formuler « Je me sens blessé-e, mal à l’aise par ce que tu me dis ». Car nous ignorons quel est l’impact de nos paroles, nos intentions, nos comportements sur les autres.

Informer l’autre de ce que je ressens, il ne peut pas le deviner.
Je crée alors des relations saines et authentiques.

Même si sur l’instant, je n’ai pu dire ce que j’ai ressenti, rien n’empêche d’y revenir.

Si la colère dure, elle peut être un paravent pour ne pas voir/ressentir en nous-même ce qui ne va pas, ne pas voir une vieille blessure. Une honte ou une culpabilité peuvent aussi se cacher là. C’est ainsi que le vécu avec autrui est un RÉVEIL DE NOS MÉMOIRES RANGÉES DANS L’INCONSCIENT.

L’autre, une mine d’informations sur moi !

Ainsi, que ce soit votre pire ennemi ou votre meilleur-e ami-e, autrui est une source inépuisable qui permet d’accéder à votre inconscient. Vu sous cet angle, le lien à l’autre qu’il soit professionnel, amical, amoureux n’est-il pas une richesse ?

Ce qui fait très justement dire à Roland Barthes :
« A chaque instant de la rencontre, je découvre dans l’autre un autre moi-même »

Ainsi, quand l’autre me dit quelque chose et que je suis touché-e, je regarde en moi et vais me visiter.

La diversité humaine est une richesse

Le jugement : un mur qui me sépare de l’autre

Le jugement sur autrui « Il est nul » « Elle est méchante »etc. n’a aucune utilité. Le monde n’est pas binaire et les comportements ne répondent pas à des règles basées sur « gentil ou méchant ». Nous sommes tous guidés par nos désirs profonds et parfois cachés à notre conscient et la plupart de nos choix, nos gestes, particulièrement spontanés et instinctifs répondent à des lois beaucoup plus complexes liées à de multiples facteurs : histoire, éducation, lien avec les autres, désirs, envies, peurs etc.

Juger l’autre sur un ou quelques comportements revient à voir
une immense plaine plane et dire que la terre est plate !

Cette vision de l’humain comme un être riche et vaste permet de prendre du recul sur les comportements d’autrui, de mesurer la parole et le jugement que les autres portent sur moi.

Les frontières qui me séparent de l’autre 

Quand je reste trop influencé-e ou touché-e par ce que disent les autres sur mon compte, il se peut que mes frontières internes ne soient pas suffisamment claires. Ces frontières indiquent que je ne suis pas l’autre et que l’autre n’est pas moi. Parfois, ces marques n’ont pas été clairement établies dans l’enfance et restent encore poreuses à l’âge adulte.
Les raisons sont multiples :

– parents qui englobent leurs enfants dans un groupe sans prendre en compte chacun individuellement,
– la maltraitance verbale ou physique, les abus sexuels = tout fait qui génère de grandes peurs, des traumas
– un manque d’encadrement, de sécurité,
– une adolescence non accomplie,
– autres.

La peur profonde qui génère un manque de sécurité, d’estime de soi et de confiance est une grande source de frontières internes poreuses. Je pense que je dépends encore des autres ou inconsciemment d’un parent fantasmatique, dont j’attends qu’il me guide, me rassure ou me dise si c’est juste ou faux. Je suis alors très sensible au regard d’autrui et j’attends même  (inconsciemment) qu’il me dise quoi faire, comment faire. C’est un faux besoin qui pourra attendre encore longtemps pour être comblé.

 

Je marque le contour de moi-même

Cela ne signifie pas que je n’ai plus besoin des autres. cela signifie que je prends en compte qui je suis et que j’aime ce que je suis. Je trouve aussi en moi un espace de sécurité, une maison solide avec des fenêtres et des portes que j’ouvre quand je l’ai décidé. Ainsi, ce que fait le voisin dans sa maison n’est pas mon affaire !
Ceci est souvent un long chemin qui peut durer toute la vie. Personnellement, j’y travaille sans cesse !

Marquer son territoire intime est assurément un vrai chemin de libération et de bien-être !

Rejoignez-moi sur facebook !

Par |2019-07-17T17:09:25+00:00février 2nd, 2019|Blog|Commentaires fermés sur Comment se détacher du regard de l’autre ?