Comment gérer la colère ?

Dans beaucoup de domaines, lorsque nous comprenons l’origine et le fonctionnement des éléments, nous pouvons mieux les vivre. Objectif de l’école du soi, mieux se connaître pour se libérer ! Hop ! C’est parti pour de nouvelles découvertes : ici la colère… oupf ! Parmi toutes les émotions, la colère est pour moi une émotion si riche, qu’à elle seule, elle pourrait noircir mille pages. Elle porte l’histoire de l’humain : elle évoque sa complexité, ses paradoxes, ses combats intrapersonnels et interpersonnels.
Fortement critiquée, étiquetée « malsaine » dans notre société dite moderne qui tend à la fustiger, à la contenir et l’annihiler, j’aimerais donner à la colère un autre angle d’approche et lui donner une nouvelle légitimité et sa place aujourd’hui dans notre société de liens réels et virtuels mondialisés et complexifiés.

C’est certainement la forte volonté humaine de la percevoir et la vivre comme une ennemie destructrice qu’elle en devient dangereuse.

<> Qu’est-ce que la colère ?
La colère se classe parmi les émotions dites de base comme la joie/le plaisir, la peur, la tristesse, le dégoût, la surprise. Les émotions sont des réactions physiologiques agissant comme un système informatif très puissant qui a son propre langage, utile, entre autres pour s’adapter à son environnement.  (Utilité des émotions, vous pouvez relire Comment gérer mes émotions ?). De base, disais-je, car ces émotions constituent les réactions premières du corps dans la plupart des situations du quotidien. Elles sont notre arc-en-ciel émotionnel principal. Les émotions ont la particularité d’être éphémères lorsqu’elles sont sainement entendues et vécues. Un sentiment est aussi une action physique, chimique et énergétique qui, lui, peut demeurer dans le temps (Amour, honte, jalousie, haine, béatitude, compassion, gratitude, mépris etc.).

<> Les réactions physiques de la colère
Il est important d’identifier sa colère. Chacun aura des ressentis singuliers. Pour généraliser de manière simplifiée, la colère génère une accélération du rythme cardiaque, une oxygénation des muscles et du cerveau, des réactions chimiques comme la fabrication d’adrénaline, une sur-acuité des sens (Liste non exhaustive). Ces changements corporels visent un but : donner de la puissance au corps et à l’esprit.

Sophie décrit sa colère :  » Une sorte de chaleur m’a pris au ventre, est montée jusqu’à la tête en un quart de seconde. J’ai cru que j’allais exploser ». Hulk, le héros de Marvel est une métaphore appropriée : chaque fois que le personnage vit une situation qui lui fait ressentir une colère, il se transforme en une créature très musclée, immense, puissante et dotée d’une force colossale capable de détruire des buildings. Un Hulk peut se cacher en tout un chacun. Elle peut mener à dire des paroles ou commettre des actes insensés qui blessent autrui (souvent les personnes que nous aimons). S’installent alors des regrets, la culpabilité (Voir article « A quoi sert la culpabilité« ) et une fâcheuse baisse de l’estime de soi qui mène au mal-être. D’où l’intérêt de mieux la comprendre pour mieux l’utiliser.

La colère confère une énergie puissante instinctive qui peut être destructrice.
= nous pouvons comprendre à ce stade les raisons qui font que la colère soit fustigée et condamnée.

Le but est, comme dans les arts martiaux, d’apprendre à maîtriser cette énergie
pour qu’elle devienne, plutôt que destructrice, informative et constructive.

Revenons d’abord à la source, mieux comprendre la colère…

<> Les origines de la colère : la défense du territoire
Du plus petit quark, à la plus petite cellule jusqu’aux ensembles plus vastes, sur notre planète, toute vie est connectée à celle des autres. Il s’avère que cet « autre » peut être mon ennemi, à savoir celui qui me mange. Pour survivre au sein de cette vie « ensemble », les éléments du vivant ont besoin d’un environnement sécuritaire et adéquat, un espace personnel pour se protéger d’éventuelles attaques. Comme la survie est inscrite dans la fonction vitale du Vivant (homéostasie), les espèces vont développer des fonctions utiles pour la défense de leur territoire.
Je veux ici sous-tendre une idée qui m’est propre : la fonction saine de la colère pourrait être née de l’utilité de défendre son territoire, de faire respecter son espace de vie, mon évolution et partant de mon bien-être. Elle est une forme d’expression du droit de propriété dont tout être vivant est détenteur.
Ainsi, la lionne défend ses petits avec vélocité parce qu’elle veut les voir grandir.
Quand les chasseurs-cueilleurs voyaient le fruit de leur chasse dévoré par les loups affamés, ils ont rapidement compris qu’il fallait défendre leurs victuailles et attaquer les malveillants voleurs.
En toute logique, on comprend les raisons de la colère : elle est une alarme « Attention ! Propriété en danger ! ». Le corps développe alors des ressources de puissance décuplées qui donnent la force de défendre sa zone personnelle.

Notons en filigrane que beaucoup de guerres prennent leur source d’un désaccord territorial. Le philosophe Michel Onfray explique les raisons à de nombreux conflits « Parce que ce sont des questions de territoire. Je suis chez moi et je vais te déloger de chez moi ». Conférence « Pourquoi y a t-il tant de violence ? » 27/07/2017  Citons des exemples (Guerre Alsace-Lorraine, 39-45, Palestine/Israel etc.).

 

<> La colère = un système d’informations de haute technicité
Partant, la société s’est depuis complexifiée, l’humain s’est doté de capacités d’élaborer des pensées, de fabriquer du langage. L’humain ne va plus se mettre en colère contre les loups mais pour bien d’autres raisons plus complexes. Ses raisons sont toujours liées au droit de propriété sous un angle élargi.

Aparté : la signification de « territoire » ?
Le « territoire », en développement personnel, englobe plusieurs concepts, il est :
* mon espace de vie physique ainsi que les objets qui m’appartiennent (Maison, voiture, bureau etc.) = si une personne détériore, casse ou vole une chose qui m’appartient, la colère alerte que mon territoire est en danger,
* mon territoire « MOI » : ma légitimité d’être, de penser, d’agir. Le territoire « MOI » englobe mes proches (Famille, ami(e)s, celles et ceux que j’affectionne) = le territoire est aussi affectif, sentimental, psychologique et idéologique.

<> L’émotion de colère est donc un système très efficace pour m’informer qu’autrui porte atteinte à :
mes frontières personnelles physiques  : ce qui m’appartient comme la maison, mes objets, mon corps, le corps de mes proches etc. 
mes zones personnelles idéologiques : mes idées, mes concepts, mes pensées  (« Je ne suis pas d’accord avec toi »). Les débats politiques en sont une preuve, l’idéologie des uns ne se marient pas avec celle des autres ce qui crée des tensions et conflits. Ainsi la colère arrive lorsque je ne me sens pas écouté-e, je ne me sens pas reconnu-e (suivi de frustrations), je vis comme une « négation » du moi.
mes valeurs : la valeur est un socle sur lequel je fonde mes actions, ce vers quoi je tends, ce qui me porte, donne du sens à mes actions (Comme l’humanisme, la réussite, la justice, la compassion etc.) : lorsqu’une de mes valeurs est bafouée par autrui, la colère pointe son nez à tout coup ! Surtout l’écouter car elle guide, elle donne des informations claires sur le fait que je vis une situation qui n’est pas en adéquation avec mes valeurs, avec mes idées. Elle m’informe que je ne suis peut-être pas forcément à la bonne place, au bon moment.

Ainsi, la colère porte en elle la prospective d’être respecté-e par autrui, d’exprimer mon libre-arbitre afin de vivre en sécurité dans mon espace.

Colère = je me demande
Quelle(s) injustice(s) je vis ?
Quelles sont les valeurs qui sont mises à mal ?

Quand un conducteur se gare sur la place de parking qu’il attendait depuis quelques minutes, Pierre ressent de la colère = pour lui, il avait attendu, c’était donc SA place, un autre le lui a volée.
Carole est très en colère, elle n’a pas eu la promotion qu’elle convoitait depuis des mois et pour laquelle elle avait investi beaucoup de temps et d’énergie. Elle a sacrifié des weekend en famille pour cela. Elle ressent un fort sentiment d’injustice = pour elle, ce poste devait lui revenir de droit, elle se l’était déjà attribué comme son territoire.
Philippe, comptable, est en colère contre son patron qui a une façon toute personnelle de manier les chiffres = ses valeurs d’honnêteté et de justice sont mises à mal.
Isabelle est en colère car son mari n’a pas fait les courses comme elle le lui avait demandé = le territoire « tâches ménagères » est à partager étant donné que Isabelle et son mari partagent le même toit.  Ici la colère naît d’un déséquilibre de partage du territoire.

<> Quand la colère raconte l’histoire de besoins et désirs non comblés
C’est un point très important à connaître sur la colère. Lorsque des besoins (Appartenance, reconnaissance, amour, sexualité etc.) ne sont pas satisfaits, le corps crée une frustration (= manque). Lorsque ce manque n’est pas reconnu, il peut mener à une colère qui, la plupart du temps, est déviée de sa raison première et réelle. Il s’agit de la déviance de la colère.
Eva se met fortement en colère contre son mari parce qu’il ne range pas ses
chaussures. = la cause ne nécessite pas en soi un déchaînement de colère. En fait, Eva est triste depuis quelques temps car son mari ne lui a pas dit « je t’aime » depuis de nombreux mois. La colère est un appel au secours « Hé ho ! Je suis là, aime-moi ». La colère peut aussi cacher une frustration sexuelle.

L’humain occidental s’est déconnecté du corps, siège de l’expression des besoins, pour se fondre dans un mental qui ne peut à lui seul réguler naturellement ses désirs. Alors que le désir premier est un guide bien plus juste et sain. Les orientations de l’essence du désir qui apportent le bien-être sont beaucoup plus simples qu’on ne le croit. Une chose est certaine, c’est que ce bien-être ne se trouve pas en dehors de nous mais en nous.

Si vous ressentez des colères (régulières) contre des objets ou personnes, sans fondement d’injustice, il s’agit probablement d’un besoin à combler. Dans ce cas-là, une thérapie ou un accompagnement sont utiles pour découvrir ses manques qui ne sont pas toujours aisés à détecter seul-e.

Apprendre à vivre en connexion saine avec ses besoins et désirs, savoir les entendre, vivre la sensation de manque, les formuler et les combler permet de calmer voire même de faire disparaître toute colère. (Demander le « dida » Les besoins, un point essentiel à bienvenue@ecoledusoi.com)

Je parle de déviance de la colère également car je crois que c’est notre société qui a créé ces frustrations. Elle ne vient pas forcément d’un état inné et naturel du Vivant (simple supputation, je n’ai pas toute la notice explicative du Vivant !). La consommation à outrance a créé une zone réflexe mentale « désirs et besoins » plus intense. Et comme besoin est insidieusement relié au bien-être : si je ne possède pas cette voiture, si je n’ai pas cette promotion (Et si, et si, et si)  je ne suis pas heureux-se. Cela crée alors plus de frustrations, donc plus de colères.

Ainsi vérifiez avec vous-même : combien suis-je en colère ? Combien suis-je frustrée ? De quoi ai-je besoin ?
En quoi cette « chose » m’est-elle utile ? Qu’est-ce que je peux mettre en place pour l’obtenir ?

<> L’émotion de l’émotion
Pour reprendre la métaphore « Hulk », elle illustre l’effet « volcan » de la colère mais aussi un de ses aspects plus subtil. Le personnage fuit les situations qui déclenchent la colère, car elles le mènent à la violence. Il a peur de sa propre colère : l’émotion de l’émotion.

Il est inutile de douter du ressenti de colère, encore moins d’en avoir peur. S’il est là, c’est qu’il signifie et informe que quelque chose ne va pas en soi dans une situation donnée. Il est encore moins utile de se juger, de se critiquer « Je suis une mauvaise personne si je ressens de la colère ». Cela ajoute une autre émotion à l’émotion primaire et c’est la porte ouverte à l’angoisse. La colère est une émotion, elle est absolument naturelle, vouloir la combattre et la refouler provoque l’effet inverse : elle se retourne contre soi (Sabotage, baisse de l’estime de soi).

Quand j’ignore ma colère, je me fais du mal à moi parfois

Avoir peur de sa colère, c’est aussi avoir peur de la part « animal », « instinctive » qui est en tout un chacun. Plus cette part est ignorée, plus elle devient comme un animal longtemps enfermé en cage et qui se retrouve libre, il décuple ses forces et devient violent.

NB : la colère chez l’enfant : pour les parents, un enfant en colère régulièrement peut être le signe qu’il/elle manque d’intérêt, d’amour, ou vit une situation de peur, d’insécurité. Elle est un bon système d’alarme. L’enfant n’a pas le moyen d’exprimer ses ressentis alors il « crie » sa douleur. Aux parents alors d’observer, de parler avec l’enfant, de le rassurer et si possible les raisons profondes des colères de l’enfant.

<> Colères refoulées = santé en danger
Oui, j’affirme que lorsque des colères sont refoulées (ou toutes autres émotions d’ailleurs) depuis longtemps – ajoutées à d’autres facteurs physiques et émotionnels – elles peuvent aussi être à l’origine de maladies, de mal-être et mener à une dépression. La médecine allopathique n’a pas encore assimilé ce fait. Il serait temps qu’elle se mette à jour.
La colère, comme toutes les émotions, se traduit par des réactions physiques, chimiques et énergétiques puissantes. Lorsque ses réactions sont « bloquées » par le mental et que les substances chimiques ne peuvent pas être libérées, elles demeurent dans le corps et provoquent des douleurs.

Colères exprimées à tort ou mal = regrets, baisse de l’estime de soi, diminution de la confiance, peur de réaliser ses projets.
Colères refoulées ou non exprimées = douleurs physiques, maladies, mal-être, perte d’énergie, neurasthénie chronique, dépression

Donc, savoir entendre et accueillir la colère comme une information sur ce que je vis, c’est vivre plus sainement et en meilleur santé. Certes, apprendre ce fonctionnement dès le plus jeune âge permettrait à de nombreuses personnes de vivre mieux.

<> Quand la colère cache des peurs
Colère et peur sont deux réactions physiologiques étroitement liées. La plupart du temps, la colère succède à une peur qui, subtile, s’est tapie au fond de soi et n’est pas entendue.
4 réactions à la peur : l’attaque (colère), la défense (colère), la fuite ou l’évitement, l’immobilisation (Tétanisé-e).
La colère apporte la puissance subséquente à la peur tétanisante. Elle évite l’effet de fuite ou immobilisation, états qui ne permettent pas de se mettre en sécurité ou de résoudre le problème. La colère peut donc cacher un sentiment d’impuissance face à une situation.

Les personnes qui se mettent souvent en colère peuvent cacher des peurs profondes et un fort sentiment d’impuissance face à des situations qu’elles pensent ne pas pouvoir résoudre.

Colère = sentiment d’impuissance (souvent inconscient)

En reprenant conscience de ses capacités d’agir, de parler, de ressentir, la colère s’apaise rapidement. Comme l’a dit Noam Chomsky, célèbre linguiste américain : « Le guerre arrive quand il n’y a plus de mot ». Mettre des mots sur ses ressentis est donc vital et source de paix.

<> Quand la colère cache des souffrances
Une personne colérique est peut-être (souvent) une âme qui souffre. Des traumas, vécus douloureux (Maltraitance, abus sexuel, rejet, décès etc.) encore non exprimés, compris et pardonnés éveillent un état de peur, de frustrations qui, s’ils ne sont pas exprimés, non guéris, émergent par la colère. Encore une fois, la colère peut pour la personne elle-même et aussi l’entourage, être une alarme qui informe d’un malaise. Un accompagnement (A l’école du soi bien sûr 😉 est recommandé pour en trouver les origines.

<> Quand la colère permet de s’affirmer
Comme nous l’avons vu la colère est une énergie puissante. Elle permet alors de donner du courage dans certaines situations qui en demandent.
Emma est en colère de ne pas avoir reçu son augmentation = elle trouve alors la force d’aller en parler avec sa cheffe.

La colère est une énergie indispensable pour se construire. Comme la lave en fusion casse la croûte terrestre pour s’échapper et reformer un autre espace de terre qui donnera de nouvelles vies, la colère permet d’oser être soi, de ne pas être d’accord, d’affirmer ses opinions contre l’avis différent de la majorité. Elle gronde au fond de soi comme une force de vie et elle permet aussi de se mettre en action pour créer ses projets. Ainsi utilisée, elle devient alors une alliée.

Several thousands people demonstrate against the construction of nuclear reactors in Flamanville

Une colère utilisée pour des causes justes : Greenpeace est en colère et défend les droits de la nature et plus encore.
Mandela n’a pas été en colère contre ses bourreaux mais il a gardé sa colère pour combattre l’Apartheid.

<> Comment vivre sainement ce système d’alarme informatif ?
En comprenant davantage les fonctionnements corporels et psychiques de la colère, la gestion est plus aisée. Cependant, l’apprentissage est aussi nécessaire car nous l’avons vu, les effets corporels « colère » ont lieu en une infinité de secondes.

La colère n’est pas une émotion négative en elle-même. C’est la façon de l’exprimer et la vivre qui détermine ses bienfaits ou non.

Yves est en colère contre son frère car il ne l’a pas appelé pour préparer l’anniversaire de leur mère = soit Yves peut appeler son frère et être désagréable, hausser le ton, le traiter d’égocentrique. Soit il lui exprime sa tristesse, son désarroi de ne pas avoir été sollicité et lui demande pour quelles raisons il a agi ainsi.
= Deux choix d’actions différentes qui ont des conséquences importantes sur les liens futurs.

Le secret est la prise de conscience et l’apprentissage de l’écoute, par conséquent la reconnaissance de soi. Comme déjà vu, les émotions sont destinées à une durée de vie éphémère. Quand un stimuli externe provoque une montée de colère, l’adrénaline sécrétée a une durée d’action courte (2 minutes environ). Il suffit de se voir en train de ressentir la colère et de constater en soi « Je suis en colère » pour que les réactions physiques s’assagissent et éviter ainsi des actes de violences physiques ou verbales.

Il est aussi très important de comprendre que ce n’est pas la colère en elle-même qui est mauvaise.
C’est ce que je fais de cette énergie de colère que mon corps produit : détruire ou construire ? J’ai le choix. 

3 étapes :
1. Je repère les ressentis corporels qui identifient l’état de colère (Accélération du rythme cardiaque, muscles tendus, respiration courte etc.). Attention quand les muscles sont tendus et les poings serrés, c’est que la colère est contenue. Il faut laisser le flot d’énergie passer.
2. Je constate et me dis « Je suis en colère ». Je peux le faire à voix haute, c’est encore plus efficace et je RESPIRE (= relâchement).
3. Je me demande : « Pour quelles raisons suis-je en colère ? », « Quelles injustices je vis ? ». Le simple fait de se le demander, même si je n’ai pas la réponse sur l’instant, permet de se détacher quelques secondes de la situation vécue et de faire retomber la sécrétion d’hormones.

Plutôt que pour détruire, l’énergie de colère peut être utilisée pour construire.

<> Une bonne dispute = ça fait du bien aussi
Plutôt que de vivre une frustration en sourdine, d’ignorer les causes de cette frustration, de se plaindre, de juger, de sortir lâchement et gratuitement son fiel pour des « broutilles », est-ce que en famille, en couple, entre ami(e)s, une bonne dispute peut faire du bien ?

Quand les désaccords sonnent, que le compromis n’est plus possible, place à la surchauffe ! Tout comme l’orage qui survient lorsque les températures entre ciel et terre ne sont plus cohérentes : le ciel se charge de nuages gris, l’énergie est condensée, l’atmosphère est lourde et ça éclate, les éléments se déchaînent. Puis, c’est le calme.
De même, une dispute saine est possible : quand les discussions tournent en rond, que la situation ne change pas. Les incompréhensions créent des tensions. Alors les cœurs se mettent à battre vite et fort, le son des voix augmente, les reproches en tout genre fusent, les noms d’oiseaux volent. Et puis, à un moment donné, tout a été dit. La tension baisse, l’orage est passé.

 

Le « Je ne veux pas dire quelque chose que je regretterai ». Et si en fait, ce n’était pas grave de sortir des horreurs, juste l’instant de « péter un fusible » ? Et s’il était possible dans une colère saine de tout balancer, comme on balancerait les meubles par la fenêtre pour en racheter de nouveau ? Et si cela permettait à chacun d’entendre des vérités qu’on a pas envie d’entendre et si cela permettait à chacun de se remettre en cause, de changer d’angle de vision, de casser la carapace des peurs ? Et bah, d’exprimer le lion demeuré en cage longtemps. Cela permet aussi d’apprendre à se libérer de situations malsaines, de liens toxiques, de s’affirmer tel que je suis.
J’ai constaté, au cours des accompagnements que j’ai fait, que les moments de dispute sont aussi un détonateur. Un coaché Jean-Philippe, 40 ans, m’appelle tremblant : « ça y est, j’ai tout balancé à mon père ». Et comment te sens-tu ? « ça fait du bien ! ». Jean-Philippe a « grandi » et s’est affirmé. Désormais, il a pris du recul sur son père et vit une relation plus sereine.

Le fiel libéré, la place est vide, il est possible d’ouvrir son coeur et d’exprimer ses réelles besoins, ses réels sentiments et envie. La tristesse et ses pleurs peuvent arriver ici.  Apprendre à se disputer (notamment dans les couples) est un pas vers l’entente et le compromis. Le pardon est alors important. Accepter l’autre dans ses imperfections permet aussi d’accepter ses propres imperfections.

Après la tempête, le calme

<> Communication Créative (ou Non Violent)
Elle consiste, lors de colère et désaccord entre une ou plusieurs personnes, plutôt que de faire des reproches en disant « tu » (Tu es nul-le, tu fais jamais les choses comme je veux etc…) à dire « Je » en exprimant ses ressentis. Dire « tu » est agressif et peut faire l’effet d’un coup. (Livre de Marschal Rosenberg « Les mots sont des fenêtres ou bien des murs »). 

Je me sens… (x émotions, ressentis) quand tu… (fais, dis ceci ou cela)
J’ai besoin de…

C’est un vrai vrai apprentissage pour parvenir à dire « je ». Cela nécessite d’être en total connexion avec ses ressentis, ses émotions et comprendre leur langage. C’est ce qui n’est pas pour moi suffisamment expliqué dans la méthode de Marshal Rosenberg. C’est pourquoi j’ai développé une méthode plus subtile d’écoute du corps et de connaissance du langage de chaque émotion.
Parler tranquillement, expliquer, écouter, s’intéresser à l’autre, comprendre les situations est encore plus riches.

Elodie fait ses devoirs dans sa chambre. Sa mère appelle plusieurs fois Elodie pour qu’elle vienne dîner. Elle entre dans sa chambre (sans frapper). « Tu n’obéis jamais quand je t’appelle. Tu es pénible. » Et Elodie de répondre « Tu m’énerves. Déjà tu entres pas dans ma chambre sans frapper. Va-t-en et pis j’ai pas faim ! ».
La maman d’Elodie m’appelle pour que sa fille me consulte « Elle n’écoute rien, on dirait qu’elle le fait exprès ». J’ai reçu Elodie seule puis je les ai  accueillies toutes les deux. Scénario de fin de séance.
Elodie fait ses devoirs dans sa chambre. Maman frappe à la porte : « ça va Elodie ? Tu as beaucoup de devoirs ? » « J’ai une interrogation de math demain » « Tu es prête ? » « Oui, ça va mais je dois travailler encore ». « Tu peux faire une pause, ça te fera du bien, le repas est prêt. Tu viens dîner ? ». « Dans 5 minutes » « J’aime bien servir le repas chaud, il a meilleur goût. Et je suis contente de faire plaisir avec mes plats cuisinés. C’est chouette si tu viens de suite. » « OK ».

En conclusion, l’émotion de colère est riche, elle fait partie du Vivant. Si nous voulons évoluer vers une société plus tolérante, altruiste et paisible, apprendre à vivre la colère est un excellent moyen pour améliorer le lien à soi et donc aux autres. La laisser nous envahir, l’ignorer ou encore la refouler ne sert qu’à en faire une ennemie. Au contraire, la comprendre, l’utiliser, la saisir est beaucoup plus productif et, j’en suis certaine, source de paix.

Vous en savez plus sur votre colère ? Si vous avez apprécié cet article, pensez à le partager (aux colériques 🙂 et aux autres 🙂

N’hésitez pas à me contacter pour des séances individuelles en face à face ou par internet.
bienvenue@ecoledusoi.com 

Ecole du soi, se connaître pour vivre libre !

Par |2018-04-28T19:56:52+00:00avril 6th, 2018|Blog|5 Commentaires

5 Comments

  1. Senoussi 3 mai 2018 à 8 h 12 min

    Merci Sandrine très bon enseignement je suis souvent en colère ca me mon tellement que je finis s par en pleurer d’abord rageusement mais avec tristesse puis tout retombe et la détendue je vois les choses autrement
    Bisous
    Michèle

  2. Sandrine Petithuguenin 3 mai 2018 à 18 h 44 min

    Chère Michèle, en effet, quand la colère n’a pu être exprimée et le problème résolu, « mère tristesse » et son flot de larmes sont là pour évacuer. (un article sur la tristesse sera visible la semaine prochaine).
    Un point que je n’ai pas abordé dans l’article, c’est l’origine des émotions dont la colère n’est pas forcément due à la situation présente et peut aussi prendre ses sources dans le passé (la situation présente ne fait que raviver des souffrances du passé). On parle alors « d’émotions refoulées ». Elle agit comme un loup resté longtemps en cage et qui tout à coup est libéré, il devient violent, il a besoin d’évacuer. (ou « effet cocotte » minute). Il s’avère alors important de faire une introspection pour détecter qu’elles sont les injustices vécues, non acceptées, les douleurs demeurées au tréfonds de soi. C’est là qu’il est bien de ce faire accompagner, pas facile de trouver tout ça toute seule !
    Ce que je peux ressentir énergétiquement pour toi à travers ce que tu exprimes dans l’expression de tes colères, c’est souvent un sentiment de ne pas être comprise. L’image qui me vient est le sentiment de te sentir prise aux pièges des volontés des autres et de ne pas pouvoir faire vivre tes volontés à TOI.
    Pour cela, je te rappelle que notre libre-arbitre appartient à tous et que tu es absolument libre de vivre comme tu en as envie. A toi, surtout, d’éviter de tenir compte « L’autre va penser que … » « Oh, je vais blesser si je dis ceci ou cela » « Il ne faut pas  » « c’est mal de « …
    A remplacer : qu’est-ce qui me fait plaisir à moi ? Et de quoi j’ai besoin ?
    Bon cheminement chère Michèle vers ta LIBERTÉ !

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