Joie, peur, colère, dégoût, tristesse, comment se fait-il qu’il soit difficile d’exprimer ses ressentis intérieurs à soi et aux autres ? Les émotions sont pourtant aussi naturelles que respirer et manger. L’humain actuel s’est « coupé » d’un système d’information et de guidage pourtant riche et puissant Pour mieux comprendre le phénomène, voyons déjà quels ont été ou sont les freins à l’expression émotionnelle.

Pour connaître l’utilité de chaque émotion lire article Comment gérer mes émotions ?

L’enfance, serait-ce là que tout commence ?

Les émotions sont un des premiers langages de l’enfant : il pleure pour dire sa faim, son mal être, il crie quand il a peur, il rit pour exprimer son contentement. Et lorsqu’il est en colère, il hurle, il peut se rouler au sol, taper et casser des objets. Lorsqu’il rit, il rit parfois aux éclats. Lorsqu’il a peur, il crie.
Que font alors les parents ? Il y a ceux qui laissent l’enfant s’exprimer et tentent de déceler les codes de langage pour communiquer et répondre au besoin de l’enfant. Et ceux qui tentent de le faire taire « ça fait du bruit ». Et bien souvent, le bruit dérange : dans les transports, dans les lieux publiques ou à la maison après une journée de travail « Là s’en est trop ». Faire taire va être le plus gros « métier »du parent. Or, c’est déjà donner un premier grand frein à l’expression émotionnelle.
Qu’avez-vous entendu de vos parents, ami(e)s, tuteurs quand vous étiez enfant, adolescents ? « Tais-toi, tu fais trop de bruit » « Ris pas si fort, on va nous entendre » « Chuutt et chut, chut et re chut » ? Autre ?

L’école et autres instituts d’apprentissage
Certes, l’école est un lieu pour apprendre et découvrir le monde et aussi faire l’apprentissage du « vivre ensemble » en dehors de la famille. Dans cette période, l’enfant et l’adolescent apprennent les codes sociaux et comment nouer des liens. Les émotions sont donc très importantes car elles permettent de guider (la joie) vers les personnes aux mêmes affinités. L’école est aussi le lieu du « jugement », de l’apprentissage du regard de l’autre, qui peut être soit perturbateur, voire traumatisant, ou bien enrichissant et encourageant.
Pour quelles raisons l’école n’enseigne t-elle pas à apprendre à communiquer, à exprimer ses émotions, à connaître ses talents ?
Au contraire, elle étiquette, elle note et ainsi rejette ceux et celles qui ne rentrent pas dans les normes. Très handicapants pour certaines personnes plus sensibles. Ce sont des carrières qui peuvent parfois prendre fin. Des talents étouffés. Longue est la route pour faire comprendre cela aux autorités ? 
L’école du soi est là pour combler ce manque, se libérer de périodes de classes douloureuses est aussi un pas vers la liberté.

Les dogmes religieux
Avez-vous vécu ses messes du dimanche interminables ? Et les homélies du prêtre si dépourvue de vie qu’on entend Jules qui ronfle en fond de
l’église ? Et pire, la thématique des « Si tu te conduis comme ça, tu seras puni(e) » ! Culpabilisante, l’homélie en plus ! « Il faut faire comme ci » « Il faut parler comme ça ». Il faut, il faut, il faut. Enfermant.
Si vous y avez échappé, grand point pour vous. Pour ma part, elles ont bercé mon enfance et but a été de m’en libérer.
Quoiqu’il en soit, que vous ayez connu ou pas cette « party dominicale », notre société porte l’emprunte des « il faut » « je dois » judéo-chrétiens qui agissent comme des couvercles sur l’expression intime émotionnelle et par là même du désir. Un pas à faire : revenir à l’essentiel, c’est-à-dire soi et ses ressentis. Libre à vous de vous épanouir dans une religion, cependant, rester vous-même et exprimez-vous !

La bienséance sociale
« Ah ! Chez nous, ça ne se fait pas de rire, encore moins de se mettre en colère »dixit les « gens bien » (enfin dit « bien »). Comme si la joie, l’agacement, l’expression de soi était l’apanage du prolétariat. Ainsi l’expression émotionnelle est devenue une affaire de classe sociale. Selon la classe à laquelle vous appartenez, vous riez fort en dehors ou vous vous esclaffez en-dedans.
Le collet monté ne rit pas ou, si, derrière son mouchoir, tout au plus, il esquisse une sourire. Il ne se met pas en colère, quel comportement indigne. Et s’il est toléré pour l’ouvrier de rugir de colère, il n’en sera pas moins puni et banni. Plus le restaurant est haut de gamme, plus le calme règne. Et vis et versa.
Les mariages sont aussi un évènement idoine pour illustrer statut social et émotion. « L’argenté » reste sage jusqu’au moment où l’alcool fait effet, c’est à dire tard dans la nuit. « Le moyennement argenté » verra le beau-père saoule à l’apéritif et des bagarres en fin de soirée, pour parfois se terminer, passez l’expression, en eau de boudin.
Vision caricaturale j’avoue. Cependant, notez seulement que le milieu dans laquel vous êtes né influence votre façon d’exprimer vos ressentis.

L’entreprise : un bagne pour l’émotion
Le phénomène est quelque peu étrange : le vendredi soir, enthousiaste, je refais le monde avec mon amoureux, le samedi, je ris et chante avec mes amis. Le dimanche, je dispute mes enfants qui me réveillent trop tôt. Le soir, je pleure en regardant « Nos étoiles contraires ».
Et le lundi : je travaille. Le mardi : je travaille. Le mercredi : je travaille. Le jeudi : je travaille. Le vendredi : je travaille. Toute la semaine, une fois arrivé(e) dans l’antre du bâtiment dit « entreprise », je mets mon costume de marque « Hugo Neutre » et je me la coince. Faudrait pas se lancer dans l’aventure de rire trop fort, dire au chef « je ne suis pas d’accord avec vous » ou avoir un coup de blues et pleurer. Ce serait un comportement dit « asocial », « borderline ». « Il/elle va bien, elle fait sûrement une dépression » soufflerait-on.
Je suis certaine que les toilettes des entreprises sont l’endroit au monde où il y a le plus de plaintes et de pleurs !

Le phénomène est très très curieux et interpellant : pourquoi l’entreprise, le lieu tout de même où nous passons un bon moment de notre journée et de notre vie, est-elle déshumanisée ? 

« Bonjour, je suis monsieur Cravate-Chemise-Blanche »
« Bonjour, je suis madame Tailleur-Noir »
Ensemble, nous allons faire des dossiers très sérieux et d’une importance inouïe et oubliez que nous sommes des être vivants.

L’humain passe donc les 3/4 de son temps à feindre, à ne pas être lui-même, à jouer un rôle. Normal que burn-out et autres dépressions surgissent de plus en plus. Jouer sur scène un rôle dans une pièce, d’accord, mais jouer le rôle de « soi qui n’est pas soi », bouh ! c’est épuisant ! Vite, l’école du soi pour remettre de l’ordre dans tout ça et redonner au monde du travail de la simplicité, de l’authenticité dans les liens aux autres 🙂
En attendant, respirez et prenez déjà conscience du rôle que vous jouez. Demandez-vous : « Au travail, à quel moment je me mens ? »

Aparté : une anecdote personnelle
Pour ma petite histoire, il n’y a pas si longtemps, lorsque j’étais sur les bancs de l’entreprise.
Je dis sur les bancs parce qu’en fait, l’entreprise n’est qu’une école primaire pour adulte. (Je parle des entreprises qui n’ont pas franchi le cap de la modernité  et qui ont encore un système pyramidal, de sanction, notation. Oui, il y en as encore beaucoup). Il y a un règlement intérieur, des récréations dites « pauses » et le maître d’école qui donne des notes, attribue des punitions. Dans certaines entreprises, il y a aussi le conseil de discipline en fin d’année. Une lieu qui limite, protège, récompense et dit ce qu’il faut faire. Une école ! (Loin de l’école du soi évidemment).

Je disais que, lorsque j’étais sur les bancs de l’école entreprise, j’ai pris une colère et, moi, ma colère, étant comédienne, expressive et bien vivante, elle s’exprime avec force. Et comme je suis énergéticienne, ce que je fais ou dis à une puissance quadruplé. Donc, le chef arrive furieux devant mon bureau en me disant que j’avais encoooore fait une erreur. Etant donné que jamais il ne m’avait fait de remarque sur mon travail, le « encooore » m’est apparu étrange et incongru et j’ai vu rouge. J’ai crié plus fort que lui. Branle-bas de combat au sein du groupuscule, rendez-vous au sommet. Mon renvoi était au programme. Incroyable ! Parce que j’avais exprimé une colère, j’allais être renvoyée. C’est que dans le monde moyenâgeux entrepreneurial, exprimer une colère envers la hiérarchie est un manque de respect. Élément étrange, car l’inverse n’est pas valable ?! En l’occurrence, ce chef ne dit pas ou peu bonjour, ne demande jamais « ça va ? Je peux vous aider ? », et d’ailleurs, il parle tellement peu que au bout de 4 mois dans l’entreprise, j’ignorais qu’il était le chef du service !

L’irrespect a plusieurs visages, elle se situe aussi dans le silence et l’indifférence.

Encore une anomalie de l’entreprise : le respect se doit à son supérieur mais le supérieur n’a pas à respecter le « subordonné ». Normal, un subordonné, n’est pas un humain.
Je fais ici un  rappel PRIMORDIAL : peu importe votre place dans la pyramide, vous êtes un humain : vous avez un coeur, des désirs, des sentiments et, un jour funeste, vous mourrez. Au moment du grand départ, il semblerait que personne n’emmène avec lui son statut social…

Et moi  dans tout ça ? (quand je dis « moi » ici en fait, c’est « vous lecteur/lectrice »)
Dans ce contexte sociétal, JE constate pour quelles raisons j’ai de la peine d’écouter mes propres ressentis et encore davantage de les comprendre et les exprimer. Tous les points exprimés plus hauts sont des usines à fabrication des deux poisons : honte et culpabilité, qui agissent comme de la cigüe sur l’expression de ses émotions intimes. (Suivez la newsletter, un article sera consacré à ces deux poisons).

Conséquences ?
Pour peu que je sois un peu timide, je garde tout en moi. Et l’émotion, il faut bien qu’elle sorte quelque part alors j’ai quelques addictions (Jeux vidéo, alcool, sexe, drogues quelconques etc.) ou j’ai une vie morose et sans artifice et surtout je ne réalise pas mes désirs (= frustration)
Si au contraire, je suis une bombe d’expressivité, quand mon émotion n’est pas exprimée au moment du fait, je vais la garder en moi et elle va surgir contre mon gré dans un cadre inopportun : contre les enfants, mon/ma conjoint(e), en voiture, sous l’effet de l’alcool ou psychotrope. Il suffit d’une étincelle, peu importe laquelle et hop ! Je m’enflamme. Tout ça parce que je me suis contenu(e) durant de longues heures.

Alors, comment extérioriser mes émotions ? En tout premier, je prends conscience des normes qui m’ont conditionnées à refréner mes ressentis intérieurs et petit à petit, je m’en départis en réalisant leur inutilité (voire leur absurdité).
Ensuite, et c’est un autre chapitre, j’apprends comment mes propres émotions fonctionnent et comment les vivre sereinement et sainement et je découvre un monde où je me sens acteur et actrice de ma propre vie, ou j’ai de bons contacts avec les autres.

Ou encore ? Je m’inscris à l’école du soi, je me permets ainsi d’être accompagné(e) à mon rythme sur le chemin de la connaissance de moi et de mon bien-être. Vous ignorez encore à quel point vos émotions régulent votre vie, vos choix, et même votre santé ?

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