Comment déjouer la peur ? Suite

Peur/Amour, je poursuis les investigations. J’ai développé l’idée de deux types de façon de vivre : peur ou amour (Voir article L’énergie de peur et l’énergie d’amour). La peur s’insinue de façon subtile dans nos vies, il s’agit alors de la mettre à jour  (Voir article Peur/Amour : mettre au jour son fonctionnement pour mieux le transformer).

Dans l’article qui suit, il s’agit de comprendre comment l’environnement (Familial, éducatif etc.) influence le développement de l’enfant. L’éducation reçue n’est pas une fatalité, mais elle le devient si l’adulte ne prend pas conscience de son influence encore aujourd’hui dans sa vie. 
J’ai pris ici comme sujet d’étude l’interview d’un homme Bushman (Peuple d’Afrique) qui parle de l’Occident et notamment ce que j’appelle « l’expérience du couteau ». Je n’ai pas de suite saisi la richesse de ce que disait l’homme Bushman. En creusant l’idée, j’ai compris la portée de ses dires. Je fais le partage ici. (Voudriez-vous m’excuser, je n’ai plus les sources de l’interview). Laissez-vous porter émotionnellement par ces réflexions.

Comprendre la transmission enfant/parent

C’est dès la toute petite enfance et même dans le ventre de maman que le petit humain prend connaissance de lui-même. Les sens qui le lient à son environnement externe sont, comme un petit animal, l’odorat et le goût (d’où le besoin de mettre les objets dans sa bouche) et puis le toucher. Ainsi bébé récolte de l’information : l’odeur de maman, la texture des objets, la saveur du sein maternel etc. Ses milliers d’informations reçues constituent une magnifique banque de données, la première, gardée certainement pour longtemps, une base de vie. Elle conditionne déjà le rapport à soi et au monde. Elle signe les premières expériences que l’enfant vit avec le monde.
Ainsi, le geste parental, des divers tuteurs etc. sont déterminants.
Durant la grossesse, si maman est stressée, bébé le saura et potentiellement le sera. Papa qui enlève systématiquement les objets de la bouche de bébé  : « Ne mets de la terre dans ta bouche, c’est sale » coupe les découvertes de bébé et son premier rapport avec lui-même, son envie de découvrir, d’apprendre.

Les sociétés dites « primitives », primitives dans le sens où elles gardent le contact naturel avec l’aspect premier du vivant, laissent les enfants testés au risque de se faire mal.

L’expérience du couteau

Un homme du peuple Bushman interviewé par un anthropologue occidental discourait sur les observations qu’il avait fait de l’Occident. Il donnait une différence d’éducation entre les deux cultures. Il expliquait qu’il laissait son enfant de 5 ans jouer avec un couteau, disant qu’il était beaucoup plus efficace pour l’enfant de découvrir lui-même le danger de l’objet. Entendant cela, ma première réflexion fut de me dire : « Oh ! J’aurais trop peur que mon enfant se coupe » et l’idée qu’il saigne et ait mal, m’horrifie. Mais poursuivant ses réflexions, l’homme explique.

Le laisser faire ses expériences permet à l’enfant d’observer son environnement, de le toucher, de l’expérimenter lui-même et non pas par l’intermédiaire du parent. Ainsi l’enfant comprend que son environnement comporte des dangers, il sait lesquels. Quand la pointe du couteau touche son doigt « aïe, ça pique » et ça saigne, il comprend aussi l’utilité des choses, il en connaît les conséquences, il n’a plus la curiosité incessante d’y revenir : « Cet objet fait mal, je vais en trouver un plus gentil ». Et, capital, il l’apprend lui-même, il devient alors autonome, pas seulement plus rapidement mais aussi plus sainement. Il apprend alors à vivre et maîtriser sa peur (bien sûr le parent Bushman guette d’un oeil averti l’enfant jouant avec le couteau).

Tandis que le petit Occidental, lui, a qui le parent enlève l’objet immédiatement des mains « Touche pas c’est dangereux » ou « Ne m’est pas ça à ta bouche, c’est sale » apprend qu’il y a du danger autour de lui, sans pouvoir expérimenter la mesure de cette dangerosité = j’emploierai ici un mot pris à la psychanalyse, il vit « une castration » dans le sens où il est privé de la jouissance de l’expérimentation. Une frustration interne se met alors en place que l’enfant va gérer grâce à des comportements divers (Nourriture excessive, colères récurrentes, violence, timidité etc.). C’est ainsi que l’enfant occidental  va aller chercher à l’extérieur ce qu’il ne peut expérimenter à l’intérieur de lui-même.

Ici, il s’agit de l’exemple du couteau. Mais, bien de nombreux gestes et injonctions apparemment anodins, quand ils sont répétés, conditionnent l’enfant. Comme des « attention aux autres », « Couvre-toi », « Ne sors pas trop tard la nuit », « Ce n’est pas bien pour une fille de marcher seule dans la rue » etc.  ou que le parent lui-même ne prend jamais de risque et exprime ses peurs. Ainsi cela a des conséquences immenses sur le développement de l’enfant et sa vie entière car il va conditionner son rapport à la peur et par delà son paradigme de vie.

L’émotion de peur = la varicelle

Les émotions sont à la base physiologique (Voir article Qu’est-ce qu’une émotion ?). Elles sont aussi … VIBRATOIRES. Comme une musique, elles se propagent en fréquence. C’est ce qui vous fait dire, lorsque vous entrez dans une réunion ou une fête : « Je me sens mal ici » (ou l’inverse). Votre corps et votre cerveau captent les fréquences vibratoires. Ensuite, votre cerveau analyse l’information et fait ensuite des choix en conséquence (comme « Je décide de quitter la réunion ou la fête »). J’aime parler de « bain vibratoire ». Le bain vibratoire regroupe à la fois les émotions et les pensées (oui vos pensées émettent des fréquences aussi).

Dans quel bain vibratoire avez-vous vécu enfant ? Dans quel bain vibratoire vivez-vous aujourd’hui ?

Un simple test

Ambiance P
Quand vous êtes chez vous, pensez-vous à hier ou à demain ? Pensez-vous à vos collègues pas sympathiques ? A vos factures à payer ? A votre mal de ventre ?
Les personnes qui vivent avec vous sont nerveux, avachis sur canapé devant TV, sur-actives.
Les mots échangés sont des ordres, des invectives, dits sur un ton sec.
= vibrations de peur et de stress.

Ambiance A
Quand vous êtes chez vous, vous êtes content-e de relâcher votre corps, vous respirez calmement, vous validez vos réussites du jour, vous profitez de la chaleur de la cheminée, vous préparez tranquillement un repas en appréciant de toucher les légumes, de les couper.
Les autres membres de la famille sont autour de vous et vous raconte leur journée. Chacun écoute l’autre en attendant son tour pour s’exprimer. Les voix sont calmes et posées.
= vibration d’écoute, d’échanges fructueux, d’Amour.

Le lieu se remplit aussi de ses fréquences. Et chaque geste, chaque pensée, chaque ressenti COMPTENT. Vous commencez donc à percevoir comment faire évoluer votre vie ? En maîtrisant vos états intérieurs. Et oui cela s’apprend. Nous sommes, comme des instruments de musique, nous fabriquons des bains vibratoires autour de nous. Quelle musique jouez-vous ?

En repensant à votre vécu d’enfant, vous saurez quelle tendance vous avez connue : Peur ou Amour. L’enfant est d’autant plus réceptif qu’il n’a pas ni la capacité de faire du tri dans ses ressentis, ni de quitter le lieu. Il SUBIT. Son corps emmagasine les données et pense que c’est la réalité. Il va donc plus grand, recréer l’atmosphère qu’il connaît. Et le cercle vicieux est enclenché.
Aurélien vient de rencontrer Vanessa. Vanessa est calme et toujours d’humeur joyeuse. Aurélien hésite à quitter Vanessa. Il dit qu’il s’ennuie avec elle. Revenant sur son enfance, il explique que ses parents se disputaient très souvent. Ainsi, il a connu un bain vibratoire « colère ». Il va donc chercher INCONSCIEMMENT à rencontrer une conjointe avec qui il peut reproduire le « bain » qu’il a connu soit celui de la colère.
Pierre est épuisé, il travaille trop, il ne prend jamais de vacances. ça l’angoisse. Enfant, ses parents ne partaient jamais en vacances car des voleurs pourraient voler la maison en leur absence. (!)

En revanche, l’adulte que vous êtes n’a plus nécessité de subir ! Il peut choisir et mettre en oeuvre le bain vibratoire qu’il souhaite : Peur ou Amour. En ressentant de l’amour pour vous, pour votre entourage, pour ce que vous faites et même ce que vous défaites, vous créez une nouvelle atmosphère. Ces ressentis se passent au plus profond de vous-mêmes.

Les émotions se transmettent comme le virus de la varicelle ! Tant que nous ne le conscientisons pas, le cercle vicieux peut durer toute la vie ! Il est donc INDISPENSABLE de prendre conscience du bain émotionnel dans lequel vous avez vécu et celui que vous vivez aujourd’hui pour le MODIFIER.

Attention, les émotions sont aussi subtiles. Elles ne sont pas toutes évidentes à ressentir.
Le bain « peur » est certainement le plus insidieux.

Quel bain créez-vous aujourd’hui ?

Pour revenir au couteau, le parent qui retire frénétiquement le couteau des mains de l’enfant exprime une peur que l’enfant ressent. Et l’enfant prend peur lui-aussi. C’est là toute la subtilité : le cerveau de l’enfant n’aura pas enregistré « couteau = dangereux = peur ». Le cerveau aura enregistré « couteau = peur de maman » (ou papa ou grand-mère etc.) mais il ne saura pas pour quelles raisons ! C’est ainsi que la peur s’insinue et devient fantasmatique.

Le fantasme de la peur

Le petit Bushman, lui, va expérimenter le danger : il va donc tester ses capacités pour analyser, comprendre et s’il se fait mal, faire l’expérience (seul-e) de la douleur et ainsi apprendre à résister (seul-e). Ainsi, il peut tester ses capacités et c’est ainsi qu’il va gagner en estime de lui-même et donc en confiance.

Le cerveau de l’enfant privé du couteau, au lieu d’expérimenter le danger et de tester ses capacités à résister, va « fantasmer » le danger. Et comme le cerveau, reptilien notamment, est conçu pour la survie de l’espèce, il sublime ou invente une dangerosité supérieure à ce qu’elle est réellement. Ainsi, l’enfant occidental est, non seulement, privé d’expérimenter son environnement (= dépendance à l’adulte), il n’apprend pas par essai/erreur/répétition autant qu’il pourrait le faire, et la peur fait désormais partie de sa vie. Non pas une peur réelle, et c’est là le point central, il fabrique une peur fantasmatique.

De nombreuses situations, événements seront alors vécus dans la peur alors que la peur n’avait pas besoin de s’inviter dans ces moments-là.
Exemple : « J’ai peur de parler devant la classe » J’ai peur de monter à la corde » « J’ai peur de jouer avec les autres dans la cours de récréation » etc. = il n’y a apparemment aucun danger de mort mais la peur est là. Et adulte même chose : « J’ai peur de changer de travail » « J’ai peur de vivre seul-e » « J’ai peur de perdre ma maison » « J’ai peur de ne pas avoir d’argent » etc. 

Il est certain qu’ensuite nous fantasmons beaucoup de peur. Ce qui fait que mon cabinet est rempli ! Gott sei Dank 🙂 Cependant, pour l’évolution de notre société, ce type éducatif enfermant, modélisant freine l’action et la prise de risques. Elle crée alors des individus qui se conforment aux règles familiales, sociales, politiques, entrepreneuriales, faisant ce qu’on leur dicte. Ainsi naît aussi le racisme, la critique, le jugement, le rejet de ce qui est différent de soi (= donc dangereux). Des individus fermés à la nouveauté. Et le cercle vicieux familial est enclenché aussi, des parents peureux font des enfants peureux (majoritairement pas exclusivement).

Que chacun fasse son auto-analyse : quand est-ce que la peur me pousse à juger ? à rejeter ? à ne pas voir ? à être lâche ? Le but n’est pas de s’auto-flageller, juste de faire des constats sur moi et mes actes. Et de voir lesquels je peux améliorer.

Je prends conscience que ma peur est imaginaire

Ainsi, l’éducation, l’environnement occidental aurait tendance à créer des « peureux imaginatifs » 🙂 
(NB : Il n’est pas question ici des personnes ayant vécu des traumas tel que maltraitance physique et verbale, abus sexuels, guerre, accident etc. qui ont une influence sur le développement chimique du corps et donc de l’esprit. La prise en compte du trauma est un cheminement spécifique).

Heureusement, l’éducation que vous avez reçu n’est pas une fatalité et cela peut changer ! Il s’agit alors de prendre conscience de mon mode de pensée : cercle vicieux ou cercle vertueux. Il s’agit de ré-éduquer votre cerveau à penser « bon pour vous ». Et en premier lieu, de revoir vos paradigmes de vie…

La confiance = une vision élargie de soi et du monde

Lorsque nous avons peur et que nous manquons de confiance, nous portons des œillères. Nous voyons petit, nous n’avons plus conscience de la réalité plus élargie.

Quand j’ai peur, je ne vois que le danger, le problème, je ne vois pas dans la globalité de ma vie.
Je veux donner ma démission au travail. J’ai très peur. Je ne vois que le moment où je dois envoyer la lettre. Je ne vois pas à l’échelle de ma vie, les bienfaits de cette décision.
Quand j’ai peur, je ne vois pas tout ce que j’ai déjà accompli avant, je ne vois pas mes capacités. Je ne vois que mes incapacités.
Je veux partir l’étranger mais je ne parle pas anglais. J’ai une mémoire, des livres, des cours sur internet, je peux apprendre.
Quand j’ai peur, je perds le sens que je veux donner à mes actions, à ma vie.
J’ai peur de quitter mon conjoint. Pour quelles raisons je veux le faire ? Parce que nous ne partageons plus les mêmes valeurs d’humanisme. Je veux honorer mes valeurs qui donnent du sens à ma vie et pour me sentir pleinement moi-même.

J’enlève mes œillères : JE VOIS.  Je me permets d’embrasser la situation à 360°.
Je prends du recul sur la situation qui me fait peur :
A l’échelle de ma vie, combien prend-elle de place ? 
Quelles sont les capacités que cette situation me demande de mettre en oeuvre et développer ?

Quand je regarde ma situation de plus loin, je m’ouvre de nouvelles perspectives

Et si je modifiais mes paradigmes de vie ?

Pour quelle raison papa Bushman laisse son enfant joué avec le couteau tandis que papa Occidental se dépêche de lui enlever avec une frénésie compulsive ?

Papa Bushman a une conscience plus élargie des lois de la nature.

Laisser son enfant jouer avec un couteau, c’est :
– avoir confiance que son enfant est capable de le faire,
– avoir aussi confiance en l’adulte qu’il est lui pour réagir à ce qui peut se passer,
– avoir confiance que si son enfant se fait mal, il va guérir,
– avoir confiance en le fait que lui papa va savoir prodiguer les soins qu’il faut pour son enfant,
– savoir que parfois il ne peut pas, il ne sait pas et l’accepter,
– accepter avec gratitude la vie elle-même, son impermanence, ses dangers, sa beauté sans vouloir contrôler.

Papa Bushman ne pense pas ni à hier, ni à demain. Quand il laisse jouer son enfant avec un couteau, il le vit avec lui. Même s’il cueille des fruits, il ressent les émotions de l’enfant. Il vit en plein conscience avec son enfant. Ainsi l’enfant ressent la confiance de son parent. « Si papa a confiance en moi, alors j’ai confiance en moi. »

Papa Bushman ne refoule pas la mort comme un poison. Il accepte sa présence et sa grandeur. Il accepte sa place d’humain perfectible. Il adore Mère Nature et son pouvoir infini. Ainsi, il sait que sa vie sur Terre est un passage. Il sait lui donner à la fois l’importance qu’il faut et la non-importance qu’il faut. 

Au fond de lui, papa Bushman sait. Il sait que l’Amour immense qu’il a en lui saura apporter instinctivement tout ce qu’il faut à son enfant. 

Nous sommes des adultes qui savons jouer avec des couteaux. Nous sommes des parents pour nous-mêmes qui peuvent nous laisser l’opportunité d’expérimenter la lame, de comprendre qu’elle coupe, de nous couper, de saigner, d’avoir mal. Nous sommes des guérisseurs qui savons quels soins apporter à notre doigt coupé. Nous sommes des gais lurons contents d’avoir su nous guérir et dépasser la douleur. Nous sommes des adultes riches d’expériences qui ont envie d’en vivre de nouvelles à chaque moment de la vie. Nous sommes des êtres qui mourront.

Usez de la vie avant qu’elle ne vous use !

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Par |2019-07-17T16:59:59+00:00septembre 24th, 2018|Blog|1 Comment

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