Ces deux mots Amour-Entreprise sont comme distincts l’un de l’autre, séparés par des années lumières. Les communautés entrepreneuriales sont formées par des humains qui ont tous des coeurs, remplis de besoin d’amour ainsi qu’une palette de nombreux autres sentiments, et pourtant une fois franchis les portes de la société X, les coeurs prenaient une couleur unie : le gris.

Le monde frigide de l’Entreprise
Le costume gris, la cravate qui sert le cou = des symboles de froideur

C’est assez tragique, quand on prend du recul sur la situation, car au fond, privé d’amour, de sentiment, d’émotion, quel sens le travail a t’il ?

Quel sens la vie a t’elle sans amour ?

Si, à l’aube de leur arrivée sur Terre, les humains se sont alliés, c’est pour leur survie (cf livre « La spirale dynamique » Dubreuil) car très vite ils constatent qu’ensemble ils sont plus forts. Et le vivre ensemble ouvre à cet indispensable sentiment d’amour. Avons-nous à ce point oublié les raisons originelles pour lesquelles nous travaillons ensemble ?

Quand je parle ici d’amour, je parle de ce sentiment d’affection, d’attachement qui nous lie les un.es aux autres, de ce fameux lien d’appartenance qui nourrit l’Etre et lui donne le sentiment d’existence. L’Amour est aussi cette Energie Universelle, source de toute vie.

L’énergie noire qui compose l’univers serait-il une énergie d’amour ?

En parlant de sentiments à des dirigeants d’entreprise, empaquetés dans leur costume ficelé par une cravate, plus soucieux du taux du CAC40 que de l’amour qu’ils vont divulguer dans leur journée, ils/elles me regardent les yeux écarquillés et plein d’effroi : « Mais de quoi elle parle celle-là ? Elle est illuminée ! ». 

Entreprise et Amour ont besoin de faire la paix. Au fond, tout au fond de chaque personne, même la plus vénale, il y a un nécessaire et grand besoin d’amour. Nous le savons, thérapeutes, chaque personne qui s’assied dans le fauteuil, peu importe son statut ou son portefeuille, dès qu’il S’ouvre à son intimité, évoque un désir d’amour (de sa mère, de son père, de sa/son conjoint.e etc.) et partant d’écoute, de reconnaissance et d’un sentiment de validation de son existence.

Ces désirs vitaux pourraient revivre dans les entreprises mais cela paraît si incongrue et impossible. « On ne peut pas montrer nos sentiments, c’est être vulnérable, on va se faire bouffer ! L’entreprise est un monde compétitif, cruel et dure ».

Oui ! Evidemment, si tout le monde agit de la sorte, le monde de l’entreprise l’est et le demeurera (cruel et dure) !

« Continue à faire comme tu fais chaque jour
et tu obtiendras toujours la même chose »

Quand j’entends des cris s’élever (et ils sont nombreux) : « Je cherche un job dans une entreprise qui a du sens » « Je souhaite travailler dans une entreprise humaniste« , je me dis que beaucoup de personnes recherchent cet espace de lien, de création, de partages (plus que de statut social, d’écrasement d’autrui pour le top, de montre Rolex).

J’ai envie de poser la question ? Et, vous, que faites-vous pour créer ce monde-là ?

C’est grandement possible que l’humanité cherche, soit en route pour une civilisation nouvelle axée sur des liens authentiques, respectueuses du Vivant et de la Terre, qui le nourrit et l’accueille. Mais clairement, cela ne va pas se faire en un tour de magie ! Et s’en plaindre ne fait pas avancer le train du progrès des consciences.

Y avez-vous pensé ?
Vous pouvez apporter votre brique à l’édifice.

Chaque main compte, la vôtre aussi

Je propose humblement quelques idées.

Connect yourself

Déjà en vous reconnectant à vos sentiments et vos émotions, vous participez à rendre aux humains leur part d’humanité. Au lieu de vous blinder, laisser vos émotions vous traverser et si l’une vous échappe (un rire trop fort, une colère, une larme etc.), laissez-les et voyez comment vous serez reçu.e. Assumez ! Les émotions sont physiologiques, elles sont notre système de guidage.

Stop judging

Le jugement est un sport collectif en entreprise. Aux terrasses des cafés, quels sujets émergent ? « Le chef ceci, le comptable cela, le N+1 a trop de… ». Des critiques, des jugements, des blablas… Et à tout les niveaux de la hiérarchie, soyez en certain.e ! Voulez-vous continuer ce jeu de cours de récréation ? Vous avez le pouvoir de dire stop. Osez ! Quand l’un commence « Tu as vu à la réunion, Pierre a dit ça c’est stupide ». Coupez net. « Je ne souhaite pas jouer au jeu des critiques ».

Eh oui, c’est se démarquer, c’est agir différemment au risque de critiques, d’être rejeté.e du groupe. Et alors ? Vous êtes comme le petit poucet, vous marquez le chemin vers la bonne direction. Et c’est un pas vers du renouveau. La critique est tellement aisée. C’est encore plus facile de ne rien faire. Entendue mille fois, cette phrase de Ghandi est ici marquante. Acceptez le jeu des basses critiques, des coups bas, c’est oeuvrer pour cette systémique de négation de l’individu et de compétition. C’est ce que vous voulez ?

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde »
disait Ghandi

La hiérarchie pyramidale. Désuète, on le sait.

Elle est à l’origine d’inégalités induisant des « supérieurs » et donc des « inférieurs ». Ok. Pour l’instant, votre entreprise est organisée ainsi et elle ne va pas changer demain. Que faire ? Trouver une entreprise avec un fonctionnement vertical. Il n’y en a pas des centaines. Vous plaindre ? Vous pouvez, c’est vous que cela pénalisera (stress oxydatif). Ou vous pouvez en vous refuser ce mode pyramidal, sortir de la « normose » et ne pas vous conformer aux supérieurs et aux inférieurs.

Sortez du lot, regardez ailleurs, faites autrement

« Les divergents » (cf le film), celles et ceux qui en eux savent que vous êtes humains et que votre valeur intrinsèque n’est pas liée à une structure organisationnelle. Votre Valeur est bien au-delà. Elle est celle de votre COEUR. Cela vous parait du chinois ? Je vous assure que si demain vous faites face à la mort, vous saurez de quoi je parle car vous vous souviendrez que vous êtes mortel.le et donc que votre vie ne se résume pas à un statut social, un salaire ou une promotion.

La seule chose qui vous préoccupera au moment du grand départ sera « ai-je assez aimé ? ».

Semez de l’Amour là où vous vous trouvez,
vous changerez le monde.