Et oui le reste de l’année, ben c’est pas folichon pour les femmes dans le monde. Plus nous en savons sur notre société, nos cultures, la génèse des épopées des genres, plus on comprend que la société a été créé par l’homme pour le servir lui. Un oubli de 50% de l’humanité…

Comment est-ce possible qu’une partie de la population a construit le monde tandis que l’autre est au service, voire l’objet du premier ? Quel a été le grain de sable qui a grippé le rouage ? La raison de ce minuscule, infime, microscopique… disons… « manquement » n’est pas précisément connu. On peut juste, comme Simone De Beauvoir, constaté ce qui l’en a encouragé et promulgué largement.

Simone de Beauvoir dans ses essais, les biens nommés, « Deuxième sexe I et II » (En poche édition Folio) a fait montre à travers les âges et les cultures de la place de cette être issue de la côte d’Adam, la femme.

Simone de Beauvoir, comme beaucoup d’autre a ouvert une brèche, grande brèche !

Rions un peu 

Issu de l’ouvrage « Deuxième sexe » Tome I, je tire quelques pépites.

« Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme »… comme c’est doux à l’oreille… et de qui  est la bonne blague carambar ? Cela aurait pu être de certains hommes que j’ai croisés lorsque je travaillais dans le milieu automobile. Mais non c’est pire, cette pensée est issu de ce célèbre philosophe et mathématicien qui nous a aussi fait transpiré en cours de mathématique Pythagore, dont nous tenons encore aujourd’hui des percepts et idiomes ici et là… Peu réjouissant.

« Le code Romain la (la femme) met en tutelle et proclame son « imbécilité ».
« Chez les Mérovingiens et les Carolingiens règne la polygamie ; la femme est mariée sans son consentement, répudiée selon les caprices du mari qui a sur elle droit de vie et de mort »
.

En conséquence de cette prose d’antan, une violence d’instant

Et l’Auguste – non auguste – Comte, philosophe et sociologue, raconte : « Il y a entre eux (les sexes) des différences radicales à la fois physiques et morales qui dans toutes les espèces animales et surtout dans la race humaine les séparent profondément l’un de l’autre. La féminité est une sorte d’enfance continue qui éloigne la femme du type idéal de la race. Cette infantilité biologique se traduit par une faiblesse intellectuelle : le rôle de cet être purement affectif c’est celui d’épouse et de ménagère, elle ne saurait entrer en concurrence avec l’homme ». Paf ! Bien dit l’Auguste !

Allez encore une petite blagounette pour rire en société, ce cher Balzac qui fût mon maître à lire : « La femme est une propriété que l’on acquiert par contrat ; elle est mobilière car la possession vaut titre ; enfin la femme n’est à proprement parler qu’une annexe de l’homme« .

Votes des femmes : 1944 en France, 1971 en Suisse
Ma grand-mère n’était pas une citoyenne, elle était quoi ?

Et il y a en a pléthores de la sorte … Un objet d’aliénation, une sous-espèce, une propriété (je me demande si ce n’est pas le pire), une ménagère, un utérus à reproduction du mâle, une soubrette, un petit esprit, une hystérique etc. 

Je crois que la phrase que je préfère est celle-ci dans le goitre d’un homme (actuel) : « J’aime les femmes ». Outre le fait que selon le « double standard genré », dans la bouche d’un homme pourrait sonner comme une ode à la femme, et dans la bouche d’une femme « J’aime les hommes » en fait une croqueuse diabolique, le « J’aime les femmes » entend une sorte de possession objectale d’un ensemble indistinct. Or, moi femme me distingue de ma voisine, de ma soeur en tant qu’être vivante unique. Aucun homme se voudrait d’être ceint dans un ensemble, Monsieur Le Préfet ne saurait être commun avec son barbier, un musclé ne souffrirait la comparaison à un gringalet.

Sacha Guitry et ses histoires de soubrettes et d’amants dans le placard
qui a fait tant rire la bourgeoisie parisienne

Ne croyez pas que ces pensées séculaires qui drainent les esprits dans les moindres recoins soient caduques.
“Des différences naturelles entre les sexes expliqueraient pourquoi les femmes sont moins nombreuses que les hommes à faire carrière en maths et en sciences”. What a joke ! Bonne blague du président de la prestigieuse université d’Harvard Lawrence Summers en 2005.

Ces doucereuses pensées, portées comme des théorèmes (de Pythagore 🙂 ont circulé depuis des décennies, drainant l’inconscient collectif d’une trace que j’espèce délébile. Un virus très contagieux, pardonnez la métaphore inappropriée à l’époque, qui a provoqué et provoque des millions d’inégalités, de souffrances, de violences,  de morts.

La peur dans son propre foyer

On comprend comment un mec a pu écrire un roman contant ses relations avec une jeune fille de 13 ans (je ne sais plus l’âge exact). « Lolita » et son auteur Nabokov ont beau être talentueux, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un viol sur mineur.
On comprend comment un mec accusé de viol sur mineur reçoit un césar et que l’on s’offusque le lendemain que cela ait fâchée quelques femmes « irrespectueuses » quittant la salle Pleyel.
Comme le dit l’historien et auteur Georges Vigarello (« Histoire du viol » Edition du Seuil), « Le viol est considéré comme admis dans notre société, aujourd’hui encore ».

Adèle Heanel et Florence Foresti, courageuses

Les injonctions invisibles de la femme mineur et du mâle majeur se glissent partout, toujours et encore, dans toutes les couches de nos vies, certaines sont visibles et sues, d’autres invisibles et commencent à être vues et sues, à notre insu.

Les Visibles…

Inégalités des tâches ménagères, des salaires, féminicides, corps des femmes stéréotypés, stigmatisés (même s’il y a quelques avancées), places encore inégales des femmes dans la politique, les postes clés entrepreneuriaux, la science, les débats publiques, les médias, harcèlement moral et sexuel dans toutes les sphères (privés et professionnels), ces faits sont désormais dénoncés, évalués, loin d’être résolus mais portés en place publique (J’en oublie certainement). ouf !


Et je ne parle pas des autres pays où les petites filles sont excisées, mariés de force (à 5 ans parfois !), violées, vendues et achetées…

Et invisibles…

On s’aperçoit depuis peu que le virus de la femme sous-homme se glisse dans de nombreuses couches :

L’histoire et la préhistoire
L’histoire a été écrite principalement par des hommes. On croit alors que ce sont eux qui ont produit chaque chapitre de notre passé universel.  On commence à réécrire les manuels scolaires et universitaires en ajoutant la pate des femmes. Tiens… Les femmes auraient-elles participé à l’Histoire de l’humanité ? Oh si peu… Elles ont accouché de Jésus, de Louis XVI, de Hitler et après ? Rien ?
Vive Napoléon ! déclarant (au passage) « De même qu’un poirier appartient au propriétaire des poires, de même la femme est propriété de l’homme à qui elle fournit des enfants ».
Rions Mesdames d’être comparées à des poires, pourvu que ce soit des conférences, mes préférées 🙂

Ah une guerrière, ben elle est à moitié à poil forcément !

Même la préhistoire est revue et corrigée. Je recommande le livre à ce sujet « L’Homme préhistorique est aussi une femme, une histoire de l’invisibilité des femmes », de Marylène Patou-Mathis ou le podcast « La conversation scientifique par Etienne Klein » du même titre que le livre sur France Culture.
Le titre en dit suffisamment long sur la correction à faire. C’est très drôle, les premiers archéologues, mâles bien sûr, ont analysé des ossements sans avoir les techniques actuelles pour détecter le genre, en ont immédiatement déduit qu’ils s’agissaient d’hommes. Récemment, un ossement de guerrier Viking a été retrouvé, il s’est avéré qu’il s’agissait… d’une guerrière, au grand étonnement des archéologues masculins. Oui, les femmes se sont battues aussi, épée à la main et sont sanglantes. Aussi.

Tiens, des mâles ? Et comment se fait la reproduction ?
Les hommes seraient hermaphrodites ?

La technologique
Volvo, le constructeur, s’est aperçu que les sièges de voiture étaient conçus pour les carrures des hommes et non celles des femmes. Si vous avez mal au dos en conduisant, chères femmes, ne venez pas vous plaindre ! Vous pouvez aussi construire vos propres automobiles ou allez à dos d’âne !
Ainsi, désormais, le constructeur a crée des mannequins d’assises adaptés au corps des femmes. Si vous voulez une voiture adaptée au corps féminin, vous n’avez qu’un choix de marque. C’est vrai que, personnellement, avec mes 1,54 m, j’ai souvent les genoux dans le volant, les voitures ne sont pas très adaptées aux petit.es.

La santé au féminin
La maltraitance médicale féminine commence à être évoquée, encore trop peu.
De manière générale, une femme qui a mal, est souvent (plus systématiquement ?) associé à un malaise psychologique « Vous êtes trop nerveuse », « Vous vous en faites trop ». Peut-être connaissez-vous ? Et s’en suit un traitement médicamenteux anxiolytique. Alors qu’il y a une réelle maladie.

Figurez-vous que l’on croyait l’infarctus majoritairement masculin. Et depuis peu, on s’aperçoit que les femmes en souffrent aussi, c’est simplement que :
1. les symptôme diffèrent de ceux des hommes
2. les femmes supportent davantage la douleur et se plaignent moins !

Sans parler de l’enfantement et son lots d’hormones sur lequel le médecin (homme ou femme d’ailleurs) expliquent chaque douleur et difficulté.

Ce sont les femmes qui ont été particulièrement la cible des remèdes causant des effets secondaires graves comme le médiator, Androcur et autre pilule contraceptive Diane 35.
Androcur, par exemple, est à la base, un médicament pour les hommes traitant les problèmes de prostate. Il s’avère que ce médicament a été également prescrit aux femmes pour traiter l’hyperpilosité et ce, sans essai en laboratoire sur les femmes ! Ce médicament est la cause de grave méningiome au cerveau touchant de nombreuses femmes. Les procès sont en cours pour le retirer de la vente mais le laboratoire refuse pour l’instant de le retirer des prescriptions… Tragique réalité.

Les livres scolaires, les jouets, les couleurs
Ces éléments sont en voie de mouvements, reste encore de nombreux progrès pour que les genres apparaissent sans stéréotype. « Father is in the garage, mother is in the kitchen ». Les mentalités tendent à évoluer. Lentement. Un père me confiait son malaise quand à la question « Que veux-tu à Noël ? », son fils lui répondit « Une poupée ». Ce père reconnaissait qu’il devait s’y habituer.

Les langues
La langue française noie la féminisation. Vous pourriez me rétorquer quelle importance cela a ? Beaucoup. L’élément langagier conditionne notre structure mentale et donc nos pensées, à notre insu. Les mots, la grammaire s’offre à nos oreilles et modulent les interprétations conceptuelles de notre environnement.
Une verge, un vagin » Quelle logique ?
« Il » prend toujours le dessus pour les accords. « Ils sont heureux », même s’il s’agit de Paul et Virginie.
Ainsi, quand je suis petite fille, très vite, mes oreilles entendent que je passe au second plan. Faites l’exercice de faire attention au langage. Vous aurez peut-être cette sensation étrange qu’il manque quelque chose, une par de féminisation, de soi en faite.
Evidemment, la cours de récréation de la fameuse académie française est remplie de vieux grincheux blancs et poussiéreux depuis des siècles. On voit bien que le langage a été conçu par les hommes, pour eux-mêmes.
L’inclusivité se fait jour petit à petit dans nos lignes. « Gott sei dank ! ».

Académie française : du barbu, de l’antiquité, du crâne dégarni

Un féminisme absolu ?

En tant que coach et thérapeute, je peux témoigner combien en chaque femme et homme, l’inconscient collectif a façonné les esprits, il est important d’en prendre conscience et de se déconditionner. Une petite fille, selon également son environnement social, culturel, psychologique, a de grandes chances de naître avec un inconscient qui lui raconte qu’elle est plus fragile que son frère, qu’à certain endroit elle n’a pas sa place, qu’elle doit se soumettre au désir des autres. Insidieusement induite, cette petite voix à peine audible, se distinguera dans ses choix d’études, de conjoint, de lieu d’habitation…
Son frère sera aussi pousser inconsciemment dans certaines études, certaines activités. Est-ce que ça lui conviendra ?

Défaire les conditionnements, un long chemin

Je me suis sentie féministe plus jeune. Et puis à un moment donné, je ne l’ai plus revendiqué. Je crois que j’ai été influencée ou plutôt démobilisée par un courant autour de moi qui disait : « Oh ! Les femmes, faut toujours qu’elles se plaignent ! » et des « Vous voulez l’égalité ? Venez travailler à la mine » et des remarques plus insidieuses qui indiquaient une sorte de moquerie à défendre les droits de la femme.
Le féminisme a souffert du même regard que les hommes  ont porté sur les femmes à travers les âges (comme vu plus haut), il s’est vu taclé de lubie, de fantaisie, d’un caprice extravagant, une vision (partagée par des hommes comme par des femmes par ailleurs) qui a contribué à démobiliser les femmes dans leur volonté de progression sociale.

Ce que nous savons aujourd’hui par des faits clairs et démontrés et prenons conscience, c’est que la sous-humanisation de la femme n’est pas un mythe. Elle a été clamé clairement et officiellement dans toutes les couches sociétales.

Nous pouvons clairement toutes et tous faire le constat que la société est réellement en déséquilibre et en souffre. Non, ce n’est pas un mythe.

Notre monde marche sur un seul pied alors qu’il en a deux. 

Je crois vraiment qu’en cette période, peu glorieuse de notre histoire mais certainement riches de changements, je veux le croire pour le mieux, notre espèce humaine a besoin de ses deux jambes, du féminin et du masculin sacrés pour vivre et même survivre.
Les hommes n’en seront aussi que plus heureux. La poids des exigences de forces, de réussites sociales et financières, de puissance qui pèsent sur eux ne conviendra plus aux générations masculines futures. Et peut-être à celles actuelles, cela n’a-t-il pas commencé ?

Je trouve la période tellement intense car nous pouvons chacun, chacune réapprendre à vivre ensemble : Homme à s’ouvrir à un soi plus secret, moins nombriliste, plus empathique. Femmes à prendre place au coeur du monde, à oser plus, à porter la voix. Chacun a sa part à faire.

Je conseille l’excellent livre de Aude de Thuin « Femmes si vous osiez le monde s’en porterait mieux ». Notons un passage. Elle cite la constitution de la 5ème République « Aucune section du peuple, ni aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale ». C’est pourtant bien ce qui a été fait, la France a toujours été dirigé par des hommes à sa tête et majoritairement dans ses assemblées, explique t-elle.  Ne serait-ce pas alors anticonstitutionnel ? interroge Aude de Thuin.

« Chaque être humain est libre et égaux en droit »
Et si la constitution était simplement respectée ?

Et le magnifique documentaire « Woman » de Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand, ‘une pure merveille qui fait aussi mal que bien. Sur France 5 ce soir 8 mars 2021, en podcast une semaine et plus tard certainement – un jour – au cinéma ! Merci à eux.

Ensemble, un mot magique ?

Assis sur les mêmes bancs